Steven Wilson (07/07/2018) l'Olympia, Paris

A peine quelques mois après un premier passage à l'Olympia, Steven Wilson était de retour dans la même salle pour donner une nouvelle leçon de rock progressif à la capitale. 

Le concert s'ouvre sur "To The Bone", chanson éponyme du dernier album de l'anglais. Où nous sommes placés, le son manque vraiment de précision, à savoir le premier rang du balcon, mais sur le côté gauche, presque au niveau de la scène. Les basses sont en effet beaucoup trop présentes, au détriment la deuxième guitare et des claviers, ce qui pose problème avec des compositions où ces instruments tiennent une place centrale. La situation s'améliorera au fur et à mesure du concert, mais restera décevante quand on connaît les standards de qualité de son de Steven Wilson. Ce dernier annonce que la setlist sera à peu près 40% différente de celle de mars, un effort et un geste de respect envers son public à saluer. Le premier set est essentiellement dédié à Hand Cannot Erase, une décision compréhensible quand on sait que cet album fait déjà partie des préférés des fans. Cependant, ce même disque a déjà été joué deux fois à Paris en entier en 2015 et 2016, tant pis pour ceux qui y étaient et espéraient entendre autre chose. 




Mais ne crachons pas dans la soupe, la performance des musiciens est impériale, notamment Alex Hutchings à la deuxième guitare, qui parvient à jouer le solo de Regret #9 avec brio (interprété par le génie de la six cordes Guthrie Govan sur album) et ça, c'est un acte de bravoure en soi. "Pariah" côtoie "Ancestral" ou la lacrymale "Routine" et font mouche. Pour mémoire, il y a quelque mois, nous avions noté un équilibrage du son étrange : les samples (certaines parties de voix et guitare acoustique) étaient diffusés par une sono placée à l'arrière de la salle, à un volume beaucoup trop conséquent pour les personnes placées à l'arrière. Le même système est utilisé ce soir, mais étant cette fois placés à bonne distance de cette sono de fond de salle, les samples sont audibles à un volume tout à fait adéquat. Sauf que le volume était tout aussi fort qu'en mars dernier à l'arrière de la salle : le problème n'a pas été résolu. De son côté, Steven assure toujours aussi bien au chant, tout en jonglant entre guitare, basse et clavier. On constate que les nouveaux morceaux ont tout de même plus de pêche sur scène, malgré la prestation, certes impeccable, mais molle de Craig Blundell à la batterie. De fait, une nette différence d'intensité se note entre les nouveaux morceaux et les anciens, particulièrement ceux de Porcupine Tree, comme si Wilson avait volontairement mis en retrait (sabordé ?) la batterie sur To The Bone


Comme d'habitude avec Steven Wilson, le concert est divisé en deux sets. La deuxième partie est plus attrayante, d'abord parce que, maintenant placés au fond de la fosse, le son est bien mieux équilibré (ndlr : belle ironie de la situation, le son est meilleur aux places les moins chères), laissant respirer chaque instrument et a fortiori des compositions comme "Don't Hate Me" ou "The Song of I", qui flirte vers le trip hop avec tellement de brio qu'on aimerait presque voir l'anglais y consacrer un album entier. Sont d'ailleurs ajoutés deux solos (clavier et guitare" à "Don't Hate Me" qui brillent par leur sobriété et leur construction. Un ajout de choix aux versions studio. C'est le moment pour Steven de se lancer sa réplique du soir contre les comportements grégaires : "Ca ne nous dérange pas que vous filmiez, mais on ne peut pas en dire autant de la personne derrière vous. J'espère que vous profiterez bien de votre clip youtube en qualité merdique !" Ca, c'est envoyé !




Passons sur "Sleep Together", devenu l'indéboulonnable des fins de concert de Wilson, mais qui est d'une efficacité particulièrement mordante ce soir. Et c'est dans les rappels qu'est un panel de raretés pour les fans  : "Blackfield" et "Postcard" jouées à la guitare acoustique et au piano. Les chansons fonctionnent dans ce format, même si l'explosion finale de la version électrique de "Postcard" manque un peu. Steven en profite pour glisser qu'il la considère comme la numéro 2 dans les chansons les plus tristes de son répertoire, "Routine" étant la numéro 3. Et là, tombe comme un couperet "Sound of Muzak", tout simplement une de ses meilleures chansons, tellement hymnique qu'il laisse le public chanter tout un refrain. 22 chansons (ndlr : trois de plus qu'en mars) auront donc été jouées ce soir, avec un sélection à la fois plus taillée pour les concerts et généreuse pour les habitués. Pas de doute, Steven Wilson est toujours maître de son jeu.

Neredude (Juillet 2018)

Photos : Arnaud Dionisio / © 2018 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe. 

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