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Fall Of Summer 2016 - Jour 2 Torcy, le 3 septembre 2016

Après une première journée qui a tenu toutes ses promesses (lire notre report du vendredi), nous étions impatients de retrouver la plage de Torcy, les crêpes et autres douceurs offertes sur place. Mais encore une fois, place à la musique !

Pas de pitié pour les fêtards au Fall of Summer, le samedi commençait directement avec un nom reconnu de la scène black metal : Hell Militia. C'est un groupe dépourvu de tout corpsepaint qui prend place sur scène. Et il faut croire que cette simple absence d'éléments visuels allait préfigurer le reste. En effet, si leur performance est précise et maîtrisée, elle a peine à vraiment marquer l'esprit. Il faut dire que les musiciens sont on ne peut plus statiques, à commencer par le chanteur RSDX, dont la conviction ne crève pas les yeux. Certes, la configuration n'est pas idéale pour les Français, jouant de plein jour sur une grande scène où il est difficile d'occuper l'espace. De plus, le répertoire joué ce matin n’a pas le mordant escompté. Ce n'est qu'à partir du moment où ils reprendront Shoot Knife Strangle Beat and Crucify de GG Allin que la furie se réveillera. Un dernier morceau bien efficace qui leur permet de terminer le set de manière honorable, mais gageons que la formation aurait pu faire mieux aujourd'hui. Peut-être était-ce un jour sans.

Pour tout avouer, je n’avais jamais écouté The Monolith Deathcult, combo de Supreme Avant Garde Death Metal, venu tout droit des Pays-Bas. Malheureusement, moi qui attendais un groupe proche de Incantation, Portal ou Gorguts, je vais être déçu puisque je me retrouve face à une sorte de Death Metal générique aux riffs vus et revus. Malgré une maîtrise technique indiscutable, leur musique sent le kitsch et le copier-coller.



Dans la famille Funeral Doom je voudrais les maîtres incontestés, Skepticism. Les doutes auraient pu être permis : sous un soleil de plomb, le groupe s’avance comme à son habitude, vêtu de ses atours inspirés par la mode Gothique du XIXème siècle. Original et ce n’est pourtant que le début : le groupe se déplace à une vitesse aussi lente que sa musique, ne comporte pas de basse mais un claviériste lâchant des sons d’orgue qui n’ont rien à envier à ceux des cathédrales. Musicalement parlant, Skepticism joue à fond la carte du Funeral Doom : des riffs tantôt lents à en crever, tantôt langoureux et une voix d’outre-tombe à faire pâlir n’importe quel chanteur de Death Metal. Les musiciens dégagent une atmosphère de classe et de mélancolie inimitable, notamment lorsque le chanteur contemple les roses blanches déposées sur le bord de la scène, à la manière des penseurs-rêveurs si souvent représentés dans la peinture du XIXème siècle ou lorsqu’il rejoint son organiste et se contemple dans le miroir déposé sur l’instrument. Un concert où la lourdeur et la tristesse la plus profonde se côtoient. Skepticism a réussi à nous transporter dans une crypte de cathédrale en plein après-midi ensoleillé alors que nous avons les pieds dans le sable. Un exploit que seuls eux sont capables de réussir.


 
Après une reformation en 2012, le groupe originaire de Nancy est revenu à la charge tambour battant avec l’excellent Scornful of Icons, sorti chez Osmose Productions cette année. En dépit de la qualité de l’album, la sortie n’a malheureusement pas fait beaucoup de bruit, il n’était que justice de voir Phazm programmés au Fall of Summer. Phazm, c’est une base Death Metal avec un accompagnement Rock n’ Roll et des épices de Black qui se font sentir ça et là, a fortiori sur le dernier album. La grande qualité du groupe est d’avoir réussi à équilibrer ces différents éléments avec intelligence, donnant aux compositions originalité et cohérence. On peut remarquer que les riffs sont très lourds, une qualité à attribuer en partie à l’emploi de guitares sept cordes, encore un outil que le groupe utilise à son plein potentiel. Enfin, c’est la performance vocale du chanteur/guitariste Pierrick Valence qui retient l’attention. Avec une voix à mi-chemin entre Abbath et Attila Csihar, ses intonations gutturales ont quelque chose d’envoûtant et de sombre. En plus de jouer des nouveaux morceaux, le groupe n’oublie pas non plus ses classiques, avec notamment les meilleurs extraits de Antebellum Death ‘n Roll, dont l’endiablé So White, So Blue, So Cold. Avec un son précis et puissant, ils nous auront prouvé qu’il faut les garder dans le radar.

Le Fall of Summer nous fait comme depuis ses débuts le plaisir de convoquer des groupes ayant peu, ou jamais, mis les pieds sur notre territoire. Nouvelle illustration avec la première prestation de Grim Reaper (rebaptisé Steve Grimmett’s Grim Reaper depuis la reformation de 2006) en France…sur la plage de Torcy pour l’occasion ! J’ai trouvé ce set moins tranchant que celui de Manilla Road la veille, la faute peut-être à un son plus brouillon et à un Steve Grimmett qui, s’il assure un chant juste et engagé, n’a pas la puissance de Bryan “Hellroadie” Patrick. Même sans être un grand connaisseur de la discographie de ces rescapés de la NWOBHM, il faut avouer que les refrains tous plus efficaces les uns que les autres (SEE YOU IN HELL MY FRIEND, I’LL SEE YOU IN HEEEEEEEEEEELL) ont contenté tous les fans de Heavy groupés devant la Blackwaters, visiblement comblés par la prestation des Britanniques. Je reste, pour ma part, un peu plus partagé sur un concert qui m’a fait passer un bon moment mais qui n’a pas généré l’excitation ressentie le vendredi pour Manilla Road.



Des membres de Benediction et Bolt Thrower, les deux meilleures formations de Death Metal britannique, qui jouent ensemble ? Forcément, Memoriam avait titillé notre intérêt et c’était parti pour trois quarts d’heure de Death Metal old school brutal et groovy à souhait. Je reste bouche bée face à la facilité de ces vétérans de faire headbanger la masse avec des accords simples qui font mouche à chaque fois. Les quatre musiciens transpirent la sincérité et la passion et, malgré une setlist qui ne comporte pas certains des classiques les plus impressionnants de la discographie de Bolt Thrower, je ne reste pas sur ma faim et me joint à la fête. Old School Death Metal will never die !



Après m’être fait rouler dessus par Memoriam et avant la baffe annoncée de Dead Congregation, je m’offre une pause Black Metal au bord de l’eau avec les Suédois de Nifelheim. Du cuir et des clous au programme (heureusement pour eux, le soleil qui tape encore bien fort à cette heure est derrière la scène), et surtout un set aussi evil qu’énergique. Je n’irai pas jusqu’à dire que leur musique est festive, mais l’ambiance qu’elle installe a tout de même une vibe positive due en grande partie au plaisir que les mecs semblent éprouver sur la scène. Une setlist solide et poétique (Black Evil, Infernal Flame of Destruction, Sodomizer, Praise Lord Satan…) et un son sale mais efficace tapent juste et permettent à tous ceux qui sont descendus pour l’occasion de passer un très bon moment. D’ailleurs quand je retrouve quelques minutes plus tard les gars de Manilla Road pour l’interview, il me confirment qu’il étaient eux aussi en train de transpirer devant la prestation de Nifelheim. Qui a dit que plage et Black Metal ne faisaient pas bon ménage ?

En seulement deux albums, les Grecs de Dead Congregation se sont imposés comme l’une des formations les plus intéressantes la scène Death Metal sombre et technique. Dans la lignée d’un Incantation, le groupe va balancer cinquante minutes d’une musique brutale, sans concession et maîtrisée à la perfection. Chacun des musiciens est un monstre de technicité, de puissance et de sincérité. Le public ne s’y trompe pas et malgré la chaleur la foule répond avec sincérité aux injonctions du guitariste chanteur, force de la nature dont la carrure physique sied à merveille à sa voix d’outre tombe et ses riffs cauchemardesques. Les accélérations détruisent l’ensemble du Fall Of Summer tandis que les ralentissements diaboliques du groupe transforment toute la base de loisirs de Torcy en un immense marécage infesté de cadavres. Monstrueux!

 

Exciter ! Un nom qui résonne comme une promesse pour les fans de Heavy Metal de la grande époque. Et les trois vétérans du groupe ne vont pas décevoir leur public en ce début de soirée en donnant tout ce qu’ils ont. Les tubes s'enchaînent à la même cadence que la double grosse caisse d’un batteur/chanteur survolté qui ne laisse aucun répit à ses camarades. Un set joué avec le coeur qui ravit les fans, anciens ou nouvellement acquis, des Canadiens.

Unleashed c'est 25 ans de carrière et une solide réputation sur scène. J'ai encore en mémoire leur set au Hellfest 2014 qui avait tout déboulonné grâce à la maîtrise et à la puissance de leur Swedish Death qui n'a clairement pas vieilli. Logique quelque part puisque les mecs n'ont que très peu dévié de leur trajectoire et restent fidèles à leurs racines. Du gros riff épais, beaucoup de lourdeur, une pointe de mélodie accompagnés par la voix grasse de Johnny Hedlund. Le set se déroule sans accroc, tant dans les rythmiques écrasantes que dans les riffs concasseurs. Peu de pauses, quelques mid-tempo quand même, souvent fédérateurs, et un groupe qui se fait plaisir à communiquer avec les premiers rangs. Les suédois jouent également quelques vieux morceaux comme To Asgard We Fly ou If They Had Eyes et panachent allègrement sur leur carrière sans trop se préoccuper du dernier album, même s'ils n'ont pas pu s'empêcher de jouer Where Is Your God Now ? aux paroles fortement lolesques. On pourra regretter un concert un peu trop sur des rails et un poil propret, mais en dehors de ça, Unleashed a clairement fait le boulot.

Au milieu de ces deux jours de Metal, le nom de Goblin peut surprendre mais, à en juger par la foule qui attend impatiemment le groupe de Claudio Simonetti, les surprises sont assez bien vues par les Metalleux. Assis sur la colline faisant face à la Blackwater Stage, enveloppée au fur et à mesure du set par les ténèbres, c’est un véritable festival que vont nous offrir les trois Italiens, visiblement ravis d’être ici. Difficile de décrire un tel spectacle tant tout semble parfait lors de cette heure de concert. Le son des instruments est parfaitement réglé, les projections apportent un plus non négligeable tandis que le lieu fait le reste pour sublimer des compositions qui n’ont pas vraiment besoin de tout cela pour taper dans le mille. Que le public connaisse ou non les titres joués, le talent de compositeur de Simonetti est implacable et tout semble sonner parfaitement en place. Les classiques ne sont pas en reste avec évidemment des extraits des bandes originales de Suspiria, Zombie ou Demoni. Le groupe ne compte pourtant pas uniquement sur ses apports au septième art en jouant plusieurs morceaux originaux. En résumé : un cadre magnifique, une obscurité parfaite pour écouter Suspiria et Non Ho Sonno, des compositions immédiates et évocatrices et des musiciens ravis d’être ici qui font le spectacle. L’un des concerts du festival, indubitablement.



Cela fait donc vingt ans que Niklas Kvarforth perturbe la scène (Black) Metal avec sa musique torturée, mais diablement efficace. Il était donc logique de retrouver Shining en tête d’affiche du Fall of Summer, nous proposant pour l’occasion un set anniversaire revisitant une carrière touffue. Le concert commence par quelques extraits de IX - Everyone Everything Everywhere Ends, des chansons plus directes et accrocheuses, mais qui dénotent encore un talent certain de composition. Le son est excellent, tout comme l'interprétation des musiciens, mention spéciale aux deux guitaristes. De son côté, Niklas fait des allers-retours sur scène en vociférant avec sa voix écorchée. Étant devenu célèbre pour sa personnalité ombrageuse et imprévisible, il surprendra une fois de plus en dédiant un morceau à Mika Bleu, ancien membre de Season Of Mist, tragiquement décédé cette année. L'intensité du concert augmente significativement lorsque le groupe se consacre à des titres plus anciens, notamment le séminal V - Halmstad, qui a son lot de riffs dévastateurs, conjugués à une tonalité empreinte de désespoir. Nous aurons également droit à une reprise de Seigmen, un groupe norvégien méconnu, mais dont l'approche musicale est sans aucun doute proche de celle de Niklas, à tel point qu'on croirait entendre une chanson de Shining. Niklas en profite alors pour nous rappeler qu'il a formé le groupe quand il avait douze ans, époque à laquelle il avait écrit la chanson Submit to Self-destruction, que le groupe nous joue séance tenante. Avec le recul, on peut entendre que cette chanson comportait déjà la majorité des éléments qui ont donné à Shining le statut qu'ils ont aujourd'hui, confirmant le don précoce de son leader pour l'écriture. Ceci nous amène donc à la fin d'un concert passé bien trop vite. Niklas déclare que le dernier morceau est une ballade, la seule qu'il ait vraiment écrite pour Shining, à ceci près qu'elle est à la gloire du diable. Si le thème de For The God Below est en effet explicite, la composition est en accord avec l'orientation récente du groupe : moins touffue, mais ô combien efficace. Cette conclusion confirme que Shining reste un excellent groupe de live.
 

 
De nombreux fans s’étaient réjouis quand Satyricon avaient annoncé qu’ils fêteraient les vingt ans de Nemesis Divina avec une tournée au cours de laquelle ils joueraient l’album en entier. Et grâce au Fall of Summer, la France a eu droit à sa part du gâteau pour le dernier concert de cette invasion estivale des Norvégiens. Si l’idée était très séduisante, on pouvait se demander si Satyricon arriveraient à jouer ces chansons avec leur furie d’origine, alors que le groupe a drastiquement changé de cap musical depuis cette époque. Déjà, on peut remarquer que le duo a du goût : plutôt que proposer une bannière photoshop au rabais, ils nous offrent une vision des plus apocalyptiques avec une peinture d’un disciple de Hieronymous Bosch (NDLR : Christ in Limbo), un peintre connu pour avoir été utilisé en couverture d’albums de Celtic Frost et Dead Can Dance. Parenthèse terminée, place à la musique ! Pour ce retour dans le passé, Satyricon a joué le jeu jusqu’au bout en réduisant sa formation à un unique guitariste, comme sur la tournée originale de Nemesis Divina, donc. Le son est très old-school et compact, un choix plutôt logique pour ce type de répertoire. Fort logiquement, tous les regards sont tournés vers Satyr et Frost, même si c’est plus difficile pour ce dernier, étant dissimulé derrière son imposant kit de batterie. Satyr est plutôt bien en voix ce soir, mais ne sera que peu actif sur scène, se contentant souvent d’headbanguer en se tenant à son support de micro en forme de trident. L’écoute révèle que le clavier est bien audible, une bonne nouvelle sachant que l’album en inclut quelques passages, rares, mais qui ont contribué à son statut légendaire (Du Som Hater Gud). Nemesis Divina est joué dans l’ordre, à ceci près que Mother North est repoussée à la fin du set. Certains diront que c’était pour d’évidentes raisons de climax de conclusion, les cyniques avanceront que c’était pour éviter que les simples curieux s’en aillent une fois la chanson jouée. A la guitare, Steinar Gundersen abat un jeu à la fois précis et tranchant irréprochable, et même s’il est parfois épaulé par Satyr à la guitare, difficile de ne pas regretter l’absence de Nocturno Culto à ce poste. Pas de doutes, les riffs et changements de rythme sont toujours aussi savoureux, mais le tout semble parfois un peu mou, pour ne pas dire ralenti… Ceci n’empêche pas Satyr d’invectiver le public avant Mother North, réclamant plus d’énergie de leur part. On se souviendra de sa pique qui visait les personnes assises sur la colline, ayant sans doute « fumé trop de joints » selon lui. Évidemment, l’hymne réveille les morts dans la fosse ensablée du Fall of Summer, et tout le monde y va de sa contribution vocale. Le rappel sur Black Crow on a Tombstone est particulièrement efficace, tiré d’un album co-écrit par ce génie sous-estimé qu’est Snorre Ruch de Thorns. Suit l’obligatoire et toujours plaisant Fuel for Hatred et le semi-soporifique K.I.N.G., sympathique mais jurant clairement avec le répertoire joué un peu plus tôt. Satyricon aura assuré une performance respectable et fait honneur à son glorieux passé, mais un peu plus de rage n’aurait pas été de trop pour l’occasion.

Quelle meilleure façon pour terminer ces deux très belles journée qu’une heure de Beer Thrash avec Tankard ? Sans prise de tête, avec bonne humeur et énergie, les Allemands nous ont offert un 28ème et dernier concert en forme de décompression totale. Les occasions de s’immerger jusqu’au cou dans le Black ou le Death n’ayant pas manqué à Torcy, terminer sur une note plus légère, voire folklorique pour certains, était vraiment une bonne idée de la part de la programmatrice du Fall of Summer, Jessica Rozanes, qui aura encore une fois fait un boulot remarquable. La foule devant la Sanctuary est encore dense malgré l’heure tardive, et la setlist touche au but. Évidemment, la thématique du groupe est connue de tous et a coulé en très grande quantité pendant le week-end. D’où une setlist aux relents de houblon particulièrement marqués : The Morning After, R.I.B (Rest In Beer) ou A Girl Called Cerveza rythmeront la nuit torcéenne avant que (Empty) Tankard ne renvoie tout le monde vers sa voiture/sa tente/le bar (rayez les mentions inutiles). À l’année prochaine, Torcy !

Mais, avant de nous quitter, il faut bien parler du sujet qui fâche quand il n'est pas bon : le manger et le boire. Cette année, le Fall of Summer s'est particulièrement lâché niveau qualité sans pour autant lancer un raid sur nos portefeuilles. La nourriture était bonne (crêpes), voire très bonne (saucisses argentines), variée, bien moins chère que dans plusieurs festivals et le temps d'attente n'a jamais paru trop long. Mention spéciale au stand vegan, certains membres de la rédaction ont particulièrement apprécié. Les boissons (comprendre la bière) ont suivi la même ligne directrice cette année : pas trop chères et, surtout, très bonnes : Vive les IPA ! Mais avec modération, bien sûr... En somme, le Fall of Summer nous a permis de regarder des concerts toute la journée sans avoir à choisir entre acheter de la bouffe et de la bière hors de prix ou mourir de faim et de soif. Et, parfois, le choix peut s'avérer difficile.

Grum (Octobre 2016)


Ce report est le fruit du travail collectif de Chris, Neredude Raikage et Grum.
Un grand merci à toute l'équipe du Fall Of Summer pour leur accueil.
Crédits photos : Maelstrom Photography

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