MetalDays 2016 - Part 1 Tolmin, Slovénie

Aux dires de beaucoup, cette année la programmation n’avait rien d’exceptionnelle par rapport aux précédentes ou à celles des dernières éditions du MetalCamp, son ancêtre. Mais là n’était pas le plus important, paradoxalement. Car à peine je commençais à attendre le bus au départ de Paris, Robin, un festivalier, m’annonce : “le MetalDays, c’est le festival où tu espères qu’il y aura le moins de groupes qui t’intéressent, car tu auras trop la flemme et tu préféreras passer ton temps à glander à la plage et à boire”.



Après un voyage de vingt-cinq heures, épique mais sans encombre et sans que personne ne soit oublié sur une aire d’autoroute. Après avoir souffert pendant autant de temps la musique des deux chauffeurs (entre pop et musique traditionnelle slovène, un vrai supplice), l’arrivée en Slovénie pose assez rapidement le décor dès que l’on commence l’ascension de la petite route de montagne, qui longe la rivière Soca (à prononcer Sotcha), dans laquelle on s’imagine déjà en train de tremper son cul !

Le car nous dépose tout en bas de Tolmin, sur un terrain en terre battue. L’entrée du parking et du camping festivalier est à quelque pas, ainsi que le magasin Hofer (un supermarché discount partenaire du festival) où tout le monde viendra se réapprovisionner en bières. C’est une autre paire de manche pour le camping VIP, situé tout en haut du site du festival, sur la colline qui surplombe la mainstage : il faut remonter la moitié de la ville chargé comme une mule. Une fois la tente plantée à l’ombre et les affaires rangées, que faire alors qu’il est dimanche après-midi et que les concerts ne commencent que 24h plus tard ? Allez voir à quoi ressemble la plage. Et là... Une eau limpide couleur menthe à l’eau et presque glaciale (de 5 à 9° pour la Tolminka, 9 à 12° pour la Soca ; ces 2 rivières confluent au niveau de la main beach, alors qu’à la second beach il n’y passe que la Soca). Ce sont des plages de galets, donc attention au mal au cul/au dos en cas de sieste/bronzage et mal aux pieds en cas de baignade (investir dans des chaussures de rando en rivière à 5 balles chez Decathlon peut s’avérer judicieux !). La température de l’eau est vraiment, vraiment saisissante, surtout au niveau des articulations, mais qu’est-ce que ça fait du bien. Car dès que le soleil pointe son nez, ça ne pardonne pas, il fait très chaud. Même à 2h du matin, il fait encore bon et il est facile de se balader en t-shirt sans se les cailler (ce qui n’est pas le cas pour tous les festivals). Même lorsqu’il pleut dans la journée (ce qui est arrivé, malheureusement, tous les jours), tu finis toujours par sécher naturellement avant le coucher du soleil.



Alors que les concerts ne commenceront que le lendemain, le site est déjà entièrement accessible, ce qui est pratique pour commencer à se familiariser avec les lieux. il y a deux scènes (il y en aura trois pour l’édition 2017), une située perpendiculairement à une colline (la mainstage), l’autre au milieu d’arbres, à l’ombre. Entre ces deux scènes, un gros bâtiment qui pourrait paraître désaffecté mais qui sert de bureau à l’orga et de loges aux artistes. Même pas cinq minutes à pied séparent ces deux scènes, mais sans aucune nuisances sonores de l’une sur l’autre (car oui, les concerts ont souvent lieu en même temps). Ensuite, une bonne nuit (dans le brouhaha lointain des festivaliers) de sommeil s’imposait.

lundi 25 juillet
Lorsque l’on ne fait pas la fête jusqu’au bout de la nuit, on a tendance à se lever tôt. Le MetalDays a pensé à ces personnes là. Non seulement le site est accessible dès potron-minet mais en plus des activités sont prévues en matinée sur la main beach : yoga et fitness Metal (pour les plus vaillants ! les montées de genoux sur du Manowar, ça calme). Profiter des plages pas encore saturées à cette heure-ci deviendra un rituel, avant d’aller manger une pizza cuite sur pierre sur place (chez Avalon) et d’attendre le début des concerts.

C’est à Zix que revient l’insigne honneur d’ouvrir le festival sur la mainstage. En provenance du Liban, le groupe propose un heavy assez classique mais un manque de justesse dans le chant de leur chanteuse rendra leur prestation un peu pénible sur la longueur. Drakum mettra la barre nettement plus haut, proposant un Pagan/Folk Metal de qualité, puisqu’à huit sur scène, ce sont de vrais musiciens qui jouent violon, flûte, biniou et claviers et pas simplement l’ingé-son qui passe une bande. Les Espagnols arrivent à mettre le feu parmi le public, malgré le peu de monde devant la scène : Il est 15 heures et trop de monde est encore à la plage ou en train de cuver. C’est à ce moment précis que le ciel décide de nous saucer pour la première fois de la semaine et ce fut assez violent, avec un éclair qui est tombé à peine 20 mètres derrière la mainstage. De quoi rendre la fin du set de Drakum complètement dantesque ! Deserted Fear puis Hackeneyed profiteront d’une éclaircie quelques minutes après pour essorer et faire sécher avec leur Death Metal un public qui croît progressivement.



La première journée se résumera à un camping devant la mainstage. Orphaned Land et son message de paix seront bien accueillis par les festivaliers. Kobi se sera mis bien à l’aise en tunique et pieds nus, tel un messie. Leur Metal Progressif et éthnique tranchera complètement après la double, quasi triple, couche de Death que l’on s’était mangé. Accalmie de courte durée avant que Fleshgod Apocalypse ne prenne possession de la scène et ne plonge les festivaliers dans son ambiance Renaissance goth avec leurs tenues et leur musique. Impressionnant est le moins que l’on puisse dire, leur prestation est complètement maîtrisée, le piano sonne terriblement bien et le groupe propose une large sélection de nouvelles chansons issues de son dernier album King avant de terminer sur The Forsaking. Puis c’est au tour des darons de Sacred Reich, en pleine tournée des festivals, de nous rappeler à leur bon souvenir. Après avoir appris de la bouche même de Phil Rind quelques minutes plus tôt (notre interview) qu’il n’y avait plus à espérer un nouvel album du groupe et qu’il n’écoutait même plus de Metal, c’est avec étonnement qu’on le voit avoiner sur scène avec ses trois compères, sourires aux lèvres. C’est vrai, après tout, pourquoi s’emmerder à faire un nouvel album alors qu’on a déjà en stock autant de pépites. Tous les classiques du groupe seront joués, devant un public conquis : The American Way, Crimes Against Humanity, Death Squad, Ignorance, Independant… Ces chansons ont beau avoir 20 ans et plus, elles sont complètement actuelles et dépeignent parfaitement notre époque troublée. Ce qui ne nous empêchera pas de prendre notre pied devant un des piliers du Thrash US que l’on peut remercier de continuer à faire résonner sa musique.



La fatigue gagnant - à moins que ce ne soit le contrecoup du délicieux “hemppy burger” au steak de chanvre ingéré quelques minutes plus tôt - c’est la queue entre les jambes que l’on se dirigera vers le camping. Mais avec la tente installée pile à l’aplomb de l’arrière de la mainstage, Dark Funeral nous servira de berceuse (le son semblait vraiment fat). Cependant le marchand de sable aura fait son entrée avant celle de Testament, dont nous n’aurons de très bons échos que le lendemain matin.



Mardi 26 juillet
On prend les mêmes et on recommence. Enfin, pas les mêmes groupes. Après avoir fait trempette dans la Soca, direction la mainstage pour découvrir le groupe de Thrash slovène Eruption, classique mais efficace. La pluie repointe le bout de son nez avant de se calmer. L’occasion d’aller voir comment se passe les choses devant la second stage pour Howling In The Fog, un one-man band de Black Metal Ambient en provenance d’Italie. Accompagné d’un guitariste et d’un batteur pour l’occasion, le leader du groupe semble très ému de jouer ici et quelques légers problèmes techniques viendront lui compliquer la tâche. À la différence de la mainstage, la second stage se trouve en plein milieu du flot de circulation des festivaliers en qui font le va-et-vient entre la main beach et la second beach après avoir descendu la rivière en bouée, ce qui permet à cette scène d’attirer plus de public de passage. La fin du set des italiens se conclut donc devant une beau parterre de curieux. Un petit sprint s’impose ensuite pour aller découvrir Gloryhammer sur la mainstage. Et il ne fallait pas être en retard, malheureusement. Le public accueille le groupe, tous en costume, en gueulant “hoots, hoots, hoots”. “Bonjour, nous sommes Gloryhammer et nous venons de l’Espace !”. Leur Heavy-Metal déconnant est exactement ce qu’il fallait en plein après-midi pour motiver les troupes, avec surement la plus forte affluence de la semaine pour cet horaire encore presque matinal (15h45). Sur Legend Of The Astral Hammer, la mise en scène hilarante fait mouche mais la pluie commence à reprendre et se transforme en déluge sur Hail To Crail. La pluie tombe à l’horizontale, en pleine face de la scène, et le groupe tente tant bien que mal de continuer à jouer mais sera contraint à l’abandon. L’orga du festival se met à bâcher tout le matos et éponger la scène et nous ne reverrons pas le groupe. Triste.



Le point positif, c’est que le pit se transforme en mare de boue, pour le plus grand plaisir des grands enfants que sont de nombreux festivaliers. De vrais Mimi Cracra. Ce qui profitera à Skálmöld, niveau ambiance, avec des dizaines de personnes se roulant dans la boue pendant leur set. La puissance de leur Viking Metal s’en trouvera décuplée. Cattle Decapitation fera revenir le soleil avec des ritournelles poétiques et légères telles que Clandestine Ways (Krokodil Rot) ou Forced Gender Reassignment. Le groupe ne jouera d’ailleurs que des chansons de ses deux derniers albums mais bon, s’agissant de défoncer des crânes, ça faisait très largement l’affaire. Insomnium sera un peu plus éclectique, piochant dans ses quatre derniers albums pour la setlist du jour, sans pour autant proposer d’inédite issue de Winter’s Gate, qui allait sortir quelques semaines plus tard. Le public ayant fini de se faire arroser (oui, oui, la sécu arrosait la fosse même lorsqu’il pleuvait), les slammeurs refont surface et s’abattent sur les vigiles pour leur rendre la monnaie de leur pièce. Avec Arkona, la soirée prendra une toute autre tournure, Masha et sa troupe nous transportant dans une autre dimension. La nuit commençant à tomber, le magnifique jeu de lumières y contribuera également. Mais la grande partie du mérite reviendra à la chanteuse et sa prestation vocale possédée, ainsi qu’à Vladimir, impeccable aux flûtes et instruments à vent.



Et c’est une nouvelle fois au chaud dans la tente que l’on finira la soirée, avec la place pour se mettre en PLS pendant le show de Skindred qui semblait, de loin, avoir mis le feu avec son Ragga Metal entrecoupé de remix/reprises survoltés. Un peu plus tard, c’est avec Marduk que nous tomberons dans les bras de Morphée. Mais cette deuxième soirée abrégée sera la dernière de la semaine et le coeur léger (les jambes aussi) que l’on allait attaquer la deuxième moitié de la semaine…
(À suivre)

Grum (Octobre 2016)


Merci à Boban, Nika, Fiona et toute l'équipe du MetalDays pour leur accueil et leur gentillesse.
Crédit photos : Katja Borns et Marc Hansen ©MetalDays

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