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Leprous, Agent Fresco, Alithia, Astrosaur Trabendo, Paris (06/11/2017)

Petit à petit, Leprous se sont imposés comme une référence de la scène metal progressive. La sortie de leur dernier album Malina confirmait le succès des Norvégiens, avec une tournée à guichet fermés sur un bon nombre de dates. Voici ce qui s'est passé à Paris.


Astrosaur

Quand les tourneurs vont-ils comprendre que quatre groupes en une soirée, c'est trop ? M'enfin, il faut bien trouver des gens pour partager les coûts du tour-bus, n'est-ce pas ?
Astrosaur est un trio de musiciens visiblement très accomplis, si on se fie à ce que la sono laisse entendre. Cependant, rien dans les compositions n'accroche l'oreille, ni ne donne envie de taper du pied. Il y a bien quelques riffs façon Meshuggah, mais qui sont autant de coups d'épée dans l'eau.



Quelques passages dans leurs longues compositions instrumentales sont plutôt bien pensés mais ont du mal à créer l'emballement, car trop isolés dans un tout un peu stérile, et cela malgré un son relativement bon. Oubliable.




Alithia

Heureusement Alithia font rapidement comprendre qu'ils ont beaucoup de plus de choses à dire qu'Astrosaur. Cette formation australienne joue un metal progressif extrêmement dense et chargé en ornements, qui font parfois soulever les sourcils, mais la plupart du temps avec une impression positive. Voilà un groupe qui essaye des choses avec ses nombreux musiciens (deux guitaristes, un bassiste, deux claviéristes, une chanteuse et un batteur), que ce soit avec des chants polyphoniques ou des percussions additionnelles jouées par l'un des claviéristes. Ce volcan d'idées en fusion rappelle parfois la folie des regrettés d'Unexpect, à ceci près qu'Alithia évolue dans un registre moins extrême : très peu de growl et d'arrangements aussi agressifs .





A noter que leur chanteuse originale était absente de la tournée à cause d'une blessure, et a été remplacée au pied levée par Marjana Semkina de I Am The Morning, qui assurait l'intérim avec brio. Elle est investie sur scène, et chante très bien ses parties. Encore une fois, nous avons affaire à des musiciens qui sont chacun très accomplis dans la maîtrise de leur instrument. Le seul réel défaut du concert est peut être le son qui n'est pas assez précis pour faire pleinement apprécier tout le spectre des arrangements biscornus d'Alithia. Un concert suffisamment efficace pour inciter à écouter les albums, en tout cas.




Agent Fresco


Ils ont volé la vedette à Coheed and Cambria, brillé en première partie de Katatonia et en tête d’affiche : où vont s’arrêter ces jeunes prodiges islandais d’Agent Fresco ? Les sommets des montagnes de leur pays natal semblent être trop petits pour eux en tout cas. Trêve de bavardage, que dire de leur concert ? Il est maîtrisé de A à Z. Les musiciens sont synchronisés comme quatre horloges atomiques, particulièrement la section rythmique, qui permet au guitariste Þórarinn Guðnason de donner libre cours à son jeu de guitare excentrique et inventif, à mi-chemin entre Fredrik Thordendal et Guy Picciotto (Fugazi).



De son côté, Arnór Dan Arnarson est en bien meilleure forme vocale que lors de leur passage au Klub, il arrive à tenir y compris sur les passages les plus exigeants du set. On notera d’ailleurs l’utilisation d’effets (ou samples ?) dans sa voix à plusieurs reprises pendant le concert. La setlist est nettement axée sur le dernier album d’Agent Fresco, avec tout de même trois titres du premier effort A Long Time Listening.



 Les Islandais en profitent cependant pour nous jouer un extrait de leur nouvel album à paraître en 2018, sans donner de titre. L’écoute révèle une composition dans la droite lignée de Destrier, avec un peu plus de punch dans la guitare cependant. Bref, on aurait beau chercher, il est vraiment difficile de trouver un vrai point noir à ce concert d’Agent Fresco, si ce n’est sa longueur : 50 minutes d’une telle intensité, ça passe bien vite. Heureusement, il y avait Leprous derrière.





Leprous

Pas à pas, Leprous ont gravi les échelons du succès, sans jamais faire défaut à leur public. Enchaînant les concerts complets sur cette tournée, ils n’ont fait que matérialiser la réussite qu’est Malina, un album résolument moins agressif, mais hymnique, avec une fois de plus une ambiance inimitable qui prend aux tripes. La grande nouveauté sur cette tournée était l’ajout de Raphael Weinroth-Browne au violoncelle, une idée brillante mais logique compte-tenu de l’influence très marquée d’Arvo Pärt sur The Congregation et a fortiori sur Malina.



Le concert commence donc sur un virtuose mais très beau solo de violoncelle, qui s’enchaîne sur « Bonneville ». A partir de cet instant, Leprous prennent l’audience à la gorge, et ne les lâcheront plus jusqu’à la dernière seconde du concert. Il y a encore quelques années, Einar Solberg peinait à la voix sur les parties les plus aigües. C’est nettement moins le cas aujourd’hui, du fait qu’il utilise plus sa voix de tête et se concentre sur le chant par rapport aux claviers. C’est un choix pertinent, car cela lui permet aussi d’assurer pleinement un rôle de frontman, qu’il est difficile d’assumer quand on est scotché derrière une paire de synthétiseurs.



Derrière, Baard Kolstad martyrise ses fûts avec toujours plus de toucher et de technique. A chaque tournée, on le voit progresser, jusqu’à se demander quelle sera sa limite haute. Avec son jeu versatile, puissant et inspiré, il donne toute l’assise nécessaire à Leprous pour qu’ils soient implacables sur scène. Il convient également de saluer le travail de l’ingé-son Chris Edrich. L’humble rédacteur de ces lignes a vu Leprous plus de dix fois depuis 2011, et ils n’ont jamais aussi bien sonné depuis qu’ils travaillent avec lui, une impression déjà ressentie lors de leur passage au Bataclan avec Devin Townsend en début d’année. A la guitare, Tor fait toujours des merveilles, en plus d’assurer les chœurs avec justesse, et le petit nouveau Robin Ognedal s’en sort comme un chef en remplacement du talentueux Oystein Landsverk pour jouer les parties mélodiques.



Concernant la setlist, huit titres de Malina sont joués sur onze, il valait donc mieux aimer les nouvelles chansons pour cette tournée. Ceci dit, nous avons tout de même droit au meilleur de The Congregation avec « The Price » et « Rewind », qui sont déjà des nouveaux classiques de Leprous. Certes, le growl n’était pas très audible sur la dernière partie de « Rewind », mais la chanson gardait la majeure partie de son intensité. Bref, Leprous en 2017, c’est une tuerie sur scène, et on n’aurait pas rechigné à prendre un deuxième rappel !

Neredude (Novembre 2017)

Photos : Arnaud Dionisio / © 2017 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

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Commentaires

letatarLe Lundi 20 novembre 2017 à 00H26

Présent à Toulouse, son excellent toute la soirée.
Pas du tout la même impression au sujet des 2 premiers groupes me concernant. J'ai trouvé que la prestation d'Astrosaur était une très bonne entrée en matière, j'ai bien accroché à leur rock instrumental aux touches stoner bien prononcées. Etonné de voir le nom de Meshuggah associé à ce groupe...
En revanche je n'ai quasiment rien retenu d'Alithia, la faute notamment à des lignes de chant bien fades. La musique quant à elle ne m'a procuré aucune émotion.
Ce qui n'est pas le cas d'Agent Fresco, que je ne connaissais pas. Même si certains morceaux m'ont paru trop lumineux pour emporter mon adhésion, dans l'ensemble le groupe combine brillamment inventivité, émotion brute et maîtrise instrumentale. Très bon moment.
Et enfin Leprous, c'était... beau, tout simplement beau à pleurer. Je suppose qu'ils ont amputé "Rewind" de son final afin de préserver la voix d'Einar, dommage pour nous. Très agréablement surpris de voir Raphael Weinroth-Browne les accompagner sur la tournée, le violoncelle a grandement contribué à la beauté de ce concert. A noter qu'il n'y a que 6-7 morceaux sur 14 qui sont joués à chaque date, pour les autres Leprous varie les titres d'un soir à l'autre.