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Motocultor 2018 Saint-Nolff

Le Motocultor, c'est terminé... pourtant tout le monde en parle encore. Et pour cause, avec 30 000 entrées au compteur, cette onzième édition va rester dans les mémoires ! Ah il est loin le temps où Yann le Baraillec et son équipe espéraient « accueillir 5 000 personnes par jour». Oui, tout change mais... pas sur tous les plans : l'orga souhaite conserver un festival à taille humaine. Une bonne nouvelle pour tous ceux qui veulent retrouver une ambiance à la Hellfest des débuts... Le Motocultor version 2018 c'est un public qui répond présent mais surtout une belle programmation : Ultra Vomit, Ministry, Belphegor, Nostromo, BehemothPopa ChubbyLes Tambours du Bronx, Sepultura... Allez, on fait un petit bon dans le temps pour voir ce que ça donne ?



Vendredi 17 août. Quelque part en Bretagne du côté de Saint-Nolff... Il est presque 12h30 et les premiers festivaliers foulent déjà le sol du site de Kerboulard. Discution sur un coin de pelouse, coudes posés au bar et regards tournés vers de la Dave Mustage... Dans moins de quinze minutes, la scène principale du Motocultor va se réveiller. 
The Lumberjack Feedback :
Ce sont eux qui donnent le coup d'envoi. Une formation atypique (pas de chant et deux batteurs) qui offre une prestation forte et captivante. Une musique aérienne, lourde mais subtile, efficace... qui s'écoute presque les yeux fermés. Un régal ! Les cinq musiciens proposent un son hypnotique et minutieux. Ils prouvent avec talent que le Metal se réinvente. 
Lumberjacks : 
Un son Heavy Rock qui flirt avec le Stoner. Les gars sont là, heureux de balancer un son old school et ils le font avec brio. Une petite touche américaine - exécutée par des français - fort agréable en ce début de journée.
Maid Of Ace : 
Du Punk Rock anglais et quelle énergie ! Les quatre nanas ont de la gueule et elles proposent un son sans artifice. Des morceaux écorchés et engagés qui apportent une note sincère. De l'excellent boulot. À découvrir !
Lüt :
C'est la Norvège qui débarque en Bretagne ! Un groupe encore méconnu en France mais qui connaît un certain succès du côté d'Oslo. Les six musiciens savent capter le public et offre une belle presta scénique. Du Rock bien fichu qui ne se prend pas au sérieux.
Svart Crown :
Un son solide et calibré au millimètre. Le groupe de Black / Death Metal ne laisse rien au hasard : une approche quasi-clinique teintée d'une touche sombre et primitive. Une musique puissante qui saisit le spectateur du début à la fin. Il y a du travail... et du talent ! À écouter sans modération.
Ultra Vomit :
On ne les présente plus. Qui ne fredonne pas au moins une de leur parodie ? Ils tournent partout et fidélisent un public de plus en plus nombreux. Les nantais sont des habitués du Motocultor, certains disent même des parrains légitimes. Et quels parrains ! Une aisance bluffante sur scène, un sens de l'humour hors pair et une maîtrise instrumentale qui feraient pâlir bons nombres de musiciens. Une bouffée rafraîchissante ! On en redemande.
Ministry :
Considéré comme le groupe pionnier de L'Indus Metal, Ministry offre un show maîtrisé de A à Z. L'expérience est là et ça fait toute la différence. Un groupe référence et engagé qui revient en force depuis quelques années.
Belphegor :
Un nom de démon, rien que ça ! Avant même leur entrée en scène, l'ambiance est là. Des types charismatiques au visage marqué par des larmes de sang qui célèbrent une messe sombre. Un jeu de scène impressionnant boosté par un son massif. Du très bon Black Metal massif et vindicatif !



Samedi 18 août. La poussière vole sur le site du Motocultor... Certains festivaliers se sont préparés à affronter cette deuxième journée : grosses shoes, masques sur le visage, fûts larges... Avec un peu d'imagination, on se croirait presque dans Mad Max !
Hangman's Chair :
Banlieue Triste. Beaucoup de bien a déjà été dit de cet album dans nos lignes et ailleurs c'est donc avec une impatience non-feinte qu'on attendait de voir comment les parisiens allaient défendre cet album sur scène. On ne sera pas déçu car le rendu est parfait : caisse claire qui semble sorti tout droit d'un bunker, lignes de guitare au souffle d'air froid derrière la nuque, le chant mélodique ultra juste, le mélange de lourdeur et de finesse... Si t'aimes leurs deux derniers albums dont la plupart des titres joués aujourd'hui en sont issus  (Dripping Low, Naïve, 04.09.16...)  et que donc tu as bon goûts, difficile d’émettre une seule critique sur leur concert tant c'était vivant et ça sonnait impeccablement.
Cerf Boiteux :
Grosse scène pour les gagnants du tremplin Motocultor. La tension est palpable mais le groupe instru s'en sort plutôt bien. Le jeu de scène est encore timide, les interventions aussi, on sent que les musiciens jouent entre eux n'arrivant pas trop à dépasser le cadre du jam entre potes, mais le niveau musical est bon. Un groupe prometteur toutefois, qu'on espère revoir dans d'autres conditions, dans une salle plus petite peut-être, où ils seront sans doute plus à l'aise.
Pelican
Beaucoup trop rares dans nos contrées, le groupe de (Post)Rock a mis deux trois titres avant de trouver ses marques, la faute à un son des plus bancal. Mais passé ce petit soucis, le reste se savoure comme un traversée du désert à bord d'une Impala. Riff d'autoroute, rythmiques simple à manger du foin, mais engageantes et immédiate. Les morceaux coulent comme le gras d'un burger et on hoche la tête au son des morceaux principalement issu des deux derniers albums (Vestiges, Immutable Dusk, Ephemeral). Dommage néanmoins que les américains ne jouent rien de leurs précédents opus.
Tagada Jones :
Ils sont du coin et ils rassemblent depuis nombre d'années un public de punks et de metalleux. C'est dire s'il y a du monde devant la scène ! Tagada Jones reste égal à lui-même : des textes incisifs et un son énergique. Ceux qui étaient dans le pogo se souviendront de ce concert. De la bonne bagarre qui vous rebooste pour la suite !
Nostromo :
Les gens qui étaient là savent. Ceux qui ont déjà vu Nostromo en concert aussi. C'était une putain de boucherie, mais pas juste parce que leur Death / Grind est brutal et fais valser des molaires, ça, pas mal de groupes dans le genre peuvent le faire aussi. Mais chez Nostromo c'est différent, il y a ce savoir faire, cette bonne humeur, ce groove communicatif malgré des morceaux d'une violence et d'une méchanceté rare ! Tu ajoutes à ça une énergie folle tant sur scène que dans la fosse, et des mecs qui sont capables de passer du Brutal Death Metal au Hardcore et un peu tout ce qu'il y a d'extrême entre et tu as là un énorme défouloir qui a foutu la banane à tout le monde. Respect et merci d'être revenus !
Cannibal Corpse :
Un groupe de référence très attendu. Ils font partie de l'histoire du Death Metal et c'est de cette manière que sera accueilli leur show. Les aînés sont impatients de les voir, les plus jeunes sont curieux... Une prestation noble et puissante.
Behemoth :
Réduire le groupe à la pyrotechnique et à l'ambiance serait une erreur. Pourtant il faut l'avouer... le show fait partie intégrante de leur musique. Et c'est impressionnant ! Un vrai spectacle qui se savoure du début à la fin.
Celeste
Plusieurs fois que je vois Celeste cette année (release party à Paris, Lorient, première partie d'Amenra à La Rochelle) et ça sera clairement la meilleure. Tout joue sur le son, principalement, car leur musique est tellement dense que si c'est mal réglé c'est de la bouillie. Mais là ça sera littéralement terrassant, comme rarement j'ai entendu. C'est typiquement le genre de concert qui te bouffe les tripes comme peuvent le faire Amenra, Cult Of Luna ou Neurosis. On notera également un jeu de lumière différent de leurs concerts habituels, avec certes, des lampes frontales sur eux, mais également les spots rouge et jaune derrière le batteurs qui donnent une ambiance de fin du monde à leur musique.
Punish Yourself :
Peinture phosphorescente, jeux de lumière, meuleuse... la prestation du groupe Indus s'apprécie de nuit. Une performance toute en énergie. Le niveau est haut, très haut ! Il faut dire que le groupe français sillonne les routes depuis 1993. L'expérience n'est plus à prouver et le talent est indéniable. Un grand merci pour ce concert de qualité !



Dimanche 18 août... Le réveil est difficile au bout de ce troisième jour... Visages cernés, cheveux ébouriffés, démarches pas très sûres… Oui, la nuit a été courte mais pas question de rater le finish. Et pour cause, le festival se clôturera par Sepultura et Les Tambours du Bronx.
Jinjer :
Porté par la voix d'une chanteuse qui oscille entre Hardcore et chant lyrique, le groupe fait une entrée remarquée. Une presta détonante qui ne laisse pas indifférent ce public de début d'après-midi.
Cult Of Occult :
De l'occulte dès 14h00. Ouais et ça fonctionne ! Le groupe de Doom / Sludge  rassemble : du lent, du lourd et un show de qualité. C'est sombre et diaboliquement bien mené. 
Warbringer :
Le groupe de Thrash Metal fait une entrée explosive. Ils ont le smile et c'est communicatif. Des envolées à la gratte et une voix hyper Metal... Un son old school qui flirte avec les années 80. Parfait pour se motiver et rechercher les batteries pour cette dernière journée.
Stoned Jesus :
Un mélange de Doom, de Rock et de Stoner. Le résultat est excellent ! Le tempo est étudié, la guitare et la voix ont un petit goût de désert. D'excellents musiciens qui savent se laisser oublier pour se mettre au service de leur musique. À découvrir !
Comeback Kid :
Le Hardcore canadien se porte bien. Merci Get The Shot. Comeback Kid a pourtant quelques années de scène au compteur et leur son est toujours aussi saisissant de vérité. Une énergie authentique qui se vit en concert.
Popa Chubby :
Une bulle de Blues au milieu de ces trois jours de gros son. Quelle classe ! Popa Chubby offre une véritable leçon de guitare. Ses réinterprétations des standards du Rock tels que Hey Jo de Jimi Hendrix scotchent tout le monde. 
Les Tambours du Bronx :
Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça a de la gueule. Une quinzaine de cogneurs en arrière plan, Franky Constanza (ex-Dagoba) à la batterie, Stéphane Buriez (Loudblast) et Reuno (Lofofora) au chant. Que dire ? La prestation est unique. C'est puissant, mesuré et mené d'une main de maître. Le concert unique était à la hauteur de nos espérance.
Sepultura :
Quand Derrick Green monte sur scène, il en impose. Un chanteur charismatique soutenu par des musiciens qui prouvent que même après 30 ans de carrière, il est possible de se réinventer. Sepultura est toujours là ! Le son est résolument Metal mais Andreas Kisser s'autorise quelques riffs latino-flamenco sur les dernières compos. Le public explose quand Les Tambours du Bronx les rejoignent pour Roots Bloody Roots. Une fin de show exceptionnelle ! 

Avec ce dernier cru, l'équipe du Motocultor prouve qu'il ne faut jamais rien lâcher. La passion et la ténacité sont à la base du succès de cette édition 2018. Pendant le concert des Tambours du Bronx, Reuno l'a crié haut et fort : « Merci d'être au rendez-vous cette année ! » Oui, le Motocultor a connu des difficultés... mais après une campagne de financement et le travail de toute une équipe, le festival est bien vivant ! Pendant la conférence de presse Yann le Baraillec ne cesse de remercier les bénévoles. Des passionnés qui font bloc et qui se démènent pour offrir des concerts de dingues pendant une poignée de jours, c'est peut-être ça l'esprit Metal ? 

Metalorgie Team (Septembre 2018)

Merci au Motocultor pour l'invitation.
Les photos sont à voir par ici.

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