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Mayhem, Gaahls Wyrd, Gost le 06/11/19 Rennes (L'Etage)

La semaine dernière sur Rennes, la grosse date Metal c’était Moonspell et Rotting Christ, organisée par Garmonbozia. Quelque jours après ils remettent le couvert avec une date plus orientée Black Metal avec Gaahls Wyrd et Mayhem qui tournent spécialement pour la sortie de leur nouvel album, Daemon.

C’est Gost qui est en ouverture et c’est un euphémisme de dire que le duo tranche littéralement avec le reste de la soirée. Leur Electro / Synthwave / Metal provoque plutôt l’incompréhension que l’excitation. Comme chez The Algorithm, l’ensemble sonne très Metal, même s’il n’y a qu’une guitare sur scène, une boite à rythme, et un synthé / machine qui semble plus être là pour lancer les morceaux. Ils sont deux sur scène, mais on se demande à quoi sert la guitare, et le leader à part appuyer sur une touche et user de chants Black Metal cliché provoque plus des sourires qu’une véritable immersion. Pourquoi des corpses paints ? On dirait une parodie, le chant Black Metal est risible et la musique digne de figurer dans la scène de la boîte de nuit dans Blade 2. Seul bon moment, Genesee Avenue issu de Behemoth, leur premier album qui les as révélé au public et qui sonne comme une bonne piste (instrumentale celle-ci à la différence des autres jouées) à la Perturbator / Carpenter Brut. Le reste, je n’ai pas compris et le public qui était d’un statisme hors norme ou qui quittait la salle, non plus, visiblement.

Les choses sérieuses commencent avec l’arrivée de Gaahls Wyrd (ex Gorgoroth et ex God Seed a-t-on encore besoin de le préciser ?) revenu avec encore un nouveau projet à sous son nom. Gastir - Ghosts Invited est le nom de leur premier album sorti en mai chez Indie Recordings et Season Of Mist. Je m’attendais à un Black Metal ultra véloce, quelque chose de très Satan (elle est facile, vous apprécierez la référence ou pas), dans tous les cas très frontal, méchant et sans compromis. Et en fait pas du tout, on est plus dans une facette d’une Black Metal immersif et hypnotique. Certains passages sont très atmosphérique, avec des mid-tempo prenants comme sur Carving The Voices et ses voix claires qui nous emportent vers des paysages dessinant des rivières à l’eau limpide et glaçante, aux montagnes enneigées et aux forêts sombres et froides de Norvège. Des morceaux comme Though The Past And Past sont quant à eux bien plus nerveux et énergique, mais souvent on en revient à penser à Enslaved, de manière assez légère toutefois, mais bien présente, surtout pour l’aspect hypnotique de leur musique. Gaahl possède un panel de chant très varié du growl guttural à la profondeur d’un gouffre, à des voix claires beaucoup plus mystiques pas si éloigné de ce qu’il avait pu faire dans Wardruna. Toujours aussi charismatique, le chanteur se déplace très lentement sur scène, n’utilise jamais de gestuelle brusque ou violente, mais sa voix si magnétique arrive à nous emporter dans leur Black Metal très légèrement teinté de paganisme, d’influences Post et progressives et atmosphériques. C’est solide, bien construit, c’est un très bon concert !

Place aux patrons. A l’inverse d’’il y a trois ans, avec Watain, Mayhem n’est pas là ce soir pour jouer l’album culte De Mysteriis Dom Sathanas, du moins, la tournée laisse suggérer une belle place dans la setlist pour leur petit dernier Daemon qui vient de sortir il y a quelques jours via Season Of Mist. Quatre ou cinq titres sont bien issus de l’album, ça fait le boulot, c’est honorable, mais il manque un truc qui accroche, qui emporte le public. On écoute, patient, mais on ne va pas se mentir, on a du mal à être emballé. Le délire Electro / Indus d’A Bloodsword And A Colder Sun, Pt 2 est étrangement calé en milieu de set et n’est absolument pas le morceau qui va faire décoller le set. On attend donc encore, Attila est captivant dans sa gestuelle, derrière ses grands voiles noirs et son maniement d’un crucifix tout en ossements. Le regain d’intérêt se montre lorsque Mayhem entame Freezing Moon. C’est con, on veut bien que le groupe fasse de nouveaux titres, mais en fait le combo est à son meilleur en jouant des titres de son album culte. Mélodies, riffs de folie, voix étrange, hargne tout y est : on est enfin embarqué ! L’incroyable Life Eternal est aussi joué, comme d’autres titres de De Mysteriis Dom Sathanas et le titre éponyme, gros morceau de bravoure avec ses voix complètement possédées. Mayhem conclue par cinq titres dont trois de l’ep Deathcrush avec la fameuse intro tribale, et les très Punk Deathcrush, Chainsaw Gutsfuck puis ce final de panzer qui nous roule littéralement dessus avec Pure Fucking Armageddon. Dans le fond, Mayhem a réalisé un bon concert, pas autant que la claque d'il y a trois ans, mais réellement convainquant quand ils jouent de vieux morceaux. Par contre sur les nouveaux titres, on est bien moins convaincu.

Pentacle (Novembre 2019)

Merci à Garmonbozia pour l'invitation.

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