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Obituary et Exodus, le 22/10/2016 Lille, l'Aéronef

Le 22 octobre dernier, le Battle Of The Bays Tour faisait une halte par la capitale des Flandres. C’est à l’Aéronef que se sont donnés rendez-vous deux poids lourds du Metal : Obituary et Exodus qui seront accompagnés dans cette tournée européenne par les légendaires Prong et les Australiens de King Parrot. Comme bien souvent à Lille pour ce genre d’événement la salle est quasiment pleine, l’ambiance festive, l’assistance mixte (dans tous les sens du terme), nous sommes tous certains de passer une grosse soirée. 


C’est à King Parrot que revient la difficile tâche de lancer les hostilités. Il n’est jamais évident d’ouvrir ce genre de soirée et visiblement ça ne perturbe absolument pas les Australiens qui se lâchent sans tour de chauffe. Il faut dire que leur Death / Grind teinté Punk aide bien pour entrer directement dans l’ambiance. Sans fioritures King Parrot enchaine les titres de ses deux albums à ce jour (Bit Your Head Off et Dead Set) sans se poser de questions. Emmener par un frontman ultra chaud qui pose fièrement torse nu et arrose copieusement les premiers rangs avec des bouteilles d’eau (j’en ai d’ailleurs pris une pleine rasade dans la tronche) les Australiens assurent un show loin d’être si potache. Si aux premiers abords ils semblent être une bande de joyeux drilles, ils exécutent leur morceaux avec beaucoup d’intensités et de sérieux. Chacun y met du sien et donne tout ce qu’il a devant un public encore un peu sage mais qui commence doucement à se réveiller. Pas vraiment pudique Matt Young nous fera même l’honneur à plusieurs reprises de nous monter son arrière-train, à défaut d’être beau, il faut avouer que c’est assez drôle. Un son vraiment bon, une énergie débordante, King Parrot à fait le job et même un peu plus, la prestation ne restera pas gravée dans les anales mais c’était clairement agréable pour lancer la soirée. 

La grande surprise de ce Battle Of The Bays Tour c’est quand même la présence de Prong. Un combo Death / Thrash avec Obituary et Exodus pourquoi pas, mais voir Prong sur l’affiche, il faut avouer que c’est assez surprenant. Bien qu’extrêmement connue depuis le début des années 90, la bande de Tommy Victor évolue dans un style qu’on qualifierait plus volontiers proche de l’Indus ou du Groove Metal. Toujours est-il que nous n’allons pas bouder notre plaisir, qui les a déjà vus sur scène et en salle qui plus est, sait que Prong en concert c’est énorme. C’est relativement confiants et impatients que nous les attendons et il ne faut pas longtemps pour constater que leur réputation n’est pas usurpée. À trois, les gaillards en imposent bien plus que bien des groupes à cinq ou à six. Tommy Victor possède un charisme incroyable, ce n’est pas faire injure à ses compères que de dire que tous les regards se fixent sur lui. Un son propre et rentre dedans, une attitude on ne peut plus pro, Prong régale littéralement en piochant dans sa riche discographie pour nous en mettre plein les oreilles et les mirettes : Eternal Heat, For Dear Life, Beg To Differ, les Américains font le show. Un show malheureusement un peu tronqué par des lights violentes, du vert, du rouge, du violet, du jaune bien puissant pour éclairer la scène, le travail des photographes sera difficile pour retoucher tout ça et pour le public c’est un peu aveuglant. Du reste, à voir comment la foule bouge, ces lights n’ont pas gênées pour l’essentiel : s’amuser ! Prong aura réalisé une perf superbe. Le petit plus super sympa c’est de voir Tommy Victor au stand de merch moins de 10 minutes après la fin du set poser avec les fans et discuter un peu. Ce dernier encore en sueur n’avait pourtant pas marteler durant le concert le fameux « on se retrouve au stand de merch après, on a des tee-shirts, des CD’s, des patchs, de la lessive, du dentifrice et des semelles orthopédiques ». Non, Tommy Victor est venu simplement rencontrer son public qui était plus que ravi. Chapeau Monsieur. 

La soirée est déjà à mi-parcours et sincèrement jusqu’ici c’est un succès. C’est maintenant à Exodus de venir nous chauffer les esgourdes et le nombre de vestes à patch laisse supposer que dans la salle de l’Aéronef, il y a du Thrasheurs ! Plus de 30 ans de carrière, un discographie épaisse comme un annuaire, on se doute bien que les gaillards sont expérimentés au possible et que ça va être chaud dans le pit. C’est un vrai medley que propose ce soir Exodus à ses fans entre les titres de Blood In, Blood Out, son dernier opus (2014) et des morceaux plus anciens, ceux qui ont fait leur réputation comme Bonded By Blood et And Then There Were None. Ça remue dans tous les sens dans la fosse, les slammeurs s’en donnent à coeur joie, franchement : c’est l’éclate. Saluons le service de sécurité qui est super prompt et vigilant sans être agressif. Contrairement à King Parrot et Prong, Exodus communique fréquemment entre les titres, c’est évidemment par la voix de leur frontman, le culte Steve Souza que tout passe. Il est visiblement content d’être à Lille, il nous a répété au moins cinq fois que ça faisait 31 ans que le groupe n’était pas venu rencontrer son public du Nord de la France. Nous aussi on est content de le voir ! On aurait aussi aimé voir Gary Holt, mais le guitariste de Slayer n’a pas fait le déplacement. Il y a fort à parier que prochainement Holt et Exodus officialiseront bientôt leur séparation. Pour autant son remplaçant, Kragen Lum, donne le change merveilleusement. Le tour de piste s’achève sur l’indémodable Toxic Waltz, quelle claque en live, il est impossible de ne pas hurler le refrain, impossible. On notera aussi l’excellent gout vestimentaire de la paire de guitariste d’Exodus, l’un arborant fièrement un tee-shirt « I Am Charlie », l’autre « Fuck Isis ».

C’est à présent à l’un des monstres sacrés du Death Metal de nous coller un tampon, et on l’espère violent. Troisième passage français pour Obituary en un peu plus d’un an, après le Gohelle Fest, le Deathcrusher Tour avec Carcass, Napalm Death et Voivod. Avec les Floridiens c’est un peu toujours la même façon procéder, mais difficile de s’en lasser. Ils installent une lourdeur apocalyptique puis accélèrent le tempo au gré des titres proposés. C’est carré, ultra travaillé, rien ne dépasse, c’est pro à souhait. Obituary c’est une valeur-sûre, le son est extrêmement bon, les lights toujours aussi déguelasses, mas qu’est-ce que c’est bon. Du classique en veux-tu en voilà : Chopped In Half, Dying, le génialisime Don’t Care, c’est une pure démonstration que propose le groupe. Alors évidemment, ça bouge moins que pendant Exodus, mais nous avons à faire à deux styles totalement opposés, le tampon n’est pas le même, mais il est bien violent, comme on l’espérait. Quelques titres de Inked in Blood sont aussi joués comme Vision in My Head et Centuries Of Lies ainsi qu’un inédit, Loathe, extrait de leur dernière sortie, en Thousand Ways To Die. Un concert d’Obituary n’en serait pas un sans le fameux Slowy We Rot, dès les premières notes c’est l’effervescence, quoi de mieux pour terminer ? Rien. 

A Jeter Prom et Garmonbozia nous aurons gâté avec cette affiche. Si on repart avec les oreilles qui sifflent un peu, tout le monde aura passé une super bonne soirée. On remet ça quand vous voulez.

Shades of God (Novembre 2016)

Crédits Photos : Raphaël Meert pour Hard Force.

Remerciements : A Jeter Prom, Garmonbozia, la salle de l’Aéronef

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