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At The Drive In + Death From Above + Le Butcherettes L'Olympia Paris - 28/02/2018

Ayant, comme beaucoup de gens, poncé Relationship Of Command dans mon adolescence mais étant un peu jeune à l'époque pour aller m'engouffrer dans le chaos total de leurs prestation scéniques, ce concert était pour moi la première occasion de voir At The Drive In en live. Alors oui, j'avais déjà vu et apprécié les Mars Volta et Bosnian Rainbows, (enfin apprécié surtout le premier, parce que le second était quand même un concert assez... étrange), mais on était là bien loin de l'énergie folle dégagée par ATDI sur scène à leur apogée. Bien que conscient que l'âge des membres et l'historique du groupe avaient forcément tempéré leur ardeur, je me rendais tout de même au concert avec énormément d'attentes, qui, attention SPOILER, ne seront pas vraiment comblées.

Le concert commence avec le groupe Le Butcherettes, projet principal de Teri Gender Bender, une collaboratrice de longue date d'Omar Rodriguez-Lopez et qui officiait avec lui dans Bosnian Rainbows entre autres.

On m'avait prévenu avant le concert : "attention c'est un peu perché sur scène". Alors oui, c'est vrai. Mais pas que. Accompagnée à la batterie de l'excellente batteuse Alejandra Robles Luna et à la basse de Rikardo Rodriguez Lopez (jeune frère d'Omar), Teri Gender Bender délivre un punk-rock garage, enrobé dans un jeu de scène pour le moins personnel et habité, à coup de gesticulations étranges.

Le côté WTF de la prestation ajoute une dimension à la fois théâtrale et sauvage aux chansons hyper directes et accrocheuses. Du coup j'en suis sorti un peu honteux de n'avoir écouté distraitement que 2/3 extraits juste avant le concert sans n'en avoir rien retenu. La faute est désormais réparée.

Etant totalement novice en matière de Death From Above, qui officiait en tant que seconde première partie, je m'étendrais difficilement sur tous les détails de leur set. Cependant, passé la surprise de leur ENÔÔÔÔRME son de basse, je constate que les quelques titres cools qui accrochent l'attention semblent noyés au milieu du reste, beaucoup moins intéressant. La faute, à ce que j'en ai compris, à une carrière particulièrement éclatée qui a donné des albums schyzophrènes.


Avec un tout petit peu de retard, les lumières s'éteignent enfin tandis que les 5 membres du groupe entrent en scène pour entamer Arcarsenal, qui leur sert d'intro à tous les concerts. Comment les blâmer cependant pour ce manque d'initiative quand l'intro en question est à ce point parfaite, à ce point électrisante et annonciatrice de la furie à venir que ne l'est ce titre légendaire ? Assurément leur meilleure chanson.

Pourtant, dès le démarrage du concert, un détail dérange : si Cedric Bixler-Zavala assure le show comme à son habitude en sautant comme un cabris et en faisant virevolter en toute impunité son lourd pied de micro à quelques centimètres du visage de ses comparses, Omar Rodriguez-Lopez, lui, est complètement léthargique. Pas un sourire, pas un regard, il reste prostré dans son petit coin d'ombre et ne semble pas accorder le moindre intérêt au concert.

Les artistes sont des humains, avec leur jour sans ; mais on peut tout de même légitimement se demander dans quelle mesure on a le droit d'être déçus voire remontés quand un des membres fondateurs d'un groupe affiche à ce point son manque d'envie devant des fans ayant payé 50 balles et parfois attendu 17 ans pour pouvoir le voir. On ne répondra certainement pas ici à la question complexe de ce que nous "doivent" ou pas les artistes en concert, mais force est de constater que la déception et le malaise étaient bien présents.

Pourtant, le reste du concert se déroule plutôt bien : malgré une voix encore plus nasillarde que d'habitude (on apprendra le lendemain que Cedric était fortement malade, raison pour laquelle il s'enfilait visiblement des sortes de capsules de médoc entre les morceaux) et placée trop haut dans le mix, les morceaux anciens comme récents s'enchaînent bien, même si In•ter•a•li•a n'est visiblement vraiment pas au goût de tous.

Malgré une setlist sans surprises (difficile en même temps de faire autrement), quelques moments particulièrement forts viennent même s'insérer au milieu du concert tels que l'enchaînement parfait entre la superbe 198d et la monumental Cosmonaut (assurément leur meilleure chanson), qui vient immédiatement relever le rythme. On est même gâtés par des versions allongées d'Enfilade (qui est déjà assurément leur meilleure chanson) et de Quarantined.

Le remplacement de Jim Ward par Keeley Davis n'affecte même pas tant que ça le show vu la prestation très convaincante de ce dernier. Il s'en est donc fallu de peu pour que cette soirée ne soit non pas un évènenement mémorable mais au moins une réussite ; mais en l'état, avec une de ses deux têtes pensantes faisant à peine acte de présence, on avait simplement l'impression d'assister à la moitié de ce que le concert aurait pu être.

Setlist :

  • Arcarsenal
  • No Wolf Like the Present
  • Pattern Against User
  • Hostage Stamps
  • 198d
  • Cosmonaut
  • Call Broken Arrow
  • Napoleon Solo
  • Pendulum in a Peasant Dress
  • Invalid Litter Dept.
  • Enfilade
  • Holtzclaw
  • Quarantined
  • Governed By Contagions
  • Rappel: One Armed Scissor

Florian Denis (Mars 2018)

Un grand merci à Charles Provost (HIM Media) pour l'accréditation.
Toutes les photos sont visibles ici.

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