Judas Priest à Paris (27/01/2019) [Zénith de Paris]

Firepower a consacré le retour en grâce de Judas Priest, beaucoup allant même jusqu'à dire que c'était leur meilleur album depuis Painkiller, rien que ça ! A cette occasion, un nouveau passage au Zénith de Paris était obligatoire, la première date de la tournée européenne pour le 18ème album des britanniques.


Disconnected

Scandale ! Nous ne sommes pas arrivés à temps pour écouter la demi-heure de set de Disconnected, nos compatriotes de Troyes officiant dans le metal progressif. Le fait qu'ils soient signés sur l'écurie Apathia Records étant un gage de qualité, espérons que cette opportunité d'ouvrir pour Priest leur en donnera d'autres pour revenir jouer un concert complet en région parisienne, et ailleurs. Heursement, notre photographe était là pour immortaliser ce moment.




Judas Priest

Le concert commence par un hommage à Black Sabbath, leurs amis de Birmingham, avec War Pigs qui retentit dans la sono du Zénith en guise d'introduction. Simple mais efficace, de quoi chauffer une salle. S'ensuit un enchaînement de tubes, avec quatre titres de Firepower judicieusement placés ça et là dans le set. De l'endroit, où nous sommes placés, le son est plutôt bon, mais manque de puissance et le mix laisse toute la place à la guitare de Richie Faulkner au détriment de celle d'Andy Sneap, qui a la lourde tâche de remplacer Glenn Tipton sur scène. 



Rob Halford est plutôt en voix et parvient à s'en sortir avec les honneurs sur les passages les plus exigeants du set, notamment Painkiller. De l'autre côté, il a parfois cette fâcheuse tendance à ne pas chanter le refrain de certaines titres pour tendre le micro dans la direction des fans et qu'ils le fassent à sa place, dans la plus belle tradition de l'arena rock. Le faire une fois soit, mais toute une chanson, c'est pousser le bouchon un peu loin, a fortiori pour des classiques comme Freewheel Burning et Electric Eye. Rob, si tu n'as plus la voix pour les chanter ou plus l'envie, à quoi bon jouer ces chansons ? Ian Gillan l'a bien fait avec Child in Time. Peut-être pense-t-il que les fans aiment ça, ce qui doit être en partie vrai.



Une des caractéristiques qui a fait la renommée de Judas Priest est le duo de guitare Downing/Tipton, à grand renforts de soli incandescents et de riffs harmonisés. Mais avec Judas Priest circa 2019, c'est plus ou moins Richie Faulkner qui se charge de toute la partie solo, reléguant Andy Sneap au rang de simple guitariste rythmique. Est-ce pour rappeler aux fans que Glenn Tipton est encore membre du groupe qu'ils ne laissent pas Sneap les jouer ? Peut-être. Toujours est-il qu'en voyant ça, on a le sentiment bizarre d'être devant un autre groupe. Ne soyons pas mauvaise langue, Richie Faulkner est un musicien exceptionnel et assure les parties virtuoses de Judas Priest avec précision et visiblement, une authentique envie de bien faire. Mais de fait, on perd une partie de la magie en n'ayant qu'une seule approche de guitare au lieu de deux.



Au milieu d'incontournables comme Turbo Lover ou Metal Gods, Judas Priest a tout de même fait une très belle surprise à ses fans en sortant la chanson-titre Killing Machine, qui selon Rob Halford, n'avait pas été jouée depuis la fin des années 70. Et on se demande bien pourquoi, tant le titre fonctionne bien sur scène, à grand renforts de riffs signés Glenn Tipton qui établissent un bon compromis entre heavy metal et rock n' roll.



Ainsi, même si Judas Priest assure, sur le fond, un concert plutôt maîtrisé, certaines décisions prises diminuent l'impact de leurs réussites et donnent l'impression de faire face à un groupe qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Ou peut-être est-ce tout simplement le son du concert qui ne donnaît pas au groupe la puissance qu'on lui connaît. En tout cas, Paris a eu de la chance, puisque le reste de la tournée en co-headline avec Ozzy a été annulé, ce dernier ayant eu de graves problèmes de santé.

Neredude (Février 2019)

Photos par Florian Denis  (site web // facebook)  
Toute reproduction interdite sans l'autorisation écrite du photographe.

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