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Carpenter Brut (+ Youth Code) (24/03/2018, l'Olympia, Paris)

Rien n'arrête l'ascension de Carpenter Brut. En 2016, ce fut la Cigale et une tournée avec Ghost. En 2017, ce fut le Roadburn. En 2018, c'est l'Olympia et le Hellfest. Le concert est complet, le premier album Leather Teeth fraîchement sorti et une première partie d'excellente qualité : tous les ingrédients réunis pour passer une soirée mémorable.

Youth Code

Quelle brillante idée d'inviter Youth Code sur cette tournée. Ils avaient fait forte impression au Roadburn 2017, invités par John Baizley (Baroness). Malheureusement, c'est nettement moins le cas ce soir, la faute au volume sonore, manifestement pas assez fort. Leur indus martial est pourtant bourré d'énergie brute et d'agressivité, à mi-chemin entre Nine Inch Nails période Pretty Hate Machine et Godflesh. Mais que voulez-vous, quand le volume est tel qu'il laisse entendre les conversations de vos voisins de fosse, l'immersion est difficile. L'effet pouvait cependant être atténué en partie en se rapprochant de la scène, et donc de la sono.


Il y a donc un décalage assez fort entre ce qui se passe sur scène et ce qui sort de la sono. La chanteuse Sara Taylor se donne à fond, arpentant la scène et hurlant comme une lionne en cage. Idem pour Ryan George qui ne se contente pas d'activer ses programmations statiquement, en ponctuant les changements de rythme par des mouvements qu'on voit habituellement à un concert de hardcore. C'est sans doute grâce à ces efforts que le duo est accueilli avec enthousiasme par le public, malgré le fait que le chant de Ryan soit quasiment inaudible. Après un début de set très agressif, une écoute attentive révèle des mélodies de synthé simples et efficaces, des rythmes plus dansants et un sens de composition affiné.



Bref, on sort donc frustré de ces 40 minutes avec Youth Code. La performance et les compositions étaient au rendez-vous, mais tout porte à croire que leur son n'avait pas été optimisé pour la salle. Cette place en première partie n'était pourtant pas usurpée, espérons qu'elle leur vaudra un passage prochain dans de meilleures conditions sonores.



Carpenter Brut

Comme un énième hommage aux 80s dégoulinantes, la chanson d'introduction du concert n'est autre que "Africa" de Toto, un grand moment qui chauffe le public de l'Olympia à blanc en chantant les paroles à tue-tête. Avec un habile fondu-enchaîné, Carpenter Brut balance "Leather Teeth", initiant une grosse heure de danse endiablée. Encore une fois, bien que la situation ne soit pas aussi gênante que pour Youth Code, on a vraiment l'impression que le groupe joue moins fort que d'habitude, en tout cas en étant placé juste après le balcon dans la fosse. Cette fois, impossible de se rapprocher de la sono tant la foule est compacte



Pour ceux qui ont déjà eu l'occasion de voir Carpenter Brut ces dernières années, le terrain est en partie connu avec les mêmes jams, transitions et projections de série Z à l'écran que sur l'ancien set. A défaut d'être surpris, le groupe joue avec toujours autant de précision, et la qualité du son permet de profiter au mieux des talents de guitariste d'Adrien Grousset, à grands coups de riffs chatoyants et de soli épiques. Soutenu avec maestria par Florent Marcadet qui tabasse ses fûts comme un forcené, la base rythmique est solide !



Les variations opèrent grâce à la setlist, qui intègre un bon nombre de nouveaux titres comme "Beware The Beast", sorte de pastiche de The Cult chanté avec brio par Kvohst (Grave Pleasures, Hexvessel). On regrettera juste qu'il ne soit pas sur scène pour l'interpréter avec le groupe alors que l'Angleterre est à quelques heures en Eurostar, mais gageons qu'il n'était peut être pas disponible. Cela reste néanmoins une des meilleures chansons de Carpenter Brut. De fait les nouvelles morceaux s'intègrent bien dans le flot du concert, il est par contre dommage de les voir remplacer des tubes en puissance comme "Looking for Tracy Tzu", "Anarchy Road" ou "Welcome to Midwich Valley". On peut comprendre cette volonté de renouveler le répertoire, mais peut être que le tri aurait pu être fait autrement. 



L'autre vraie nouveauté est un jeu de lumières vraiment impressionnant et très travaillé, qui apporte une vraie valeur esthétique et une meilleure immersion dans le concert ! Le public est complètement possédé par la performance, particulièrement sur "Turbo Killer" qui crée une vraie euphorie, à tel point que les chants en rythme couvrent parfois complètement la musique. Encore une fois, un peu plus de volume n'aurait pas fait de mal, d'autant plus qu'on ne retrouve pas la lourdeur qu'il y avait aux concert de Carpenter Brut en petite salle.



"Cheerleader Effect" a effectivement son petit effet, car ça fait quelque chose d'entendre la voix de Garm résonner dans l'Olympia, même si on peut parier que la majorité du public ce soir n'a jamais écouté Ulver. Peut être que certains découvriront le groupe par ce biais, et c'est tant mieux ! Le temps passe vite et nous amène déjà au rappel, avec le tube ultime tiré de Flashdance "Maniac" dopé au son Carpenter Brut. L'Olympia se transforme alors en salle de karaoké géant. Là encore, l'apparition de Yann Ligner (Klone) aurait pu marquer le coup pour célébrer cette réussite, mais cette absence ne crée pas un manque sur scène pour autant. Ainsi, Carpenter Brut a prouvé qu'il se maintenait comme une valeur sûre en concert, avec une performance impeccable et une scénographie qui lui donne plus d'ampleur. Prochaine étape, le Zénith ?

Neredude (Avril 2018)

Photos par Leonor Ananké / © 2018 Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

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