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Dead Can Dance à Paris (11/05/2019) [Grand Rex, Paris]

Après une tournée avortée en 2015, les fans de Dead Can Dance attendaient avec impatience leur retour. L'album Dionysus n'a pas mis tout le monde d'accord mais a eu le mérite de proposer quelque chose de nouveau dans leur discographie et la tournée s'annonçait intéressante parce qu'il avait été annoncé qu'elle marquerait un retour au répertoire ancien du groupe, y compris des chansons qui n'avaient pas été jouées depuis une trentaine d'années. 


David Kuckhermann

Il est inutile de s'attarder sur la première partie assurée par David Kuckhermann, une vingtaine de minutes d'un intérêt tout relatif où le percusionniste présente ses instruments au public avec l'idée d'être didactique. Le principe avait de l'intérêt en théorie, mais se confronte très rapidement à la réalité de la scène.

Nous avons affaire à un musicien impressionnant, mais ce qu'il propose est assez limité dans le sens où les titres ressemblent plus à un enchaînement de notes et rythmes sans liens entre eux plutôt que de vrais morceaux. (ndr : le principal intéressé les qualifie d'ailleurs comme des soli) Ce sentiment est renforcé lorsque David lâche ses hang pour jouer ses pièces au tambourin ou aux cashishis. Pas de looper, rien ne lui permet de superposer des couches de rythmes et d'accrocher l'oreille‎. C'est dommage, parce qu'on entend qu'il pousse ses percussions dans leurs derniers rentranchements.


Dead Can Dance

‎Avec une entrée sur Anywhere Out of The World, Dead Can Dance marque les esprits d'entrée de jeu, parce que la chanson, un classique de la formation, est repensée avec inventivité grâce à un choeur constitué des voix de Lisa Gerrard, Brendan Perry, son frère Robert Perry et la chanteuse/claviériste Astrid Williamson. Le seul bémol se situe au niveau du son, qui ne permet pas en étant pourtant placé en orchestre, non loin de la table de mixage, d'entendre distinctement les voix et les claviers. Un autre problème de son vient perturber les titres suivants comme Mesmerism, puisque le yang qin de Lisa est inaudible (preuve à l'appui enregistrée le soir précédent), un comble alors que cet instrument est une des signatures musicales du groupe et que l'on peut attendre d'une formation de la stature de Dead Can Dance d'avoir un son qui, à défaut d'être impeccable, laisse au moins entendre cet élément.

Pendant cette grosse heure et demie, le spectateur va être tiraillé entre admiration béate et doute. En effet, le duo et leurs musiciens vont parfois taper dans le mille en réinterpretant ses classiques avec justesse et intensité, comme  Yulunga et ses rythmes envoûtants ou la mélaconlique In Power We Entrust The Love Advocated. Sur d'autres titres, les arrangements déçoivent notamment par l'utilisation de claviers aux sons sans âme, qui font pâle figure face à ceux des chansons originales. C'est particulièrement flagrant sur The Carnival is Over avec cette grosse caisse qui tue tout le charme du morceau dont les belles intro et outro ont d'ailleurs été coupées. C'est encore plus criant sur Dance of The Bacchantes, bourrés de samples vocaux et dont les voix dionysiaques peinent à convaincre. C'est d'ailleurs une vraie surprise d'entendre ce titre ce soir, puisque Brendan Perry avait déclaré dans la presse qu'il fallait un nombre important de musiciens pour jouer Dionysus sur scène et qu'il ne voulait pas l'éclater en en jouant ces chansons de manière individuelle.

La voix de Lisa arrive à tenir le coup sur la plupart des morceaux, mais sur les plus exigeants, on peut entendre que son intensité vocale, qui était encore présente sur les précédentes tournées, n'est plus au rendez-vous, notamment sur The Host of Seraphim (les parties féminines sont chantées en duo avec Astrid, qui se charge du registre aigu) et Sanvean, encore une fois joué avec des claviers qui ne font pas honneur à la composition. Parfois, la mise en place des musiciens n'est pas tout à fait au point, notamment pour la partie de bouzouki d'Amnesia ou sur le culte Xavier, dont la ligne de claveçin est chancelante et donne un sentiment de malaise à l'écoute, malgré la performance vocale de Brendan Perry qui force le respect. 

Au rang des bonnes surprises, la formation ressort des raretés comme Bylar aux harmonies qui évoquent la musique médiévale ou Avatar qui n'avait pas été jouée sur scène depuis des lustres. On ressort malgré tout de ce concert avec un drôle de goût dans la bouche. Dead Can Dance a parfois su garder toute la majesté qui a fait sa légende mais s'est aussi manifestement planté sur une partie de son répertoire. C'est maintenant à chacun de décider si le positif ou le négatif l'ont emporté sur la balance.

Neredude (Juin 2019)

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