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Pénitence Onirique, Moonreich et Celeste Espace Varasely, Antony, le 14 avril

Pénitence Onirique

C’est dans un grand silence et une lumière bleue tamisée que les musiciens de Pénitence Onirique prennent place sur la scène. Pour un groupe qui cultive une aura de mystère et une volonté visuelle de se démarquer, cette entrée sans musique d’ambiance est contraire à ce que l’on pouvait attendre, mais rend le tout surréaliste. Voir débarquer six musiciens, tous masqués, avec leurs cornes dépassant de leurs capuches, marchant doucement avec leurs instruments et se positionner à leur place sans un bruit donne une impression vraiment étrange.

Très vite la musique commence, et il ne suffira que d’un titre pour que la salle se remplisse. Leur Black Metal rêveur et mélancolique s’applique très bien en live, les mélodies aériennes sont bien discernables grâce aux trois guitares présentes sur scène, tandis que le chanteur et son imposante carrure dynamise l’ensemble, sachant passer d’un hurlement typiquement Black Metal à un grunt qui ne ferait pas rougir un groupe de Grind. Le bémol reste cependant la batterie, qui autant a des break qui fonctionnent bien sur galette, mais en live provoquent parfois une cassure dans le rythme, le tout ne paraissant pas très fluide ni naturel.  Heureusement ces petits défauts n’entachent pas l’impression générale de la prestation, qui est tout de même très propre et interprété de façon passionnée. Mention spéciale au titre éponyme de l’album V.I.T.R.I.O.L., et sa magnifique fin qui prend encore plus de puissance en concert. On peut aussi saluer le superbe travail de l’ingénieur lumière qui était particulièrement inspiré, et qui a visiblement pris le temps de connaitre la musique de Penitence Onirique pour le plus grand plaisir de nos yeux ! Pour un groupe ayant apparemment seulement cinq concerts derrière eux, Pénitence Onirique ne décevra pas les amateurs de ce style de Black Metal, et se frayera de manière certaine un chemin vers les plus grands.

Moonreich

C’est au tour de Moonreich de prendre la suite, ce qu’ils vont faire de manière honorable devant un public légèrement différent de celui de Penitence Onirique. C’est en voyant des « shorteux tatoués avec écarteurs d’oreille » que je me suis dit que Moonreich allait sans doute être moins Black Metal, mais continuant dans la thématique théâtrale avec leur beaux corpse paints à la Gorgoroth. Le groupe pioche dans sa discographie, ouvrant le spectacle avec le morceau éponyme de leur avant dernier album, puis piochant ensuite dans leur dernier nouveau-né. Je me tourne vers ma voisine et lui dit « C’est marrant, certain passages avec les breaks on dirait du Celeste époque Nihiliste(s) sans le lyrisme et avec dix fois plus de testostérone », à quoi elle me répond « Moi j’aurais dit du Gojira avec un virage black sans le death ». Mais Moonreich n’a bien sûr besoin d’aucune comparaison, ils connaissent leur travail et n’hésitent pas à nous montrer leur Black Metal qui sait se montrer technique et très varié.

Avoir écouté leur dernier album ne m’avait pas permis de saisir toute l’agressivité frontale de leur musique, qui est très efficace en live et effectuée de manière très professionnelle. Il faut dire que le groupe commence à avoir de la bouteille et ses aficionados, qui d’ailleurs commençaient à bien s’exciter devant leurs riffs rageux. Mais pas de pogo, gardons-nous donc en forme pour Celeste ! D'ailleurs, petite anecdote pas très intéressante mais qui m’a assez amusé pour la mentionner : Moonreich a utilisé ce soir pour introduire un de leur morceaux la musique très oppressante entendue au début du film Irréversible, dans les scènes du club SM «le rectum », film dans lequel Celeste a aussi pioché quelques passages de la scène du viol pour leur titre asphyxiant (s).

Celeste

Ce soir était donc pour les Lyonnais de Celeste une date test pour leur batteur Antoine Royer qui revenait uniquement pour ce soir derrière les fûts. Grosse pression pour lui, sept mois après son accident à la main gauche, « ça fait un bail que j’ai pas autant stressé avant un concert » m’a-t-il dit avant de jouer.

Un stress qui ne s’est pas du tout perçu dans le public, car tout s’est parfaitement passé. Après les statues ténébreuses et masquées de Pénitence Onirique, les guerriers belliqueux de Moonreich et leur corpse paint, voici les silhouettes obscures de Celeste, coiffées d’un faisceau rouge, comme un phare malveillant. Merci et au revoir cher ingénieur lumière, maintenant les musiciens prennent le relais, et c’est sous un déluge de stroboscope et de faisceaux rouges que Celeste abat ses riffs sans concession, murs de sons sachant se faire planants comme écrasants, à grand renfort de double pédale purement Black Metal entrecoupée de break syncopés, le tout sous les vociférations du chanteur/bassiste Johan, ne nous laissant peu de répit. Mais la beauté sait être présente parmi ce déchainement de violence, et se ressent particulièrement avec la très mélancolique A La Gloire Du Néant, morceau qui peut parfois aussi faire penser à un air de Pénitence Onirique. Les têtes remuent depuis le premier riff, mais c’est en effectuant la dévastatrice Ces Belles De Rêve Aux Verres Embués que le public devient complètement fou et part en pogo qui durera jusqu’à la fin. Celeste est clairement une valeur sûre en live, pour ma part cela fait quelques fois que j’assiste à leur poutrage en règle, et je n’en ressors jamais déçu, le corps et les oreilles endolories oui, mais à chaque fois impressionné par ces prestations qui nous donnent à la fois du lyrisme malheureux et planant mais aussi une vraie guerre sur scène comme dans le public. Big up, Celeste !

Barja (Mai 2019)

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