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Rebellion Festival - Jour 4 Blackpool, du 4 au 7 août 2016

Première partieSeconde partie - Troisième partie

Je tiens toujours debout, mais heureusement pour mon intégrité physique qu’en ce ce dernier jour du festival, la programmation est (légèrement!) moins fournie, du moins en quantité, car il y encore du lourd à l’affiche !

Je commence par la Tower Street Arena pour Police Bastard, métal Punk politisé, pas mal du tout pour inaugurer la journée. Histoire d’aller me fendre un peu la gueule, je pars assister à l’interview de l’inoxydable Captain Sensible, le légendaire bassiste / guitariste des Damned, qui n’a pas son pareil pour faire rire son public à coup de « bollocks », de « cunt » ou de « fuck », un vrai showman qui finit son intervention par une interprétation a cappella de son tube Rap des 80s, « Wot » ; il sort sous les vivats de la foule en délire ! Je me dirige ensuite vers la scène acoustique pour écouter l’ami Andy Higgins dont j’ai parlé en début de report, une figure de la scène de Blackpool, qui reprend tout seul quelques vieux tubes des Stranglers et Dead Kennedys, il est bon le bougre ! J’achète un magnifique souvenir à son stand : un t-shirt orange fluo pastiche de Black Flag, avec les 4 barres mais sur lequel le nom du groupe est remplacé par...Black Pool !

Dans la série des potes, je retourne voir le père Thomas des Burning Heads qui dépanne Lion’s Law, bon groupe de Oi de Paris ; le veinard, j’aurais bien fait comme lui, un petit set au Rebellion ! Le groupe tourne bien et a l’air d’avoir des fans en Angleterre. Je reste dehors pour le set du Goldblade de l’affable John Robb : ce groupe est tout simplement excellent et John est un vrai show-man qui sait se mettre le public dans la poche, il est couvert de bisous et de rouge à lèvres par les punkettes ! Il m’aperçoit et me lance un « Bonjour mon ami » en Français dans le texte, avant le final où il demande au public « Do you believe in the power of Rock’n’Roll ? » en bénissant ceux qui lui répondent positivement : le Pape du Rebellion, c’est lui !
Un excellent concert, énergique et festif.
Je m’apprête à passer un bon moment à l’Empress Ballroom pour une autre petite série qui promet : DefectsOutcasts et surtout Adolescents vont s’y succéder.

Les Irlandais de Defects, je suis passé à côté (comme beaucoup de groupes Anglais que j’ai laissé tomber quand je suis passé au Hardcore US vers 1981-82), mais leur tube « Survival » me titillait l’oreille dans les nombreux concerts Londoniens que je me tapais au début des 80’s (j’ai eu la chance de me rendre une dizaine de fois à Londres entre 1981 et 1985 pour faire le plein de disques et de concerts).
Leur set est énergique, le groupe joue bien et se permet même une cover des Ruts (pas la dernière fois aujourd’hui que j’entendrais une reprise des héros de l’Angleterre Punk !). Le niveau monte encore d’un cran avec les Outcasts, un groupe qui s’est visiblement fait rare sur scène, mais avec lequel j’ai dû avoir de la chance : je les ai vu trois fois à Lyon en 1984 et trois fois à Montpellier ces derniers mois ! C’est toujours cool d’entendre « Self-conscious over you », « Machine gun » ou « Teenage Rebel », ces tubes intemporels. Ce groupe racé a gardé le feu sacré, bien entretenu par leur batteur Français (Cocorico !). Je zappe un peu la fin du concert pour aller discuter avec mon pote Thibault (alias T-Bone, dixit Tony Adolescent !), chauffeur/merch guy pour les légendaires Adolescents de LA, un de mes groupes préférés de la scène hardcore originelle, qui a su évoluer en sortant des albums excellents ces dernières années, en particulier La Vendetta, un de mes albums de chevet actuels. Je suis fan invétéré depuis que j’ai acheté leur premier LP en 1982 et j’ai eu l’énorme privilège d’assister à un de leurs rares concerts de reformation avec le line-up original au Fender’s Ballroom de Long Beach en 1986.
Depuis qu’ils ont repris du service au début des années 2000, je les ai revus trois fois (faisant leur première partie en une occasion), dont la dernière quinze jours à peine avant le Rebellion. Toujours un grand moment sur scène, les Adolescents ne dérogent pas à la règle aujourd’hui ; leur set est incroyablement puissant, me hérisse le poil, fait exploser le pit sur les vieux tubes et manque de faire s’envoler le toit de l’Empress : un des meilleurs sets du festival ! J’apprécie énormément le fait qu’ils ne jouent pas la facilité en se contentant de jouer les tubes du premier album : les deux tiers du set sont tirés de La Vendetta et de leur tout dernier brûlot, Manifest Density, excellent lui aussi, mais la setlist reste néanmoins parfaitement homogène. Leur batteur est un monstre, il insuffle au groupe une énergie incroyable, les guitares sont tranchantes, les chœurs justes et la voix de Tony toujours aussi énervée. Le final avec « Kids of the Black Hole » achève les premiers rangs, fermez le ban, Adolescents forever !

Pas le temps d’aller les saluer ou de dire au revoir à Thibault, je cours rejoindre la scène extérieure pour ne pas rater une miette du groupe suivant : Dag Nasty, encore un groupe légendaire de Washington DC dont j’avais ramené le premier LP de New-York en 1986. La reformation intègre Shawn Brown, le chanteur originel, exit donc Dave Smalley. Le public est un peu douché (c’est le cas de le dire !) par la pluie qui s’est décidée à tomber (il a fait beau pendant les trois premiers jours, faut pas trop en demander non plus !), on ne sera donc pas très nombreux pour soutenir le combo de Brian Baker, légendaire guitariste de Minor ThreatGovernment IssueMeatmenSamhainDoggy StyleJunkyard (heu non, pas Junkyard !) ou Bad Religion.
L’excitation est palpable dans le public, mais le concert ne va pas très bien commencer : la basse ne marche pas sur le premier morceau, le batteur rame et ralentit et le son général n‘est pas très bon. Après le set de feu des Adolescents, ça ne pardonne pas ! Heureusement, les choses s’arrangent petit à petit et j’arrive à rentrer dans le concert au fur et à mesure que les tubes de Can I say et Wig out at Denko’s se succèdent, sauf que deux punks Italiens passent leur temps à jacter dans mon dos, ha les cons ! Je finis par les envoyer bouler en leur disant de fermer leurs gueules ou d’aller au bar, jamais pigé cette attitude à la con, si tu veux parler avec tes potes va ailleurs et fais pas chier ceux qui veulent écouter le concert, non mais !
J’arrête de faire mon vieux râleur et me délecte de la suite du set, Brian Baker est un putain de bon guitariste, mais je suis moins fan du reste du groupe, en particulier du batteur qui rame vraiment, en particulier sur la cover des Ruts (hé oui, encore eux !) « Staring at the Rude Boys », une telle catastrophe que Brian Baker est obligé de s’excuser ! Faut répéter un peu les gars ! Heureusement, Dag Nasty termine mieux le concert, avec une cover rare et surprenante du « Little Friend » de Minor Threat ! Allez, bon set malgré tout !
Pour presque en finir avec le Rebellion, un bon clash entre deux groupes que je veux absolument voir tous les deux pour une double raison : j’aime ces deux groupes et j’ai des potes qui en font partie.

Je commence donc par aller voir l’ami Wayne Barrett et Slaughter and the Dogs, qui jouent presque à domicile, pour leur second concert depuis 1979 avec le line-up originel ! L’entrée du groupe se fait dans une folle ambiance, sur une vidéo retraçant l’histoire du groupe et montée spécialement pour l’occasion et le père Wayne met le feu à la salle en annonçant le classique « Twist&Turn ». J’assiste au premier quart d’heure du très bon set de Slaughter avant d’aller écouter les potes de la Guantanamo School of Medecine, la machine de guerre qui accompagne Jello Biafra depuis maintenant sept ou huit ans, et c’est toujours aussi énorme. Ralph, Larry et Kimmo (j’ai rencontré les deux premiers à l’occasion d’un concert qu’on avait booké en 1990 à Lyon pour Victims Family, leur extraordinaire trio), accompagnés de leur nouveau et excellent batteur Jason (ex-UK Subs et Hawkwind), se permettent même de piocher dans le répertoire industriel de Lard (le projet de Jello et Al Jourgensen de Ministry) pour un « Forkboy » dévastateur. Il faut dire qu’avec un bassiste aussi incroyable et talentueux que Larry Boothroyd (que je mets sans problème au niveau de Flea des Red Hot ou Les Claypool de Primus !), tout est permis. Le seul bémol, c’est le temps de parole de Jello entre les morceaux, pas l’idéal sur un festival où le temps est compté, less talk, more rock, mon gars ! Le final m’achève, avec un « Riot » tiré du « Plastic Surgery Disaster » des Dead Kennedys jamais entendu en concert.

Plus rien dans les jambes, la tête le slip...et pourtant, il faut bien terminer ce festival de la meilleure des façons avec le set de Stiff Little Fingers, dont les deux premiers albums « Inflammable Material » et « Nobody’s Heroes » resteront à jamais des chefs-d’œuvre intemporels du Punk.
Je n’ai pas revu Stiff depuis…35 longues années et ce concert Lyonnais de la tournée « Go for it » ! Jake Burns a pris un certain embonpoint, sa voix n’est plus aussi éraillée qu’avant et sa chemise rouge de cow-boy le fait plus ressembler à un Redneck Texan qu’à un fier Punk Irlandais, mais ce détail vestimentaire s’efface très vite dès l’introduction de « Wasted Life » qui ouvre le bal. Stiff enchaîne les vieux tubes, c’est tout ce que j’attendais d’eux, leurs dernières productions ne m’ayant pas vraiment marqué, c’est le moins qu’on puisse dire. Je profite d’un reggae pour essayer d’aller jeter un œil au set des Adicts, mais le Wintergardens est bouclé, on ne peut plus rentrer, ça sent la fin du festival, bouh….
Je croise Dave Ruffy, le talentueux batteur des Ruts (un autre de mes maîtres Jedi d’enfance) dont j’ai fait la connaissance à Vienne ; il part assister à la fin du concert de Stiff, j’en fais de même et je fais bien : le groupe termine son concert par trois tubes magiques, « Suspect Device », « Nobody’s Hero » et « Alternative Ulster », parfait pour terminer ces quatre jours complètement fous !

Je me dirige vers la sortie du Wintergardens, où je reste de longues minutes à regarder sortir tout ce public au look improbable, passionné et exemplaire (pas l’ombre d’une embrouille ou d’une bagarre).
J’ai eu l’impression de me retrouver dans la suite de « Retour vers le futur » et de faire un voyage dans le temps dans le Londres ou le Los Angeles du début des 80’s….sauf que les groupes jouent beaucoup mieux aujourd’hui qu’à l’époque, exécutent leurs sets sans pression et ne se sentent plus obligé de faire de la daube pour essayer de percer !

Cette semaine à Blackpool, c’était comme vivre un rêve éveillé. Le premier jour, j’ai dit en rigolant à mon pote de voyage Eduardo que j’avais l’impression qu’on était morts et au Paradis (à supposer que ces conneries existent !), il m’a repris en me disant que c’était impossible, puisque les bières étaient toujours payantes...
Allez, merci le Rebellion et rendez-vous en août 2017 !

Tableau d’honneur du quatrième jour (12 groupes et 1 interview vus, ça sent la fin et la fatigue !)
Palme du concert Cocorico : Lion’s Law avec Thomas des Burning Heads à la batterie

Palme de la performance Top 50 : Captain Sensible avec « Wot » a cappella
Palme du groupe le plus drôle et festifGoldblade
Palme du groupe vu 4 fois en un an mais toujours cool : Outcasts
Palme de l’énorme kidney pie dans ta face : Adolescents
Palme du groupe handicapé par son batteur mais sauvé par son guitariste et ses tubes : Dag Nasty

Palme du retour des enfants prodigues : Slaughter and the Dogs

Palme du concert survitaminé et avec le meilleur bassiste : Jello Biafra

Palme du concert d’au revoir émouvant au Rebellion : Stiff Little Fingers
Palme d’Or du Montpelliérain qui a vu le plus de groupes en 5 jours avec 89 groupes et 4 interviews/films et qui a bien besoin de repos : MOI !

Hugauze (Août 2016)

Photos aimablement fournies par Sponge (sauf la dernière, par Hugauze)

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Commentaires

GromuFFLe Jeudi 25 août 2016 à 21H22

Excellent, je me suis régalé avec tous les reports. Un grand merci à Hugauze ! Le style, l'humour, les références, les anecdotes, je pense que je prends ma place pour l'an prochain !!!