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DesertFest London 2017 Camden - London

Il y a des festivals qui combinent excellente programmation, grosse ambiance, et environnement parfaitement adéquat : l’édition 2017 du DesertFest London est de ceux-là. Nous y étions cette année encore pour 3 jours mettant à l’honneur Stoner, Doom et Sludge pour le plus grand plaisir de nos tympans.
Organisé chaque année durant le dernier week-end d’avril en plein cœur du mythique quartier Camden Town, haut-lieu des cultures alternatives (du moins à l’époque) où se croisent rockeurs, punks, gothiques ou mecs en costard, le DesertFest London propose chaque année un florilège de grands noms mais également de groupes – souvent britanniques – en plein essor. Morceaux choisis :


Day 1

A peine le temps de choper son pass et d’engloutir une pinte au Black Heart – le point central du DesertFest London – que Grave Lines fait trembler les murs de l’Underworld, salle à la configuration peu orthodoxe mais bougrement chaleureuse. Le quatuor londonien nous salit d’entrée le visage avec son Doom/Sludge torturé. Nous voilà mis en condition pour ce week-end de la meilleure des manières. Un petit détour à l’auberge ensuite pour déposer sacs et répondre à quelques mails urgents, direction l’Electric Ballroom – la plus grosse salle du festival en excluant la Roundhouse du dimanche – pour le set Stoner/Doom de 1000mods, puisque Death Alley a malheureusement annulé sa venue. Les grecs sont sur toutes les lèvres en ce moment et la qualité de leur prestation live n’enlève rien à leur mérite, d’ailleurs le public ne s’y trompe pas. S’ensuit le set de nos français de Glowsun dans la même salle, en lieu et place de Stoned Jesus, et on ne boude pas notre plaisir de voir le trio nous envelopper de riffs aériens entrecoupés de coups de massue bien placés. Un set certes sans surprise mais toujours diablement efficace !


De retour à l’Underworld pour Vodun, autre sensation du moment. Alliant Fuzz et Afro-Psych, le trio ne peut laisser personne indifférent. Si leur dernier album Possession est une petite merveille, leur prestation live ne fait que le sublimer. Impossible ensuite d’approcher de près ou de loin du set de Steak, le groupe local par excellence, mais qu’importe ce n’est ni la première ni la dernière fois que nous les verrons à l’affiche ! Direction donc l’Electric Ballroom pour le retour très attendu des suédois de Lowrider. Avec pour le moment un seul album au compteur sorti en 2000 (!), le groupe fondé dans les 90s est passé maître dans l’art de se faire attendre, et si leur jeu est propre et maîtrisé sur scène et qu’ils officient devant une salle chauffée à blanc, l’ensemble est pourtant sans surprise et ne nous transcende pas plus que ça. Une petite déception donc. La journée se clôture sur le live quasi-exclusif du père Garcia sous la bannière Slo Burn, mené d’une main de maître du début à la fin devant un public en folie. On a hâte de revoir ça au Hellfest ! Direction le Black Heart pour un petit after bien mérité…

Day 2

Mise en jambe parfaite à l’Underworld avec Monolithian, duo basse/batterie Sludge bien lourd et bien gras, une chouette découverte ! Monsieur nous noie sous une Fuzz dégoulinante pendant que Madame nous pilonne littéralement sous les coups de boutoirs portés à sa batterie. Impressive, comme ils disent outre-Manche. Nos copains de Gurt croisés un peu plus tôt nous ayant convaincus d’aller voir Brume, nous restons dans la salle, et le choix fut le bon ! Entre un Mammoth Weed Wizard Bastard et un Windhand, le combo pratique le Doom à la voix féminine délicate et envoûtante. Petit détour rapide au Black Heart pour Iron Witch et leur Sludge crasseux. Malgré quelques problèmes d’accordages d’un des guitaristes mettant un peu à mal le début du set, leur son et la qualité des compositions prennent le dessus, et la salle se remplit rapidement jusqu’à l’étouffement. Place ensuite au Post Hardcore de Celeste à l'Underworld. Si c’est quasiment une surprise de voir ce style programmé ici, c’est pour nous un énorme régal que de voir les français mettre nos cervicales à sac dans la pénombre. Une des grosses claques de la journée, la deuxième arrivant juste derrière avec Inter Arma. Nous étions une semaine plus tôt au Roadburn où les américains avaient clôturé la journée du dimanche avec un set de furieux, c’était donc avec une grande impatience que nous attendions le match retour dans l’Underworld. Et quel pied ! Le groupe marie à merveille les blasts Black Metal évoluant vers des envolées quasi-floydiennes grâce à une qualité de composition digne d’un travail d’orfèvre et d’atmosphères passant de la lourdeur monolithique au trip interstellaire… Il nous tarde de les revoir, c’est clairement un groupe à ne pas rater en ce moment tellement leur set est bluffant.


Ayant besoin d’un peu de temps pour se remettre, pas de John Garcia ensuite, d’autant plus qu’on l’accueillait quelques jours après à Nantes sur une soirée Stoned Orgies. Puis gros coup de malchance (et de mauvais timing), impossible d’entrer au Black Heart pour le set de Mammoth Weed Wizard Bastard puis dans l’Underworld pour le premier set de Bongzilla. Un poil déçus mais qu’importe, direction l’Electric Ballroom pour Turbonegro. Dans une ambiance de kermesse, le groupe est clairement là pour nous faire passer un bon moment, et ça fonctionne. Speechs burlesques, attitudes sur-jouées, soli de guitar-hero, toute la panoplie est là et le public reprend à tue-tête toutes les paroles dans une sorte de transe collective. Le groupe se paye le luxe de faire un rappel sur The Age of Pamparius, un des morceaux phare de leur discographie. Rapide retour à l’Underworld ensuite pour les dernières minutes du set de Bongzilla, c’est gras, c’est un peu décousu, mais ça fonctionne toujours. On a hâte de voir ça en entier demain dans l’énorme salle qu’est le Roundhouse ! Comme la veille, l’after se passe dans un Black Heart surblindé…

Day 3

Troisième et dernier jour, avec des premières notes sympathiques de Venomous Maximus, groupe à revenir explorer plus tard, avant de foncer à plusieurs centaines de mètres de là dans le joyau du week-end. Exit l’Electric Ballroom, welcome la Roundhouse : superbe salle – ronde comme son nom l’indique – avec un système son qui nous laissera pantois. Le set de Bongzilla est un régal : dévastateur, très loin des cafouillages de la veille, les quatre gaillards nous roulent littéralement sur la tronche, avec une batterie au son monstrueux. On sort de la salle en pensant au set de Sleep du soir, sachant désormais qu’il sera anthologique. Bon par contre, l’éloignement de la salle du cœur de Camden jouera sur le reste de la journée : pas de Saint Vitus et de Candlemass pour nous. Mais c’est du déjà vu, donc aucun regret. Surtout que Boss Keloid se chargera de retourner un Black Heart bondé. Leur dernier album développant un Sludge atypique est extrêmement bien noté dans nos pages, et que dire de leur live… C’est maîtrisé, énergique, et surtout frais avec un chanteur qui utilise sa voix comme un instrument, notamment grâce à quelques pédales d’effet actionnées en live. Puis arrivent Chubby Thunderous Bad Kush Masters (ou Chub' / Bad Kush pour les intimes) et leur Stoner ultra-groovy. Les trois anglais sont affublés de tie dye shirts et de corpse paint à mille lieux des standards du genre, mais dès qu’ils se mettent à jouer, place aux riffs nourris à la Fuzz grassouillette à souhait ! Un groupe à suivre assurément, au même titre que leurs compères de Boss Keloid. Mais voilà déjà la fin de la journée, avec le tant attendu concert d’1h30 de Sleep. On retourne à la Roundhouse fissa pour se positionner confortablement à l’étage sur des sièges moelleux (oui, le confort c’est important pour l’écoute d’un tel monument). Et là, c’est l’extase. Murailles d’amplis, son absolument parfait et d’une puissance à réveiller les damnés… Cisneros et Pike savent qu’ils sont en train de donner un concert mythique comme on en voit peu, et nous gratifient d’une set-list à faire pâlir les absents : Holy Mountain, Sonic Titan, The Clarity, Dragonaut,  Aquarian, Antarcticans Thawed, From Beyond et pour finir la fin de Dopesmoker avec Cultivator/Improved Morris. Fin sur un larsen, London's Burning n’est plus qu’un euphémisme, et on peut rentrer se coucher, il n’arrivera rien d’aussi excitant ce soir. A part peut-être le fait de boire une pinte complètement par hasard aux côtés de Matt Pike au Devonshire Arms, petit bar de Camden. A l’année prochaine Londres et merci, car toi seule sait nous faire transpirer le rock’n roll de cette manière !

VinZ (Mai 2017)

Un grand merci aux équipes du DesertFest pour leur travail, et plus spécifiquement à Sakira/Claire pour l’accréditation. 

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