Periphery Connexion Live (Toulouse)

Le Connexion Live semble devenir petit à petit le repère des progueux Toulousains. Moins d'un an après y avoir vu Between The Buried And Me et Protest The Hero, puis Animals As Leaders, et deux jours avant d'y retourner pour voir DGM, c'est une triple dose qui nous attribuée ce soir-là avec Destrage, The Contortionist et Periphery.
Il fait trente-deux degrés ce 24 mai 2017, et on profitera agréablement de la terrasse ombragée entre notre interview avec Jake Bowen (Periphery) et le début des hostilités.
 
Annoncés pour 19h, c'est avec un peu de retard que Destrage commence son set. Les Italiens ouvrent avec Don't Stare At The Edge sans s'encombrer de l'intro qui la précède dans leur excellent dernier album. Directement, l'ambiance est posée : le Mathcore du jeune combo se veut autant fun que progressif, mais surtout, surtout, rentre-dedans comme jamais. A mi-chemin entre Protest The Hero et Every Time I Die, débordant d'énergie, Destrage nous offre une grosse demi-heure folle, à l'image de leur jeu de scène investi et épileptique. Tous leurs titres sonnent comme des tubes, à tel point que la foule reprend quelques punchlines qui reviennent (le "shot zombies in the faaace" de My Green Neighbour, ou les "blah blah blah blah" de... Blah Blah, eh oui), alors qu'on devine pourtant que le public est composé en grande partie de gens qui découvrent le groupe. Énorme claque, pour les néophytes comme pour ceux qui les attendaient.
 
The Contortionist, en revanche, calme carrément le jeu avec un Prog atmosphérique un poil djentisé. L'ensemble fait penser à du Tesseract... en moins bon, largement. Même si on n'entend jamais trop les synthés lors des concerts Metal, celui de The Contortionist récupère haut la main le prix du clavier le moins audible du monde, à se demander si le mec est effectivement branché. Quant à l'ambiance globale, eh bien... Les lumières sont plus sobres, plus froides, et le jeu de scène devient inexistant (et la communication avec les gens aussi). Le chanteur a la désagréable manie de ne pas regarder le public, mais d'être tourné à 90 degrés, montrant soit un profil soit l'autre. Rien de transcendant ne ressortira du set des Américains, et j'entends de ça de là des regrets que les deux premiers groupes n'aient pas inversés leurs positions sur l'affiche et leur temps de jeu...
 
Le changement de plateau semble long, Periphery se fait désirer. Quand les lumières s'éteignent, la foule qui s'était éclaircie pendant le deuxième groupe est à nouveau compacte devant la scène. Le calme mais oppressant A Black Minute ouvre la danse avant que la folie déstructurée typique du groupe ne se déclenche. Après Stranger Things, c'est toute une fournée de titres issus du dernier disque qui est jouée, et la sélection est taillée pour le live : Periphery alterne en effet entre les hits efficaces (The Way The News Goes..., Marigold, Flatline avec sa ligne vocale hypnotique sur la fin) et les brûlots bourrins (Remains Indoor, Prayer Position...). Le son est énorme, massif, minéral. Les trois guitares prennent tout l'espace, et l'absence de basse est palliée par des samples. Moins démonstratif dans leur jeu de scène que Destrage, les Américains occupent néanmoins la place avec aisance, offrant un show agréable. Le groupe s'autorise quelques retours sur Juggernaut, le diptyque sorti début 2015 (The Bad Thing, puis Psychosphere), mais rien d'antérieur ne sera joué jusqu'à la toute fin du set, avec Masamune qui clôturera le concert tout comme elle conclut le deuxième album. Après un bref instant en coulisse, le quintet (puisque sans bassiste) revient sur scène pour interpréter le long final du dernier opus, Lune, tout en subtilité, mélangeant habillement la puissance de feu habituelle de Periphery avec un aspect plus velouté, comme ils l'ont fait dès le début de la soirée avec A Black Minute : la boucle est bouclée...

Zbrlah (Juin 2017)

Merci à Valérie pour l'accréditation, et un coucou particulier aux lecteurs rencontrés sur place : Mathieu et Patrice !

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Commentaires

ZbrlahLe Jeudi 08 juin 2017 à 13H23

"ça déboite The Contortionist hein"

wow le niveau d'analyse ;-)

ketwiLe Mardi 06 juin 2017 à 09H44

"L'ensemble fait penser à du Tesseract... en moins bon, largement."

wow le niveau d analyse
ça déboite The Contortionist hein

slaughtearLe Vendredi 02 juin 2017 à 21H11

Oui, il s'est niqué la voix en plein milieu du concert. Je suis d'ailleurs dégoûté qu'ils n'aient pas joué le rappel prévu à la fin de la setlist alors qu'ils ont fait la moitié du concert en instrumental sans problème... Sinon, je suis pas d'accord avec le chroniqueur avec The Contortionist, en live ça déboîte. Et leur musique introspective explique l'absence de communication et la discretion du clavier. Perso, j'ai trouvé The Contortionist presque meilleur que Periphery, pour le coup. Enfin, les goûts et les couleurs...

baktouiLe Vendredi 02 juin 2017 à 17H19

aucune news sur le show au Ferrailleur avec le départ à mi-set du chanteur?
Problème de voix pour Spencer Sotelo?