Sepultura - Obscura - Goatwhore - Fit for an Autopsy l'Elysée Montmartre

C'est en haut des marches de l'Elysée Montmartre que nous nous sommes donné rendez-vous pour assister à une affiche alléchante. Cette dernière composée de Fit for an AutopsyGoatwhore, Obscura et Sepultura a de quoi séduire. Musique moderne, plus classique, technique, efficace, il y en a pour tous les goûts et pour tous les âges.

C'est très tôt dans la soirée qu'a démarré Fit for an Autopsy, mais loin de se démonter les benjamins des artistes ont livré une prestation plutôt convaincante. Il m'avait déjà été donné de les voir plusieurs fois précédemment et autant j'avais accroché en album, que je les trouvai toujours décevants en live, par manque d'énergie, de définition sonore. Aujourd'hui c'était beaucoup mieux que dans mon souvenir. Nouveaux morceaux ? Nouveau line up ?  Nouveau matériel ? Je ne connais pas suffisamment pas le groupe pour pouvoir apporter une explication précise, mais le fait est qu'ils avaient l'air d'en vouloir bien plus qu'avant. Moins de temps mort, plus de précision apportée quant à l'exécution de leurs morceaux, plus de détermination dans l'attitude des membres, pourtant devant une salle loin d'être remplie. Bref un groupe en pleine progression.

C'est clopin clopant que Ben, chanteur de Goatwhore arrive sur scène, s'étant fait sauvagement agressé par un système hydraulique malveillant. Après un début qui a surpris tout le monde (les techniciens, la sécurité, les photographes, le public et le bassiste) et une première chanson qui a servi d'étalon à l'ngé son pour faire la balance, l'équilibre est trouvé pour les quatre comparses de la Nouvelle Orléans. S'en suit un concert intense, ou les morceaux s'enchainent et s'enchainent, pressés par le temps, et voulant ravir leurs fans le plus possible. Bien loin du black metal hasardeux de leur début, les chansons se veulent compactes et balancées, portées par une alternance entre chant déclamé, crié et growl par Ben, qui, tel un narrateur interprète ses textes, perché du haut de son flycase. Le show se termine devant un public mitigé, tantôt aspiré par cet envoûtement venu de Louisiane, tantôt complètement hermétique à cette musique batarde, à la croisée des chemins entre heavy, stoner, southern et black.

Viennent ensuite les Allemands d'Obscura, ovationnés dès leur arrivée, arrivant tout sourire des loges. Très détendus, ils ont beaucoup blagué avec le public tout au long de leur performance. Dès les premiers instants, ils font parler la technique en proposant un tapping solo de Rafael Trujillo, enchaîné avec un solo basse, puis un solo guitare de Stephen Kummerer. Seul petit problème, encore une fois la balance n'est pas faite et il a été difficile d'entendre quelque chose de convaincant. Dommage, qui plus est pour un groupe dont le principal intérêt est technique avant d être scénique, et malheureusement l'équilibre entre les deux guitares n'a jamais été trouvé de tout le concert. Prestation qui d'ailleurs a paru bien courte. Lorsque le chanteur a annoncé leur dernier morceau il se lisait "déjà" sur toutes les lèvres. Et cette sortie de piste a été très sportive pour le batteur, au bord de la rupture pendant toute la chanson et multipliant les paings, ce qui a beaucoup amusé les autres membres du groupe. Il est d'ailleurs probable que le set ait été écourté pour une raison inconnue, ils n'ont fait que six chansons contrairement aux neuf, précédemment sur la tournée. Le lendemain en Allemagne, ils n'ont fait que quatre morceaux. Obscuraffaire...

Vint ensuite les tôliers, la tête d'affiche, la légende Sepultura. Dix huit morceaux dont six du dernier album qui sont tous passés comme une balle. Un son impeccable, une performance parfaite, et une ambiance de feu. Tous les musiciens se donnent à fond malgré la fatigue due à la fin de tournée, avec une mention particulière à Eloy Casagrande qui nous a régalés ! Et … Que dire de plus ? Si ce n'est qu'il est incompréhensible qu'ils n'aient pas rempli une salle comme l'Elysée Montmartre. Ils sont là. Revenus au niveau de leur gloire d'antan et pour durer. Quatre vingt dix minutes de fureur, qui font se bander les muscles et se raidir les nuques. La fièvre brésilienne a fait beaucoup de dégâts dans les premiers rangs quand certains morceaux se sont fait entendre, au hasard Territory,  Arise, dans les morceaux plus récents Phantom Self ou bien évident dans les grands classiques Ratamahata et Roots.

Ce qui ressort au final c'est une très bonne date au général avec une belle performance de tous les groupes, quelques problèmes lés à la balance des instruments, quelques divergences d'opinions quant au mélange des différents styles du line up, et un consensus sur le fait que Sepultura a livré une prestation magistrale. Les Brésiliens sont revenus à leur meilleur niveau et on a hâte de voir la suite des événements pour eux. Si vous êtes sur les festivals cet été, n'hésitez pas à faire un détour pour aller les voir.

Maxwell (Mars 2018)

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