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Cult Of Luna & Julie Christmas (+ Sinistro) De Kreun, Courtrai (Belgique), le 4 novembre 2016

"Mariner was never supposed to be played live..." Aussi soudainement que l’avait été l’album, au tout début de l’été, une tournée événement fut annoncée par les protagonistes de cette collaboration. Atypique dans son format (seulement cinq dates) cette tournée l’est également dans la sélection des villes hôte : Stockholm mis à part, le choix de Lausanne, Courtrai, Leeds et Athènes a de quoi surprendre. C’est donc au De Kreun, salle de capacité moyenne mais de grande qualité, qu’en ce vendredi 4 novembre font donc étape Cult Of Luna et Julie Christmas.



Pour les avoir déjà croisés quelques mois plus tôt lors du Roadburn, c’est un peu en traînant les pieds que nous assistâmes au set de Sinistro. Si la partie instrumentale de la musique des Portugais n’est, sans être particulièrement remarquable, pas désagréable, c’est avant tout le jeu de scène de leur chanteuse ou plutôt de leur cantatrice,  Patrícia Andrade, qui est singulièrement dérangeant. Actrice de formation, celle-ci sur-joue son rôle de fille possédée, multipliant les moues et les poses dénudées de naturel.  L’insupportable (en tout cas pour ma part) est atteint quand, après nous avoir infligés des hurlements de nourrisson, elle se lance dans un dialogue avec elle-même, en mode « Commedia dell’arte » schizophrénique.



Après une assez longue coupure, les lumières s’éteignent enfin et les premières notes de A Greater Call se font entendre alors que les six membres de Cult Of Luna investissent la scène, bientôt rejoints par Julie Christmas. En plein contrôle de leur art, les Suédois impressionnent encore une fois par la maîtrise totale de leur prestation, aussi bien sonore que visuelle. Quiconque a déjà assisté à l’une de leur performance aura gardé en mémoire le soin pris à délivrer une performance totale et sensorielle, les éclairages étant minutieusement réfléchis pour correspondre exactement aux rythmes et ambiances sonores.
Comme pour définitivement acter que ce ne sont pas les personnalités mais le collectif qui est à l’honneur de cette tournée, aucun visage ne sera clairement visible pendant l’intégralité du set. Eclairés par derrière, seules des ombres chinoises nous seront données à voir. Autre élément graphique saillant, une longue barre lumineuse horizontale, histoire peut-être de marquer la rupture par rapport à leur précédent LP, qui vient puissamment ponctuer les morceaux. Pour en finir sur la partie visuelle de la performance, les jeux de couleurs impressionnent tant ils recréent à la perfection l’ambiance des différentes versions des pochettes de Mariner.
Côté son, si la greffe avec Julie Christmas prend parfaitement (on pourra simplement regretter la surabondance d’effets et notamment de réverbération qui dénature un peu la beauté de son chant), un des éléments marquant est la part prise par les sonorités électroniques. Présents depuis longtemps et renforcés sur Vertikal, les synthès prennent en live un volume encore plus grand, renforçant le contraste avec la distorsion et les cris de Johannes Persson. Respectant l’ordre de l’album, le collectif nous fait voyager au grès des multiples atmosphères de Mariner, passant du dynamique et possédé The Wreck of S.S. Needle à l’aérien Approching Transition qui se voit rallongé d’un jam développé autour d’un frénétique jeu de batterie. Le concert se clôture sur l’énorme Cygnus qui prend toute sa dimension et s’achève sur une hypersaturation des sens, distorsions, cris entremêlés de Johannes et Julie et stroboscopes s’alliant de façon hypnotique.

Un peu sadiques, les Suédois essayeront bien de faire croire à quelques naïfs un retour sur scène mais les notes de Beyond the Redshift seront bien les dernières qui nous seront données à entendre ce soir. Au final, ce voyage n’aura duré qu’une grosse heure mais peut-on regretter que cette tournée événement ne se limite qu’à sa raison d’être ? Ce n'est en tout cas pas mon cas.

rwn (Novembre 2016)


Crédit photo : Manu Wino (Site Web // Facebook) - (galerie complète)

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