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Laibach Le Trabendo, Paris (25/03/2019)

Relativement peu de temps après Also Sprach Zarathustra, les slovènes sont revenus avec un nouvel album, inspiré par leur voyage en Corée en Nord en 2015. Le disque n'est autre qu'un ensemble de reprises de la musique de la Mélodie du Bonheur, passées à la moulinette Laibach bien entendu. Il en résulte un ensemble enjoué qu'on pourrait presque définir comme pop rock et on pouvait légitimement s'interroger sur la pertinence de porter ces chansons sur scène sans risque d'ennuyer l'auditeur. Réponse dans un Trabendo blindé.

Le premier set dédié à The Sound of Music commence avec la chanson-titre. On remarque déjà une première des nombreuses différences avec la version studio : le morceau est chanté par une femme, qui a apparemment été invitée sur la tournée mais ne fait pas partie du groupe : Marina Martenson. De fait, on gagne au change par rapport à Mina Špiler, puisque Marina chante encore mieux. Elle a un voix plus versatile, particulièrement dans les graves, ce qu'on entendra clairement sur Edelweiss.‎



On pouvait difficilement attendre autre chose de Laibach qu'ils réarrangent l'album différemment sur scène et c'est exactement ce qu'ils ont fait. L'ensemble est plus énergique, plus rock en fait et fonctionne mieux que la version studio du disque.‎  Par exemple, Do-Re-Mi est dopée par une basse envahissante, une sorte de rock suave et protéiforme tout à fait réjouissant. C'est aussi la force du collectif : on est souvent surpris par ce qu'ils font mais rarement déçu. A noter d'ailleurs que le groupe a toujours deux clavieristes et un guitariste sur scène mais pas de bassiste.‎ Milan Fras est pareil à lui-même, toujours sobre sur scène même si on le sent particulièrement content d'être sur les plancheq ce soir dans ses échanges avec le public. Sa voix puissante et gutturale est au rendez-vous, même s'il ne l'utilise quasiment jamais pour chanter des mélodies.



Comme d'habitude un triple écran panoramique est placé derrière les musiciens pour projeter les excellents visuels du NSK, qui font toujours écho au régime nord coréen et à la mélodie du Bonheur. Quelques samples de l'album viennent s'incruster dans le live, notamment les parties de chant masculins qui doivent être hors du champ de compétence de Milan Fras, mais certainement pas de quoi gâcher le plaisir. 

Après 15‎ minute d'entracte, Laibach enchaîne sur un set Nova Akropola en seconde partie, de quoi faire plaisir aux fans car il s'agit ni plus ni moins d'un des classiques de leur discographie. Encore une fois, ils surprennent, en effaçant une bonne partie des éléments indus de l'album original pour introduire des boucles de synthés classieuses et des riffs de guitare minimalistes qui donne un ton trip hop / dark ambiant au tout, des palettes qui conviennent particulièrement bien au groupe et qu'on pouvait déjà entendre sur des albums comme Volk.‎ L'une des chansons vire carrément vers le hip-hop mais avec des claviers dissonants de bon aloi. Seule faute de goût de ce set : pourquoi donc avoir samplé le chant de Mina Špiler alors que Marina a prouvé lors de ses interventions qu'elle avait tout le potentiel pour chanter ces parties au mégaphone ? Peut être est-ce pour des raisons techniques.



Nous en arrivons déjà au rappel, où Laibach balance sa méconnaissable et testosteronée reprise de Sympathy For The Devil, qu'on détecte grâce aux paroles. Marina est d'ailleurs de retour avec une magnifique perruque afro (sauf erreur) et continue de marquer des points à la voix. Les malicieux slovènes délivrent ensuite leur version de la Marseillaise, qui a un écho tout particulier dans le climat qui règne actuellement en France et même en Europe et c'est sans doute pour ça qu'elle a été jouée ce soir et pas en 2017 et 2015 par exemple. Hop, un petit rock/blues pour finir, pendant lequel Milan porte un superbe chapeau de cowboy et Laibach nous libèrent. Encore une belle soirée au service de l'irréverence musicale.


Neredude (Avril 2019)

Photos par Arnaud Dionisio
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe

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