Spock's Beard + The Flower Kings revisited Paris - La Machine du Moulin Rouge - 06/12/18

Il y a quelques semaines, j’avais la chance d’assister à une très belle soirée progressive 100% australienne (à revivre par ici), mettant en valeur la nouvelle scène d’un genre souvent critiqué mais qui prouve qu’il peut encore compter sur suffisamment de sang neuf pour ne pas s’inquiéter de sa survie. En ce début décembre, ce sont cependant deux valeurs sûres qui nous attendent cette fois-ci. Ayant tous deux commencé à sévir dans les années 90, The Flower Kings et Spock’s Beard ont, chacun de leur côté, connu un parcours riche et mouvementé, marqué par divers changements de line-up.

C’est le label Inside Out, pour fêter son 25ème anniversaire, qui a eu la très bonne idée de nous proposer cette affiche somptueuse. Une soirée qui débute avec l’entrée en scène des Flower Kings en version "revisited", le claviériste Tomas Bodin n’étant pas de la fête (ni par ailleurs du dernier album écrit par Roine Stolt, sorti sous le nom Roine Stolt’s The Flower King). Le groupe suédois nous offre quatre morceaux, tous d’une longueur substantielle, qui font chavirer une Machine déjà bien pleine, tant le plaisir que prennent les musiciens est communicatif et leur musique touchante malgré sa complexité apparente. L’occasion de revisiter, comme promis mais en privilégiant les morceaux relativement anciens, la discographie du combo, de Last Minute On Earth (tiré de The Rainmaker) à Stardust We Are en passant par l’immense The Truth Will Set You Free. Le son est bon, l’interprétation particulièrement solide et les sourires nombreux, autant sur scène que dans la salle. Au final, un set enthousiasmant et jouissif, symbole du talent d’un groupe attachant et plein de vie.

Setlist The Flower Kings revisited

Last Minute on Earth / What if God Is Alone ?
The Truth Will Set You Free
There Is More To This World
Stardust We Are

C’est ensuite au tour de Spock’s Beard de prendre possession de l’ancienne Loco. Pour être très honnête, j’ai un peu peu lâché le groupe après le départ de Neal Morse en 2002, même si la période avec Nick D’Virgilio au chant ne m’avait pas totalement échappée. En revanche, je n’avais presque rien entendu du groupe américain depuis l’arrivée de Ted Leonard, si ce n’est le dernier album en date, Noise Floor, qui m’avait permis de retrouver avec plaisir une formation que je suivais depuis ses débuts et que j’avais, à tort, abandonnée. C’est d’ailleurs avec le morceau d’ouverture de ce disque, To Breathe Another Day, que Spock’s Beard démarre sa prestation. Un vrai titre de rodage, puisque le groupe semble avoir besoin, tout comme le public, de ces quelques minutes pour trouver son énergie et rentrer véritablement dans son concert. Tout semble rentrer dans l’ordre avec Beware of Darkness, sur lequel le moteur se met à tourner sur tous ses cylindres. Là encore, à l’image des Flower Kings, le plaisir d’être là est contagieux. Alan Morse alterne solos, grimaces et fous rires tandis que Ryo Okumoto, fidèle à lui-même, joue les rockstars avec beaucoup de second degré. Un peu planqué derrière son claviériste, le discret Dave Meros fait le boulot comme il faut, et plus encore quand il a l’occasion de se mettre en évidence. Derrière les futs, c’est Mike Thorn (Saga) qui officie depuis le début de la dernière tournée. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le batteur remplit parfaitement sa tache, se montrant assez impressionnant par moments et apportant une énergie indéniable à l’ensemble. Ted Leonard, lui, est évidemment plus à l’aise sur les morceaux les plus récents et semble parfois manquer de justesse sur les titres écrits par et pour Neal Morse. La setlist alterne entre les différentes « ères » du groupe et semble satisfaire tout le monde, des fans de la première heure à ceux qui ont découvert le groupe plus récemment (même si la première catégorie est apparemment largement majoritaire ce soir). Le final, sur le grandiose Go The Way You Go, est un grand moment de communion entre Spock’s Beard et ses fans, une célébration de son héritage et une preuve que le groupe reste vivant et bien vivant.
La soirée aurait donc pu être parfaite sans une grosse déception. Le concert prévoyait en effet que chacun des deux groupes joue son set avant d’unir leurs forces sur la scène de la Machine. Problème, le couvre-feu (22h30) était déjà dépassé au moment où Spock’s Beard terminait, Ted Leonard annonçant à une salle dépitée que le set commun n’aurait pas lieu et nous conseillant de "dire merci à la salle". Une mauvaise surprise qui aura laissé un goût amer à tous les spectateurs présents, pas suffisante pour leur faire oublier le talent et la générosité des deux formations mais assez frustrante pour effacer de nombreux sourires sur le chemin vers le métro…


Setlist Spock’s Beard


To Breathe Another Day
Beware of Darkness
In the Mouth of Madness
Something Very Strange
Thoughts (Part II)
She Is Everything
Skeletons at the Feast
One So Wise
Walking on the Wind
Go the Way You Go

Chris (Décembre 2018)

Merci à Garmonbozia

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