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Paris Punk Rock Summer #3 Petit Bain, Paris, les 1er et 2 août 2018


Pour cette troisième édition du Paris Punk Rock Summer, We Care Booking et Sick My Duck nous avaient concocté une affiche très éclectique, s’ouvrant largement vers le Hardcore. Une initiative qui a apparemment fédéré, vu la forte affluence des deux soirées.





MERCREDI 1er AOÛT




C’est devant une foule encore éparse que le concert débute. Les mélodies de Chaser font souvent penser à Sum 41, mais heureusement sans le côté agaçant. Cependant le son de guitare aurait pu mieux leur rendre justice en étant un peu plus travaillé, ce qui aurait évité de faire couiner certaines notes aigues et la basse n’était pas toujours suffisante pour faire oublier l’absence d’une deuxième guitare. Mais Mike LeDonne impressionne au chant et l’intensité de sa prestation fait vite oublier tous ces petits défauts. 




Les Bombpops entament leur set avec Can O’ Worms pour un départ relativement en douceur avec son refrain pop sirupeux, ça chante un poil faux mais on sent malgré tout l’énergie qui ne demande qu’à se libérer. Ce qui sera chose faite dès le titre suivant avec Watch Me Fold, élevant sacrément le tempo. Poli et Jen retrouvent de la justesse et commencent également à se lancer de gentilles vannes et à sortir de grosses conneries entre les chansons (« on s'est rasé la chatte exprès pour vous... »), une petite routine qui ne sera pas sans rappeler Fat Mike et El Hefe. On regrettera seulement que le public ne se soit pas plus prêté au jeu et soit resté trop timide, ce qui aurait pu donner une autre dimension à ce concert.

Ceux qui disent que le Punk ça se limite à enchainer les 3 mêmes accords en boucle n’ont certainement jamais écouté Mute. C’est vrai qu’ils pourraient être désignés comme les DragonForce du Punk et qu’il n’est pas anodin d’entendre des solos harmonisés, en tapping et en sweeping dans ce genre musical. Toujours est-il que la sauce prend plutôt bien, sans parler du capital sympathie de se retrouver en face d’un groupe Québécois et d’avoir droit à des interludes agrémenté d’un superbe accent. Pied au plancher pendant une demi heure, le quatuor va montrer toute l’étendue de son talent, la technicité de leur musique lui donnant une touche épique et par moment on pourrait presque se dire que pas grand chose, à part l’attitude et le look, ne les différencie d’un groupe de Power Metal. En tout cas, cela aura permis au public de commencer à sortir de sa semi-léthargie et à remuer dans le pit.




Imaginez Madball et Slayer qui forniqueraient pour ensuite accoucher dans un goulag sibérien, vous obtiendrez quelque chose qui devraient beaucoup ressembler à Siberian Meat Grinder. Les plaisanteries des Bombpops paraissent maintenant bien lointaines, c’est l’heure de se manger une énorme mandale dans la gueule et de se faire concasser les cotes. Le chanteur, affublé de son masque habituel, nous assène son flow à la vitesse de tir d’une kalachnikov. Les riffs sont percutants, la rythmique écrasante et une pluie de slammeurs ne tarde pas à s’abattre sur le pit. Sur le dernier titre, le groupe se permettra malgré tout une petite fantaisie, avec leur mascotte géante d’ours couronné qui débarquera sur scène.




L’entrée d'Agnostic Front se fait sur la musique du Bon, la brute et le truand d’Ennio Morricone, la scène baignée de spots rouges et on découvre Roger Miret qui débarque avec le bras droit en écharpe (respect à lui). Au niveau du chant par contre, il paraîtra par moment un peu essoufflé (on le serait à moins), peut-être de trop forcer sur sa gorge en éructant, mais le son du micro est rapidement ajusté sur Dead To Me et ensuite le public assurera largement les choeurs sur My Life My Way. Vinnie Stigma a toujours le feu et le temps ne semble pas avoir de prise sur lui. Comme à l’accoutumée, il poussera la chansonnette sur Pauly The Dog. Les classiques tels que For My Family ou Gotta Go ne seront pas oubliés et le quintet clamera aussi son amour pour sa ville avec Old New York, issue de son dernier album (The American Dream Died), dont le public connait  les paroles sur le bout des doigts. Une belle communion qui terminera en apothéose sur une reprise du groupe qui a donné à Roger Miret envie de faire la musique, Blitzkrieg Bop des Ramones.




JEUDI 2 AOÛT





La tâche d’ouvrir cette seconde journée revient aux Basques d’Adrenalized, dont le style rappelle beaucoup celui de Mute qui a joué la veille, du Punk Rock avec un côté technique prononcé. Comme Chaser la veille, c’est devant un Petit Bain encore bien vide qu’ils débutent leur set ce qui ne les empêchera pas de se donner à cent pourcent et de jouer avec envie. Les harmonies vocales et guitares sont parfaitement maîtrisées, les solos de guitare exécutés avec fougue, le groupe joue sans faire de chichi, avec une générosité qui réussira à faire bouger le public présent.




Que dire de Broken Teeth à part que ça joue bien, que c’est carré, que c’est massif mais que ça reste malgré tout très monotone. Heureusement pour eux qu’ils jouaient avant Voodoo Glow Skulls car s’ils étaient passés après une telle tornade, leur set aurait surement paru chiant à mourir.




Haut la main, le concert des Voodoo Glow Skulls allait constituer l’apogée de ces deux soirées de concerts. D’entrée de jeu la folie s’installe sur scène avec leur nouveau chanteur qui débarque affublé d’un masque de luchador (avec des cornes !?) et d’une cape (plus tard, il s'amusera aussi à brandir un drapeau à l'effigie du groupe et un sceptre tribal), puis le rythme endiablé de la musique du sextet fera le reste (Insubordination et son intro piquée à Crazy Train d’Ozzy Osbourne). Efrem Schultz (qui officie dans Death By Stereo) est super impressionnant derrière son masque, non seulement vocalement mais aussi physiquement, arpentant la scène en tout sens à tel point qu’on pouvait l’imaginer déjà monter sur un retour avant de faire un elbow drop sur quelqu’un du public. Le petit détail qui aurait pu nuire à la fête était des cuivres un peu en retrait en début de set, mais ce fut rapidement corrigé. 

On ne le voit pas là, mais la scène était ornée d’un backdrop avec un beau message : "The Walls will fall". 



À l’instar de Broken Teeth, on pourrait reprocher les mêmes défaut à Terror : show à l'américaine, ultra carré, ultra pro, Mais Terror reste Terror et des titres comme Overcome, Keep Your Mouth Shut ou Live By The Code parlent d’eux-mêmes. Une grosse bagarre s’installe dans le pit pendant 40 minutes. Le groupe achèvera sa prestation rondement menée sur Keepers Of The Faith. Après que le public ait pu une dernière fois se défouler et hurler le refrain, Scott Vogel assènera un « Vous pouvez rentrer chez vous, c'est fini, on ne jouera pas d'autre chanson, on ne fait pas de rappel, on n'est pas un putain de groupe de Rock ». Il était à peine 22 heures et la messe était dite.

Grum (Septembre 2018)


Merci à We Care Booking pour l'accréditation
Crédit Photo : ImmortalizR

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