20 ans de Garmonbozia le 26 et 27/10/18 Rennes (L'Etage)

Putain, 20 ans ! 20 ans que l'association rennaise Garmonbozia fait battre le cœur du rock/metal, qu'il soit underground ou plus réputé, en Bretagne, à Nantes, à Paris et ailleurs. L'amateur de musique extrême résidant sur leur territoire serait bien triste si elle disparaîssait. Bref, deux décennies, ça se fête et ils nous ont concocté une affiche bien velue pour l'occasion. Carcass, Amenra, Enslaved (set old school), Tormentor et Master's Hammer pour leurs premiers concerts français... Une programmation de passioné, avec du cachet et de la rareté à la clef.

Jour 1 :

Stoned Jesus

Avant de rentrer dans le dur sur cette première journée de festival, on se met doucement dans le bain avec du Stoner / Psyché détendu. C’est toujours plus agréable de débuter sur des sonorités à la cool que sur du Black / Death hyper méchant. Le problème, c’est que le concert de Stoned Jesus va être d’un fade… Ca ne viendra pas du groupe car le trio est content d’être là et déploient pas mal d’énergie sur scène, mis à part un morceau du dernier album, Pilgrims, qui sonne vraiment plan-plan, balade de lover sur fond de coucher de soleil. Non, le vrai souci, c’est que ça manque de fuzz ! Mais vraiment ! Basse / batterie, OK, rien à redire ! Mais le son de guitare est nul, on dirait presque qu’Igor, joue en son clair tellement son jeu ne porte et qu’il n’y a aucune puissance et de groove. Même sur le dernier titre, qui est pourtant leur tube, Here Come The Robots, ça ne porte pas d’avantage. Le public est poli et bouge doucement la tête, mais rien n’y fait et en comparaison de la fois où on les avait joué au Metalorgie Fest en 2016, au Ferrailleur de Nantes où ils avaient mis le feu, c’était bien décevant.



Entombed A.D 

C'est donc le retour du "L-G Petrov&friends band". Sans vouloir faire mauvais esprit, c'est toujours un peu triste de se dire qu'on va voir un cover band d'Entombed, alors que l'original avec Alex Hellid (compositeur principal) et les autres anciens membres existe encore. Mais à part deux apparitions en 2016, Entombed n'a pas vraiment donné de signe de vie depuis, alors qu'Entombed A.D n'a pas arrêté de tourner, on se retrouve donc avec la semi-contrefaçon. Le son est meilleur et (heureusement) plus puissant que pour Stoned Jesus, mais ça manque toujours un peu de punch à la régie. L-G Petrov reste à ce jour parmi les plus glorieux clochards de la scène metal, n'hésitant pas à se vider les narines tout en s'adressant au public dans un anglais compréhensible par déductions. Ne soyons pas mauvaise langue, il assure plutôt bien à la voix, tout comme son groupe. C'est un bon cover band de la plus grand formation death metal de la Suède et il est difficile de bouder son plaisir quand ils jouent des classiques de Left Hand Path (« Revel in Flesh »), Clandestine (« Living Dead ») et la chanson titre de Wolverine Blues. Allez Garmonbozia, faites nous rêver, et sortez Alex Hellid de sa torpeur ! 



Vader

Entre Entombed A.D et Vader ça sera le jour et la nuit. Clairement, le Death Metal des polonais écrase tout sur son passage et ça peut faire hyper cliché, mais les riffs tranchants comme des lames de rasoirs font clairement la différence ! Même dans la posture du groupe, tout est frontal, basique, mais qu’est que ça fait le taff dans le genre on se prend tout dans la gueule. Du Morbid Angel mais sans le côté un peu étrange et beaucoup plus sur l’effet parpaing, comme un Immolation. Section rythmique en mode pounta pounta, basse qui suis le jeu et le chanteur / guitariste Peter s’en sors honorablement dans des growls peu variés mais qui servent complètement le propos de ce genre de Death Metal. Et oui, tout est porté par les riffs. A la manière d’un Obituary mais dans un style un peu à part, ça groove à fond. Pas un riff à jeter ou une cassure rythmique en moins. Tout est ultra efficace d’un morceau à l’autre. Et quand tu crois que c’est la fin Vader revient avec deux ou trois autres morceaux pour bien te mettre à genou, jusqu'au tube final, Helleluyah!!! (God Is Dead) ! Vraiment le genre de groupe de Death Metal dont je prends beaucoup de plaisir à voir en live.

Master's Hammer  

Faire venir Master's FUCKING Hammeà Rennes. Il fallait bien s'appeler Garmonbozia pour oser un pari comme ça, un groupe culte dans les cercles black metal mais relativement inconnu en France (et ailleurs). L'idée était géniale mais malheureusement la théorie a cédé la place à la pratique. En effet, le son est vraiment brouillon, gobant complètement les guitares au profit des autres instruments et de la voix. Un concert de black sans guitare, à notre horloge, ce n'est pas les meilleures conditions pour écouter ce genre de musique, quand bien même la musique de Master's Hammer est souvent axée sur les claviers, qui sont d'ailleurs samplés sur ce concert. Recruter un percussioniste en plus du batteur est une riche idée, permettant d'ajouter une dimension grandiloquente et martiale aux compositions. La setlist est plutôt axée sur les vieux morceaux des très respectés Ritual et  The Jilemnice Occultist, mais il est difficile d'en profiter dans ces conditions sonores. Quand le tempo est lent, tout va bien mais dès que la vitesse monte, les guitares disparaîssaissent dans les limbes, avec le plaisir d'écoute. C'est très frustrant, parce qu'on peut entendre que les tchèques proposent une musique très originale, éloignée des clichés du black metal de la deuxième vague et cela avant même qu'il n'existe. Face à ces compositions alambiquées, on sent d'ailleurs une partie du public dubitatif, se demandant s'ils écoutent une version sous LSD de Samael. C'est donc avec dépit que nous sortons de la salle pour noyer notre déception dans l'eau pétillante et le cidre. (NDR : la carte des bières de l'Etage est bien triste)

Amenra

On aurait pu écrire sur ce concert d’Amenra que c’était lourd et cathartique, qu’une fois encore c’était hyper maitrisé tant dans le rituel que visuellement et que c’était impressionnant au niveau du son. De toute manière un concert d’Amenra se vit et s’apprécie ou non pour la qualité intrinsèque à sa musique et il ne peut pas vraiment y avoir d’entre deux. On aurait pu parler du concert, si celui-ci avait pu s’apprécier à sa juste valeur, mais ce qui s’est passé ce soir à est assez grave et triste. Donc il y a des gens qui sont assez stupide pour payer des places de concerts plusieurs dizaine d’euros uniquement dans le but faire chier le public qui voudrait apprécier le dit concert ? Que ça soit les discussions ouvertement à voix haute aux quatre coins de la salle au début du set, les personnes qui demandent de se taire mais qui sont raillées par des chuuuut encore plus fort, les concours de celui qui fera la meilleure blague ou les « à poil », je n’ai jamais vu ça à un concert. C’était la foire au beauf et à l’intolérance. Et pire que tout, en 2018, il y a encore des gens qui gueulent des insultes homophobes en toute tranquillité. A toutes ces personnes qui ont pourri le concert de centaines d’autres, n’écoutez plus ces musiques et surtout, ne venez plus en concert. Vous ne servez à rien.



Enslaved

Enslaved, c'est le genre de groupe qui sort 14 albums, se remet continuellement en question et n'a jamais vraiment fait d'erreur de parcours. Cependant, à moins de faire des concerts de trois heures, il est maintenant impossible pour eux de jouer un panel complet de leur répertoire en un concert. Il leur arrive donc depuis une paire d'années de faire des sets concentrés sur une certaine ère de leur histoire. Pour les 20 ans de Garmonbozia, c'était un programme « Back to The North », axé sur les premiers disques des norvégiens. Les nappes de clavier glacées de « Frost » nous mettent dans le bain instantanément, et c'est sur un titre du même album que le concert commence.

Le son est très fort, mais plutôt précis, permettant de profiter des riffs épiques de cet album, joués avec toujours autant de maestria par Ivar Bjornson et Arve Isdal. La bien nommée « Fenris » a un riff très black rockn'roll, préfigurant ce que Satyricon ne fera que des années plus tard. Enslaved a inventé le style avant que le terme n'existe, tranquillement. Sur la fin du morceau, le clavier est plutôt sous mixé, faisant qu'on n'entend pas les accords grandiloquents qui donnent beaucoup de cachet à ce passage. Hakon Vinje est d'ailleurs globalemnet peu mis en avant et c'est dommage quand on sait que c'est un claviériste très talentueux en plus d'être un excellent chanteur.

Storm Son du dernier album arrive un peu comme un cheveu dans la soupe après cette série de chansons de Frost, et ceci d'autant plus que le son devient tout à coup plus baveux sur les guitares. La justesse des choeurs du refrain est également fragile, comme si la providence voulait faire échouer la volonté du groupe d'intégrer des nouveaux morceaux dans ce set old school. Et effectivement, sur la fantastique Vertranott, ça va beaucoup mieux. Les riffs refont surface et le concert repart sur de très bons rails. On ne peut tout de même pas s'empêcher de regretter l'absence de Trym à la batterie, non pas que le petit nouveau Iver Sandoy ne soit pas compétent, mais quand on connaît la puissance et la virtuosité de l'ex-Enslaved, c'est difficile de ne pas y penser, surtout pour un set axé sur des albums sur lesquels Trym Torson a joué. 

Grutle est très en voix ce soir, et ses growl font toujours autant d'effet dans les aigus ou avec une touche plus guturale. Il ne fera pas chanter la Marseillaise au public cette fois car le groupe a mieux à faire : inviter Fred de Garmonbozia sur scène pour le remercier du travail que l'association a accompli avec eux depuis des années. Un moment touchant et amusant alors que Fred est visiblement un peu gêné d'être sur les planches. Pas le temps de niaiser, ça enchaîne sur Sacred Horse, un autre titre du dernier album E, qui passe beaucoup mieux cette fois, sans doute grâce à son énorme riff principal qui passe comme une lettre à la Poste avec ce son. C'est déjà la fin de cette soirée à l'ancienne avec les norvégiens, qui se finit avec leur Ace Of Spades, Alfodr Odinn, qui a elle aussi des riffs remarquables. Encore une fois, Enslaved n'a pas déçu bien au contraire, et c'est pour ça qu'on les aime. Une belle conclusion à cette première soirée d'anniversaire à Garmonbozia.



Jour 2 :

Insanity Alert

Les autrichiens d'Insanity Alert ne font pas dans la demi-mesure, aussi bien avec leur humour potache que leur crossover survitaminé. Les titres de deux minutes (NDLR : grand maximum) s'enchaînent plus vite que les blagues du chanteur Heavy Kevy, et on ne s'ennuie pas une seconde avec une avalanche de riffs que n'aurait par renié Harley Flanagan de Cro-Mags. Le son est excellent, permettant d'entendre à quel point Insanity Alert maîtrise son sujet. La section rythmique est vrombissante, créant une fondation solide pour la guitare de Dave Dave Dave, qui est une vraie usine à riffs. Dans le pit, ça mosh joyeusement, et c'est comme ça, pas autrement, qu'un concert de thrash crossover doit se passer.On peut noter une certaine créativité de la part du chanteur pour sortir un accessoire en carton pâte pour presque toutes leurs chansons, que ce soit un gigantesque joint comme des pancartes avec les paroles des refrains de leurs chansons que le public doit hurler en cadence. 

Un exemple typique de ce qui se dit à un concert d'Insanity Alert : « Pour la prochaine chanson, je vous propose de faire la fête comme si on était en 1997. On peut pas ''party like it's 1999'' parce que Prince l'a déjà fait. Et il est mort. Désolé les fans de Prince ! » Ils ont des titres de chansons d'utilité publique comme « Why Is David Guetta Still Alive ? », une guirlande de Noël sur le kit de batterie, des gants en forme de pinces de homard en plastique... Sur le papier, ça a l'air plus ridicule qu'autre chose, mais on vous assure que c'est très efficace et drôle, surtout que le groupe est musicalement irréprochable pour ce style de musique, comme si les Bad Brains avaient pris deux fois plus de speed. Le concert finit presque trop vite, avec une reprise débile de « Run to The Hills », avec les paroles du refrain remaniées ainsi : ''Run to the pit, mosh for your life''. Emballé, c'est pesé : Insanity Alert, c'est validé.



Misanthrope

Culte pour certains, honni par d'autres, cela fait maintenant trente ans que Misanthrope s'est formé et sort des albums à intervalle relativement réguliers. C'est l'occasion pour le groupe de proposer un set spécial, avec certains morceaux qui n'ont jamais ou très rarement été joués en concert. On a essayé, mais le son n'aidait pas, avec la grosse caisse triggée qui prend tout l'espace. Et ce soir ni le chant tout particulier de S.A.S de l'Argilière ni leurs riffs ne nous envoûtent, nous avons donc passé notre chemin.

The Great Old Ones

The Great Old Ones qui joue son dernier album, EOD : A Tale Of Dark Legacy, en intégralité ? A choisir j’aurai sans doute préféré l’intégralité de Tekeli-Li, mais on ne va pas non plus bouder notre plaisir pour un set exclusif aux 20 ans de Garmonbozia. Depuis le départ de Jeff Grimal, à chaque fois que je les revois sur scène, j’ai l’impression qu’il manque quelqu’un. Un détail uniquement personnel je crois, car Benjamin Guerry s’impose comme un frontman avec de la prestance, même sa voix parait plus hargneuse que par le passé et il n’y a rien à dire sur l’arrivée de Benoit Clauss de Gorod à la basse. C’est un groupe soudé que l’on voit sur scène, qui ne semble nullement dérangé dans le fait de jouer pour la première fois EOD en entier. Ce qui est intéressant dans leur prestation, plus que dans le fait de jouer des morceaux un par un comme beaucoup de groupes ou même quand ils ont une setlist éparse, c’est l’impression de tout se prendre dans les dents comme un seul bloc. Il y a un côté monolithique à leur concert, effet rendu sur scène par des musiciens très impliqués et des morceaux joués avec une intensité assez impressionnante. En y repensant, EOD est sans doute l’album le plus sombre et le plus méchant de leur discographie, sans que ça n’enlève en rien la qualité des deux précédents albums, mais sur scène ça se ressent également. On notera également des climax atteints sur The Ritual et le titre de fin de dix minutes, Mare Infinitum. Le son était plutôt bon également de quoi, une fois encore, bien s’immerger dans leur Black Metal ambitieux et ténébreux.



My Sleeping Karma

A la différence de Stoned Jesus, My Sleeping Karma aura un son excellent ! Alors c’est vrai que le trio allemand nécessite de moins de fuzz que le combo ukrainien et n’a pas de voix, mais leur Rock Psyché / Post-Rock instrumental sonnait d’une précision et d’une clarté qui forge le respect. Une basse un peu ronde qui assoie un groove de batterie tout doux et des mélodies de velours aux quelques reflets de soleil. La recette de My Sleeping Karma est toujours un peu la même d’ailleurs, d’un morceau à l’autre et d’un disque à l’autre : une mélodie accrocheuse, une montée, une explosion, un plan un peu Blues / Psyché en son clair, et on recommence avec plus ou moins les mêmes éléments. On pourrait avoir tendance à trouver ça un peu chiant et redondant, mais ils le font avec tellement de facilité et une écriture de qualité que ça fonctionne toujours très bien, même après cinq albums studio. Du coup sur scène, ça donne une grande cohérence à leur set, on n’a pas l’impression d’écouter le morceau de tel ou tel album, ou celui « qui sonne plus Stoner ». C’est toujours un réel plaisir de se laisser porter par leur musique et puis surtout, tu vois des mecs soudés sur scène, souriant et qui s’amusent. Il y a une vraie complicité et une alchimie qui se retrouve dans leur musique. Et pour ça, ça vaut le coup de les voir à chaque fois sur scène, surtout quand ils jouent le mémorable Ephedra ! Par contre je ne sais pas ce que leur French love set avait de particulier, mais bon, ce n’est pas très important car c’était génial.



Tormentor

Petit cours d'histoire pour les deux endormis au fond : Tormentor est un groupe hongrois qui a connu son heure de gloire à la fin des années 80, avec un sens du riff innovant et des parties vocales impressionnantes pour l'époque. C'est grâce à cela que le nom d'Attila Csihar est devenu connu et qu'il est parvenu aux oreilles d'Euronymous quand il a fallu trouver un chanteur pour enregistrer De Mysteriis Dom Sathanas. Tormentor a ensuite splitté au début des années 2000 et s'est finalement reformé en 2017. Un groupe culte qui revient après tant d'années d'absence, vous savez très bien ce que ça donne dans beaucoup de cas : de la merde en barquette. Mais ce n'est pas du tout le cas ici, c'est même carrément l'inverse.

Le groupe est très professionnel, avec deux guitaristes impressionants de précision. Le son est excellent, permettant de profiter de leurs riffs alambiqués dans de très bonnes conditions. On pourrait même noter une influence néoclassique dans leurs soli virtuoses. Les riffs nous prennent parfois de court, avec une touche technique qui rappelle Coroner et personne ne va s'en plaindre. Comme d'habitude, Attila Csihar est déguisé et son attitude scènique a de quoi faire lever de nombreux sourcils, à grands coups de gesticulations et de croix renversée formée avec les deux bras. Mais vocalement, il reste irréprochable, un des plus grands chanteurs de la scène metal extrême. Sur certains morceaux, Attila expérimente avec deux micros, dont l'un est pitché très bas, pour un résultat chaotique et tout bonnement effrayant, une idée qui lui vient peut être de ses aventures avec Sunn O))) ou Void Ov Voices. Une fois de plus, il faut saluer l'audace de Garmonbozia de ramener un groupe aussi important dans l'histoire du metal extrême pour la première fois en France, c'est un geste de mélomane caractérisé alors que la renommée de Tormentor est loin d'être énorme.



Hommage à Smats LaBroque de Voight Kampff

Avant que Carcass ne vienne nous rouler dessus, le festival avait décidé de rendre un dernier hommage à leur ami Smats, compositeur et moteur de nombreuses formations de la scène rennaise. Son groupe de thrash technique Voight Kampff était prévu à l'affiche du festival ainsi qu'en ouverture de quelques dates de la tournée française de Voivod mais ces beaux plans ont été annulés suite au décès brutal de l'âme du groupe. Nous avons donc droit à un diaporama de photos du musicien, mis en musique par un très beau morceau quasi-instrumental tiré de Substance Rêve, le dernier album de Voight Kampff sorti cette année, "Shoulder of Orion", qui transpire les influences du groupe, notamment Death et Coroner. Un moment émouvant.

Carcass

Cela faisait trois ans que Carcass n'avait pas sévi dans une salle française, les dernières fois ayant été dans les circonstances difficiles de l'après 13 novembre 2015, où le groupe avait choisi de maintenir leurs concerts français avec Napalm Death, Obituary, Voivod et Herod. Trois ans plus tard, toujours pas de nouvel album en vue et c'est donc un set relativement similaire à ce qu'on l'on peut entendre de Carcass ces dernières années qui est joué ce soir. D'entrée de jeu, le son  n'est pas tout à fait précis et tranchant comme les instruments médicaux contondants qu'on voit sur la bannière du groupe. En effet, Bill Steer est surmixé par rapport à l'autre guitare, faisant qu'on n'entend pas la rythmique quand Bill fait un solo et vice versa lorsque le petit nouveau Tom Draper joue un lead. La setlist est un florilège des classiques de Carcass, avec sans surprise une emphase sur Surgical Steel et Heartwork, l'incontournable LP du combo plus mélodique et mieux produit que les albums plus anciens. Leurs riffs harmonisés caractéristiques font des merveilles et donnent une touche unique aux compositions ainsi qu'une dimension plus accessible pour ce genre de musique.

 A partir du premier tiers du set, le son s'améliore. On peut donc se gaver de la lourdeur des riffs et harmoniques artificiels des soli de Bill Steer et Tom Draper, toujours aussi efficaces et influents sur une partie de la scène. Jeff Walker est relativement peu bavard ce soir, ce qui n'est pas forcément une mauvaise chose, puisque Carcass enchaîne les titres comme un tueur en série multiplie les crimes. Pareil à eux mêmes, le groupe a délivré une performance solide et jouissive. Maintenant, il serait peut être temps de renouveler la setlist et le nouvel album annoncé par Jeff Walker pour l'année prochaine devrait sans doute apporter cela. Il faudrait surtout que Carcass songe à jouer plus de morceaux de ses premiers albums. 



Bömbers 

Nous n'avons pas pu voir le cover band de Motörhead mené par Abbath, pour être certains d'attraper le dernier metro rennais. Mais il nous a été rapporté que ce n'était pas brillant, en partie à cause de l'alcoolisation des musiciens.

Bref, nous avons passé de beaux moments de Metal avec Garmonbozia, avec une programmation qualitative et éclectique, à l'image du travail de l'association depuis vingt ans. Et ce n'est qu'après que Fred Chouesne, fondateur de Garmonbozia, nous a confié une information importante : même si le festival avait été complet les deux soirs (NDLR : ce fut le cas le vendredi), l’événement n'aurait pas pas été rentable. Nous avons donc affaire à une structure qui a organisé un festival d'ampleur en sachant dès le départ qu'il ne pourrait pas être rentable, notamment du fait que la plupart des groupes invités faisaient des dates uniques au lieu d'être en tournée. C'est un vrai geste de passionnés envers la scène, qui inspire le respect. Si le son avait été un peu meilleur sur certains groupes, le weekend aurait été parfait sur toute la ligne, mais trêve de pinaillages : merci Garmonbozia et à bientôt pour le quart de siècle.

Metalorgie Team (Novembre 2018)

Merci à Garmonbozia pour l'invitation et à dans cinq ans !Merci à  Gaël Hervé pour ses clichés. Plus de photos à voir sur son Facebook.

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Commentaires

letatarLe Samedi 10 novembre 2018 à 12H43

Très bon compte-rendu, merci. Ça m'a permis de découvrir des choses, notamment que Cato Bekkevold n'était plus le batteur d'Enslaved.
J'aurais aimé assister à ces 2 soirées à la superbe programmation. Et bien d'accord concernant les gros bœufs qui sont pas foutus de respecter les groupes sur scène, c'est vraiment chiant.