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First Fragment, Allegaeon, Fallujah, Obscura Le Trabendo, Paris

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi vous présenter mon copain Roger. Lui et moi apprécions les concerts différemment, j’ai donc jugé utile d’intégrer ses remarques et ressentis pour compléter les miens lors de la soirée. Lors de votre lecture, vous ne manquerez pas de remarquer que la qualité du son est une thématique qui revient plusieurs fois. En effet, quand on va voir un concert de Death Progressif, il faut être capable d’entendre toutes les lignes mélodiques pour profiter pleinement du travail du groupe, ça a donc été un critère décisif de notre capacité à apprécier les performances.

First Fragment

Réputés pour leurs compositions alambiquées, First Fragment a lancé la soirée avec brio. La bonne humeur des musiciens et le choix des morceaux orientés « heavy » font effet et mettent en jambe pour les groupes à venir. A noter qu’à 18h30 et malgré la pluie le Trabendo n’est pas rempli, le set dure une petite demi-heure que l’on ne voit pas passer tant il est impeccable. Seul bémol au niveau du son, la basse à 6 cordes (oui ça fait beaucoup) et sans frettes est beaucoup poussée, à tel point qu’elle occupe à elle seule toutes les fréquences basses et ne laisse que peu de place aux guitares. En revanche les soli et autres transitions se font à la perfection et le tout s’enchaîne malgré tout avec une grande aisance. Le jeu de scène est assez peu expressif, la concentration est de mise pour pouvoir être à la hauteur des albums. Un circle pit se déclenche tout de même à la demande du chanteur sur la fin. Presque incongru, il a néanmoins donné lieu à quelques joyeuses bousculades devant la scène. Roger et moi sommes d’accord sur le set : c’est une très bonne entrée en matière, sobre et efficace. Il est d’ailleurs possible d’aller discuter avec les musiciens qui viennent filer un coup de main au merch après leur set.

Allegaeon

Seul groupe de la soirée qui nous est inconnu à tous les deux, Allegaeon monte sur scène après un changement de plateau assez rapide. Quelques écoutes préalables des morceaux les plus connus nous avaient donné espoir d’une belle performance live et il est vrai que le public semble y trouver son compte : la salle se remplit un peu plus, le public réagit plus aux sollicitations plus nombreuses du frontman … mais la sauce ne prend pas sur nous. Il est difficile de dire exactement ce qui nous a déplu, les refrains catchy, l’ambiance soudainement moins posée, le son un peu brouillon ou un peu de tout ça à la fois mais il s’agit là d’une affaire de goût. Cependant, le plus gros problème se situe au niveau du réglage des lumières. Orientées directement sur le public, les flashes semblent être réglés sur la double pédale et donc fonctionnent en permanence, j’ai le temps d’observer autour de moi de nombreuses personnes avec les yeux fermés. Rien ne prouve qu’ils ne soient pas en train d’apprécier la musique mais il est clair que regarder la scène pendant plus de 10 secondes d’affilée est très difficile. Outre le côté désagréable, nous avons eu de la chance qu’il n’y ait pas de personnes souffrant d’épilepsie dans la salle.


Fallujah

C’est sur Fallujah que Roger et moi avons l’avis le plus divisé. J’avais hâte de découvrir en live quelques nouveaux morceaux issus de leur prochaine sortie mais aussi impatient de réentendre les titres de Dreamless. Dès le début, on remarque que le son est très différent, « taillé en V » avec beaucoup de basses et d’aigus et très peu de mids. Cette égalisation est faite pour le Metal Moderne dans le but de donner un son le plus tranchant possible. La conséquence directe de ce choix a été de reléguer la basse à l’arrière-plan et de mettre les guitares et le chant très en avant. La performance d’Andrew Baird (batterie) a été à la hauteur de la technicité dont il fait preuve sur CD et donne une énergie considérable à l’ensemble. La prestation d’Antonio Palermo (chant) est bonne mais son attitude très expressive a dérangé Roger qui la trouve excessive et décalée. Par ailleurs, ses growls moins graves que ceux d’Alex Hofmann semblent moins « sauvages ». Les nombreux passages en son clair permettent de respirer et de construire les explosions sonores qui sont la marque de fabrique du groupe. Les morceaux issus du nouvel album ont l’air d’être taillés pour le live et rendent très bien à l’écoute, bien qu’un peu plats selon Roger, je suis pour ma part convaincu. Il est à noter que le problème des lumières évoqué précédemment est toujours présent et rend le show très difficile à suivre. 

Obscura

Tête d’affiche de ce soir et avec raison puisque leur réputation les précède, le set démarre avec un Trabendo rempli aux trois quarts. Souriants, avec quelques mots sympathiques pour le public et une bonne humeur communicative, les morceaux s’enchaînent avec plaisir. Toutefois nous sommes très surpris d’entendre un son brouillon, à tel point qu’il est parfois difficile de faire la différence entre les instruments. Certains passages complexes sont difficiles à apprécier et malgré quelques tentatives de se déplacer pour trouver un meilleur endroit où écouter, rien n’y fait. Néanmoins certaines mélodies restent et fonctionnent, le show est millimétré et la performance agréable. Même les flashes semblent avoir ralenti la cadence. Piochant partout dans leur discographie, les musiciens savent mettre en avant les hymnes qui sont monnaie courante dans leur manière d’écrire la musique. 

Malgré quelques difficultés la soirée est réussie. Le Death Progressif n’est pas nécessairement le style de musique qui s’apprécie le mieux en live et il est très complexe pour les musiciens de se concentrer sur leur instrument et le show. Quelques réglages légèrement différents auraient permis de rendre cette soirée inoubliable tant au niveau du son que des lumières (nous sommes sortis avec une sacré migraine à cause des flashes …) mais nous avons assisté à une grande démonstration de force de groupes de grand talent.

MrCactus (Mars 2019)

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