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Punk In Drublic 2019 La Nef, Angoulême

Déjà une semaine que Fat Mike et toute sa clique sont venus foutre le feu du côté d’Angoulême pour cette première venue en France du festival itinérant Punk In Drublic. Après un départ à 6h du matin de Paris et un voyage en car très animé grâce aux Tourangeaux nous ayant rejoints à mi-parcours, une arrivée sur les lieux vers 13h45 ne laisse place à aucun répit afin d’avoir une chance de voir le premier groupe. Heureusement, malgré une foule de festivaliers déjà bien fournie, l’entrée se fait relativement vite, après avoir entendu au loin les deux premiers titres des Dead Krazukies...



Le temps d’arrivée devant la scène, les Dead Krazukies ont déjà entamé leur troisième chanson et on ne met pas longtemps à rentrer dans l’ambiance : la chanteuse est impressionnante vocalement et s’amuse derrière son micro, singeant même à un moment le pas de l’oie et le salut militaire. Malheureusement, nous n’aurons pas droit à leur excellente reprise de Sinister Rouge de Bad Religion (la chanteuse croisée plus tard dans la journée nous expliquera qu’ils n’avaient pas trouvé de solution satisfaisante pour les choeurs, enregistrées avec 60 personnes pour la version studio). Dommage.



Les Bombpops forment un groupe assez paradoxal, avec sa guitariste/chanteuse qui pose à mort et toise du regard le public tout le long du concert, une attitude qui en subjugue certains, mais qui pourrait également énerver car n’étant pas très punk en soi. Cependant leur musique étant bigrement efficace, notamment grâce à une section rythmique endiablée (cette ligne de basse sur Dear Beer...), on leur pardonnera tout à ces sales gosses, même les vannes foireuses et plus que douteuses que n'arrêteront pas de se lancer les guitaristes entre elles.



Difficile devant leur imagerie et leur look de se dire que l’ont est face à un groupe de Punk. Et les 2 premiers morceaux des Lillingtons ne viennent pas démontrer le contraire : mid-tempo, les chansons sonnent très Heavy-Metal et sont assez monotones et longues. Heureusement dès le troisième titre, le public se retrouve enfin en terrain connu, face à un groupe qui délivre sur la fin de set des chansons pur-jus Punk-Rock pied au plancher. De quoi se réveiller avant l’enchaînement du trio gagnant de la journée.



Rien que d’entendre Aspy Luison entamer le thème de Star Wars à la cornemuse pendant les balances, on se doute que l’on va passer un bon moment avec les Real McKenzies. Les Canadiens mettent instantanément le feu, Paul McKenzie en impose derrière ses lunettes noires et envoie le bois au chant, tandis que les mélodies de cornemuse viennent parfaitement compléter les riffs de guitare. Une recette efficace grâce à laquelle ils transforment leur concert en superbe fête, entraînant dans la danse un public conquis jusqu’aux dernières notes de Chip qui conclut magistralement leur set.



Less Than Jake arrivera à mettre la barre un cran plus haut que leurs prédécesseurs, en installant une aussi grosse fiesta dans le pit, mais en rajoutant également une bonne dose d'humour entre les chansons (« Merci la France d’avoir inventé le 69 et le pain perdu, ah non le pain perdu c’est nous, les Etats-Unis »). Chris DeMakes multiplie les mimiques et les grimaces tandis que Buddy Schaub au trombone et Roger Lima à la basse parcourent la scène en courant dans tous les sens. Le boxon est total quand le groupe fait monter sur scène une petite fille (qu’ils prennent tous pour un petit garçon) qui dansera au milieu d’eux pendant toute une chanson. En fin de set, Roger et Chris demandent au public de bien vouloir faire un circle pit, « parce que Fat Mike n’arrête pas de dire qu’il est difficile en France de lancer un circle pit tellement le public français est mou, et Fat Mike a souvent raison. Mais on n’aime pas quand Fat Mike a raison, alors on compte sur vous pour lui donner tort et nous faire un circle pit, même tout pourri. Ce sera notre circle pit tout pourri à nous ! » Ce sur quoi, le public d’Angoulême ne les décevra pas.



Anti Flag débarque sur scène pour un concert placé sous le signe du militantisme et de la voltige aérienne. Le public est harrangué par le groupe afin de scander en choeur les refrains et, entre Die For The Government ou Fuck Police Brutality, il y a de quoi donner de la voix. De son côté, le bassiste donne l’impression de ne pas toucher le sol et c’est à se demander comment il arrive à jouer ainsi, en semi-apesanteur. Heureusement leur set réserve quelques passages un peu moins speed mais tout aussi intense comme sur This Is The End (For You My Friend). Comme à l’accoutumée, sur la dernière chanson (Brandenburg Gate), le bassiste Chris Barker et le batteur descendent dans la fosse avec leur basse et batterie pour une dernière communion au plus près de leur public. Une totale réussite, comme à chaque fois avec eux.



Peut-être que cela a à voir avec l’horaire (les ventres commencent à sonner creux et les queues s’allongent aux foodtrucks), à un public émoussé après les trois baffes successives reçues par les précédents groupes, ou tout simplement avec la délivrance d’un show trop classique, toujours est-il que l’arrivée de Lagwagon sur scène coïncide avec une baisse de régime général. Joey Cape et sa bande semblent pourtant kiffer et se donner, mais la sauce ne prend pas plus que ça, même lorsque le frontman entame seul l’intro d’Alien 8 à la guitare et au chant. Les Californiens constitueront ainsi la petite déception du jour.



Bad Religion sont fidèles à eux même, avec une grosse énergie déployée sur scène et de l'envie à revendre, mais l'ensemble reste malgré tout trop monotone pour m'emballer, la plupart de leurs titres étant basés sur le même schéma. Heureusement quelques chansons, plus originales dans leur construction et leurs riffs, sortent du lot, comme Los Angeles is Burning, Sorrow, American Jesus, 21st Century Digital Boy ou encore Fuck You, et les gesticulations presque hypnotisantes de Greg Graffin avec lesquelles il accompagne son chant permettent de rester bien éveillés en cette fin de journée.


Il ne faudra pas longtemps pour s’apercevoir que NoFX est dans un grand jour, le groupe démarre impécablement sur un 60% plein de sincérité et enchaîne sur le rythmé Seeing Double At Triple Rock. Le décor est planté (à l’image du backdrop toujours aussi ridiculement petit), mais bien évidemment ceux qui sont là surtout pour la musique seront à nouveau déçu : car ça parle beaucoup entre les chansons, Fat Mike et El Hefe se vannent allègrement et sont assez drôles surtout quand Fat Mike ramasse sur scène un gilet jaune lancé par un spectateur « vous savez ce que ça représente ça ? Ça représente le désordre ! Voila, je vais être fiché maintenant, merci d'avoir mis fin à ma carrière en France ». Fat Mike se vantera aussi que le groupe est maintenant plein aux as et qu’ils ont pu s’acheter un nouveau backdrop beaucoup plus grand. Au même moment, un backdrop jaune large comme la scène se déroule derrière Smelly, un backdrop énorme certes, mais avec le logo NoFX écrit toujours aussi petit qu’avant. Une sacrée bande de blagueurs donc, qui s’adonnera également à une bataille de baguette de batterie sur la fin du set. Toutes ces facéties pourraient faire perdre le fil du concert, mais la setlist millimétrée permet au groupe d’enchainer les titres emblématiques : Murder The Government, Champs Elysées, Bob, 72 Hookers, Fuck The Kids, Linoleum, Stickin’ In My Eyes, Kill All The White Man. NoFX se permet même une dernière blague, attendant que leurs roadies commencent à démonter la batterie et débrancher les amplis pour revenir sur scène pour un mini rappel bien destroy composé du bref Fuck The Kids (Part 1) et de Don’t Call Me White. Du grand n’importe quoi du début à la fin, qui ne pourra que nous donner envie d’aller les revoir en août lors de leur retour en France.



Hormis quelques exceptions (sur scène ou dans le public), on peut facilement qualifier le Punk In Drublic de festival de darons pour les darons (et les daronnes). Une belle journée, à peine gâchée par la pluie sur la toute fin, qui aura permis à un grand nombre de retrouver ses 15 ans l’espace de 9 concerts. Aussi, on oubliera vite le site saturé de monde, rendant pénibles les déplacements aux stands ou aux chiottes, et les trop longues queues aux foodtrucks qui finiront par nous décourager (par contre bizarrement, il n’y avait pas beaucoup d’attente pour se prendre une fessée ou pire à la « roue de l'infortune »), pour ne garder que le meilleur : la musique. Car après tout, n’est elle pas la nourriture de l’âme ? 

Metalorgie Team (Mai 2019)


Merci à We Care Booking, Pollux Asso/Xtreme Fest et la Nef pour l’accréditation.

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