Arch Enemy / AcoD le 09/07/2019 @ le Bikini (Toulouse)

Ces quatre dernières années, Arch Enemy a dû honorer la ville rose de sa présence environ une fois par an en moyenne, je pense. Si on ajoute à ça les festivals ou les autres occasions de voir la bande à Amott, ça commence à faire beaucoup. Pourquoi y retourner, alors ? Est-ce par habitude, comme si on cherchait un prétexte pour boire une houblonnée avec les copains ?


AcoD ouvre le bal avec leur Death aux influences Black et aux orchestrations marquées, devant un parterre encore peu densément peuplé bien que loin d’être vide. Premier constat, dès l’ouverture avec Omnes Tenebrae : le son est très bas en volume ! C’est confortable pour les oreilles, le concert peut se vivre très facilement sans protections auditives, mais du coup la batterie (la grosse caisse en particulier) sonne très plate, un peu « carton », sans impact. Si pas grand monde ne semble s’être déplacé exprès pour eux, les Frenchies font comme de si de rien n’était et délivrent une prestation fort honorable et qu’on devine très bien préparée : headbangs chorégraphiés, chanteur qui claque une cymbale en passant devant la batterie, tenues de scène et maquillage, rien n’est laissé au hasard. Sans sombrer dans la démonstration, AcoD montre qu’ils connaissent leur sujet sur le bout des doigts, en témoigne le solo de basse en tapping dans Broken Eyes qui retiendra pas mal l’attention. Le groupe termine sa demi-heure impartie avec un Sleeping Shores au final dantesque, encore plus truffé de samples grandiloquents que le reste du set, misant tout sur le caractère épique de cette conclusion. Malgré le son bas et plat, on est aspiré, hypnotisé par une réalisation pareille.


Complètement en terrain conquis, les réguliers que sont Arch Enemy débarquent sans trop de surprise sur le tout récent The World Is Yours après l’intro samplée Set Flame To The Night. Enfin, « tout récent »... Certes, Will To Power est le dernier album studio en date, mais est déjà suffisamment vieux pour qu’on ait déjà vu le groupe tourner avec ce set ; et le quintet a sorti six mois avant une compilation de reprises dont quelques titres pourraient diversifier un peu la prestation. Mais cet espoir restera au conditionnel, aucune cover ne sera jouée et le concert d’Arch Enemy sera tout ce qu’il y a de plus conventionnel. Et vas-y que je te mets les mêmes vieux classiques que d’habitude (Ravenous, We Will Rise, Nemesis...), et vas-y que je te lâche les singles des deux derniers albums (The Eagle Flies Alone, You Will Know My Name, As The Pages Brun, War Eternal, The World Is Yours...), tout dans le set du all-star band transpire la facilité. Même l’ordre de la setlist est identique (à une inversion près) à celle du dernier concert du groupe à Toulouse sur les 6 premiers morceaux. Idem sur la fin du set et le rappel.

On aurait aussi pu croire à une meilleure intégration des titres des trois premiers albums, le groupe ayant tourné tout récemment avec un line-up d’époque sous le nom de Black Earth ; mais on aura que Fields Of Desolation issu de ces trois opus.

Alors oui, leur recette marche toujours. Oui, le son est super propre. Oui, le charisme d’Alissa White-Gluz, la technique de Jeff Loomis, le jeu de scène du quintet, tout est vraiment bien en place. N’empêche que le show n’a pas vraiment proposé de surprise, et que c’est fort dommage.

On remarquera malgré tout quelques titres qui sortent de l’ordinaire. Dead Eyes See No Future et First Day In Hell sont joués pour la première fois à Toulouse ; et Under Black Flags We March ainsi que No Gods No Masters n’avaient pas été joués lors de la précédente date en janvier 2018 (mais l’avaient été en 2015 quand Arch Enemy ouvrait pour Nightwish avec Amorphis).


Au final, la soirée était cool. Bien sûr. On critique, on critique, mais on clique. Malgré la lassitude qui commence à poindre, Arch Enemy est définitivement un groupe qui sait comment divertir son public, qui sait appliquer sa recette. Et AcoD était un choix pertinent de première partie et une belle découverte. Alors bon, même si on râle un peu pour la forme, on ne peut pas vraiment se plaindre.

Zbrlah (Octobre 2019)

Merci à Antoine pour l’accréditation.

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