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L'Effondras + Stonebirds + Gus Vendetta La Scène Michelet, Nantes, le 21 février 2018

La Scène Michelet, ce lieu associatif pour les jeunes incontournable de l’émergence culturelle Nantaise, a encore sévit en ce 21 février 2018, exposant ici trois formations de qualité, bien ancrées dans la construction sonique à priorité curieuse.

Programmation en semaine oblige, la foule n’est pas d’une extrême densité mais le plateau proposé ce soir est particulièrement bien agencé. Gus Vendetta, responsables Montacutains d’un premier album pondu en 2016, Avant L’Aube, petite beauté Emo Hardcore insoupçonnée, malheureusement acte manqué me concernant, les trains n’étant pas toujours à l’heure en ces temps troublés. Les retours seront globalement positifs, ce qui permet de déculpabiliser un brin en dégustant la bière locale du moment.

Discussions évasives sur ce qui définit concrètement le Metal progressif, ou pas, échanges lucides sur la non-rentabilité de Spotify pour les artistes, avortés par les frappes lourdes des volatiles perchés, perceptibles depuis la terrasse, ce qui provoque un mouvement spontané en direction de l’origine du bruit. Stonebirds est dans la place et diffuse ses belles intentions soniques, extirpés de Into The Fog… And The Filthy Air mais surtout de Time, dernier album en date et pépite incandescente de Sludge étoilé. Les Bretons déroulent et hypnotisent un auditoire majoritairement composé de connaisseurs, remuant de cuirs chevelus frétillants. Un set pénétrant exécuté avec maestria, où le chant clair se montre plus assuré que prévu, voire  subjuguant par instants, porté par une section rythmique écrasante et une guitare aussi grasse que lumineuse, malgré une entame légèrement poussive. Les hostilités se concluront avec le titre Animals, dernier point d’orgue de l’album sus-cité, finissant d’euphoriser la foule meurtrie mais heureuse.



L’Effondras investit les lieux peu de temps après, le public découvre alors une installation lumière simple mais efficace, constituée de deux néons entourant le batteur, ce qui donne une dimension particulièrement mystérieuse au set, les musiciens s’effaçant au service de leur Post-Rock alimenté au blues animal. Les titres des deux albums sortis – en particulier Les Flavescences de 2017 – ne font pas un pli et l’ampleur des compositions s’en trouve décuplée une fois jouées sur scène. L’enchaînement des Rayons de Cendre et Lux Furiosa, puis le somptueux et dense Le Serpentaire en sommet final, cassent des tronches par palettes, laissant des figures émerveillées à la lueur des néons. Enregistrés originellement en prise directe, l’exécution des morceaux ne nécessite aucune modification superflue, et les trois Burgiens de livrer leurs carcasses aux flammes et aux astres. La guitare baryton écrase les boites crâniennes, l’autre six cordes assure ses gammes avec la classe escomptée, pendant que le batteur ne fait plus qu’un avec ses fûts, possédé, comme nous. Il devient alors tout à fait certain que L’Effondras laissera une trace indélébile en ces lieux, à l’image des planches précédemment foulées. Hypnose complète, unanimité de la foule, on peut redescendre doucement dans les affres de la réalité.




On remercie chaleureusement et une nouvelle fois Crumble Fight pour cette date et ce plateau d'exception, composé notamment des coupables de deux des œuvres les plus mieux de l'an dernier, en toute subjectivité. Merci également à Saskia pour ses photos de L'Effondras.


Tang (Mars 2018)

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