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Rhapsody, Beast In Black, Scarlet Aura le 17/03/18 Toulouse (Le Metronum)

Le 17 mars, pendant que le commun des mortels profitait que la Saint Patrick tombe pour une fois un samedi, les irréductibles fans de Power Metal avaient un autre impératif, du moins ceux vivant en région toulousaine. Rhapsody venait y jouer à guichets fermés, pour une tournée d'adieu, 18 ans après leur dernière date dans la ville rose. Alors que la Saint Patrick, c'est tous les ans, au fond...

Les Italiens ont emmenés dans leurs valises deux groupes. D'abord, Scarlet Aura, un groupe de Heavy un peu rétro, un peu kitch (qui a dit "pléonasme" ?), qui se veut mélodique et catchy. On ne peut s'empêcher de se poser des questions sur l'utilité de la mise en scène d'intro des Roumains : une chanteuse qui débarque avec des immenses ailes d'ange, ça peut le faire, mais les enlever maladroitement moins de trente secondes après et ne plus les revoir du set, franchement, c'est beaucoup d'efforts pour pas grand chose. La chanteuse en question fera évidemment penser à Doro (y a 15 ou 20 ans hein), tant dans son jeu de scène que dans sa tessiture Heavy. Au final, c'est ni bon ni mauvais, mais Scarlet Aura souffre à la fois du syndrome du groupe-que-je-connais-pas-mais-qui-fait-la-même-musique-que-plein-d'autres-groupes-que-je-préfère-à-eux, et aussi du fait qu'une large proportion des spectateurs attendent impatiemment la tête d'affiche. Rien de vraiment mémorable ici.

Ensuite vient Beast In Black. Pour donner une idée, le style musical est aussi proche de celui de Battle Beast que les noms des deux formations le laissent penser. D'ailleurs, indice supplémentaire, Beast In Black a été formé par un ex Battle Beast. Voilà voilà.
Les Finlandais vont donc défendre leur premier opus, Berserker, devant un public toujours aussi peu convaincu et impatient de la suite. Sauf que... Le Power / Heavy mélodique joué par Beast In Black évolue pendant le set. Plus on avance dans la prestation, plus les samples prennent de la place dans les compositions. Et pas n'importe quels samples : des sons de synthés rétro-disco-kitsch-débiles ! Des trucs que même Sabaton n'ose pas utiliser (pas encore, du moins) ! Les métalleux toulousains, ne demandant qu'à être convaincus au début du set de Beast In Black, finissent par se moquer de la prestation d'un groupe qui s'amuse, certes, mais au prix de ne pas être prix au sérieux. Une formation à voir en live une fois, pour se fendre la poire. Mais juste une fois.

On espère pas, on SAIT que Rhapsody va remonter le niveau. Le sample de Lux Triumphans annonce une ouverture sur le hit cultissime Dawn Of Victory. Retour en adolescence pour votre serviteur qui s'époumone sur les "gloooooriaaaaa ! gloria perpetuaaaaa !" des refrains, comme environ 100% des présents. D'entrée de jeu, le son est très bon et les cinq musiciens (Alex Staropoli (claviers) ne fait pas partie de la tournée) transpirent la joie d'être là. Luca Turilli saute partout, court d'un bout à l'autre de la scène du Metronum, tout sourire, tricotant ses soli de guitare avec une aisance déconcertante. Même si les autres musiciens la jouent plus discrètement, il est impossible de passer à côté de leur maîtrise totale (on aura d'ailleurs droit à un solo de batterie et à un autre de basse, et les deux se révéleront agréables à écouter, sans jamais tomber dans l'excès démonstratif). Mais en terme de maestria, le chanteur Fabio Lione sera définitivement le plus impressionnant de la bande. Alors que les copains de SPM Prod, aussi admiratifs que moi, me glissent que le vocaliste s'est enfilé un demi-paquet de cigarettes depuis son arrivée dans les lieux ; le frontman démontre des qualités de justesse, de coffre, et d'amplitude tout à fait hors du commun, comme si sa voix se bonifiait avec le temps. Les vibratos sont parfaits, le micro est tenu loin pour éviter la saturation tellement la voix est puissante, chaque détail ajoute à la qualité de la prestation du chanteur. Et ce n'est pas la reprise de Con Te Partiro (du ténor italien Andrea Bocceli), interprétée à cappella, qui nous fera dire le contraire. De plus, Fabio Lione nous gratifie de sa bonne humeur, en français, dès qu'il en a l'occasion. Le frontman raconte même des anecdotes sur la carrière du groupe, comme la rencontre avec Christopher Lee (qu'il imite d'ailleurs très bien).
Quant au reste de la setlist, Rhapsody nous offre un best-of de sa periode pré-"Of Fire", de ses débuts jusqu'à 2002. Le groupe joue tous ses tubes : Power Of The Dragonflame, Holy Thunderforce, The Village Of Dwarves, Land Of Immortals, Rain Of A Thousand Flames... Et même quelques titres pas forcément attendus, comme les gros pavés que sont Symphony Of Enchanted Lands ou The Wizard's Last Rhymes. Les Italiens ne s'en iront qu'après avoir asséné un coup final en fin de rappel : le tubèsque Emerald Sword, qui fera à nouveau chanter tous les fans conquis... Environ 1h30 de magie et de nostalgie, et c'est déjà terminé. Pour de bon, malheureusement...

Zbrlah (Avril 2018)

Merci à SPM Prod pour ce beau concert-émotion !

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