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Alcest + Mono + Syndrome Maroquinerie, Paris (8/11/2016)

Retrouver Alcest et Mono sur la même affiche ressemblait à un doux rêve pour tout aficionado du genre. Ces deux groupes ont en effet des atomes crochus, que cela soit purement au niveau de la musique comme dans leur approche de la scène : fragile et aérienne. Avec Syndrome en apéritif, c'était le triplé gagnant !

Syndrome

Les exactions ambiant/drone du guitariste d'Amenra Mathieu Vandervocke semblaient idéales pour une mise en bouche d'un concert en double tête d'affiche de Mono et Alcest. Le belge revient cette année avec un nouvel album intitulé Forever and a Day, dont la durée laissait présager qu'il nous le jouerait en entier.



Pour opérer, Syndrome tisse des lignes de guitare claire minimalistes et immersives. Les boucles s'enchaînent et se superposent avec un effet hypnotisant. Ce dernier album est de fait beaucoup plus axé sur cet élément que les précédents. Ceci dit, on reconnaît les parties ambiant/drone qui sont entendues dans Amenra, avec une gestion habile du crescendo. Comme on pouvait s'y attendre de la part du guitariste du groupe qui accorde tant d'importance à l'image, de superbes vidéos sont projetées sur un écran derrière le musicien. Le ton des couleur est axé sur un bleu assez clair et profond, en contraste net avec les thèmes sombres qui sont abordés dans la musique.
Au milieu de la performance, Mathieu s'essaye au chant, qu'on sent assez incertain et fragile. Il faut dire que c'est, sauf erreur, son premier essai en la matière. Le style vocal est clairement dans la même lignée que ce que font Scott Kelly et Steve Von Till dans leurs projets solos, ce qui n'est guère surprenant compte tenu du lien de parenté entre Neurosis et Amenra. En bref, une performance humble et intimiste, propice à l'introspection. Néanmoins, il n'est pas certain que Mathieu aurait réussi à capter l'attention plus d'une demi-heure.


Mono

Les Japonais montent sur scène au son de la sonate au claire de lune de Beethoven, un fait annonciateur de leur performance toute en émotion et en délicatesse. Ils commencent le set avec un classique de leur discographie : "Ashes in The Snow". Ce morceau est symptomatique de Mono, avec un sens de la dynamique admirablement géré par les deux guitaristes. Ironiquement, les sonorités développées sur ce titre ne sont pas étrangères à Alcest, particulièrement sur Shelter. Le son est vraiment excellent, même s'il met trop en avant la basse de Tamaki Kunishi. Pour le reste, les guitares sont parfaitement audibles, et c'est bien le plus important quand on parle de Mono. Vient ensuite "Death in Rebirth", tiré de leur semi-escroquerie de nouvel album Requiem For Hell.
(NDLR : Constitué de cinq titres, les morceaux "Death in Rebirth" et "Stellar" sont en fait un découpage identique de "Death in Reverse", la chanson présente sur le split avec The Ocean.)



Côté Mono, rien de bien nouveau à l'ouest avec une composition qui reste ancrée dans les standards proposés par le groupe depuis longtemps. Dans le fond, le titre est une vraie réussite et passe admirablement bien sur scène, que demande le peuple ? Scéniquement, la bassiste est de fait le centre d'attention puisque les autres membres jouent assis. Cette dernière se met parfois au piano, ou fait des duos de glockenspiel avec le batteur, venant ajouter des variations plus qu'appréciables à la formule.



 De fait, il n'y a pas grand chose à reprocher aux Japonais sur la forme : la performance est d'un professionnalisme qui impressionne, qui est en partie expliqué par leur rythme de tournée plus que soutenu ! (NDLR : Mono ont joué 15 fois à Paris en 13 ans !) Le concert aurait pu être parfait de A à Z s'il n'y avait pas eu cet ultime titre "Requiem for Hell", qui semblait ici de trop car nettement moins efficace, notamment à cause de ses parties bruitistes pas vraiment convaincantes. Une belle réussite malgré tout !


Alcest

C'est maintenant au tour des Français de prendre place sur scène, alors que le sample de "Onyx" se fait entendre dans la sono. La formation entame son set avec "Kodama", une des belles réussites du nouvel album avec quelques phrasés de guitare bien originaux. Tout irait pour le mieux si ce début de concert n'avait pas été marqué par un son vraiment décevant. En effet, les basses sont trop en avant, faisant que la cinq cordes d'Indria et la grosse caisse de Winterhalter sont trop en avant et couvrent le reste. Heureusement, les guitares restent bien définies, mais il faut tendre l'oreille pour arriver à entendre le chant, particulièrement celui de Zero. Suivant la logique de la nouvelle sortie, c'est Kodama qui se taille la part du lion dans la setlist avec quatre titres joués sur six.



C'est une bonne nouvelle sachant que l'album est plutôt bon, et qu'il passe avec succès le cap de la scène. On a donc le plaisir d'entendre plus de chansons avec le cri caractéristique de Neige, qui a contribué à le rendre célèbre. Pour le reste, le programme est réparti entre les très (trop ?) classiques extraits d'Ecailles de Lune et Les Voyages de l'Âme et, surprise, le choix de "l'Eveil des Muses" plutôt que le single de Shelter, "Opale". La pause délicate est aérienne que constitue cette chanson est bien sûr bienvenue, d'autant qu'elle permet d'enfin entendre Alcest avec un son pleinement satisfaisant ce soir.



Au niveau de l'interprétation, comme Alcest y a habitué son public depuis plusieurs années, c'est très bien joué. La section rythmique constituée par Winterhalter et Indria est précise, pêchue, alors que Neige et Zero parviennent toujours à reproduire le son signature d'Alcest sur scène.



En soi, il y a donc peu de reproches à faire au groupe musicalement parlant. Les fans de la première heure auront cependant regretté l'absence de titres de Souvenirs d'un Autre Monde. La faute au set raccourci induit par la tête d'affiche partagée avec Mono, qui impliquait un choix de la part du groupe.  Non, les vrais points d'amélioration sont techniques : il est décidément rare d'entendre Alcest avec un bon son, et c'est bien dommage pour un groupe qui a construit sa musique et sa réputation sur une signature sonore unique.  Un bon concert donc, mais qui aurait pu donner nettement plus. Peut être que la formation fera mieux sur sa prochaine copie avec une vraie tournée en tête d'affiche !


Neredude (Novembre 2016)

Photos : Arnaud Dionisio / © 2016 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

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