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Download Festival Paris 2016 Hippodrome de Longchamp, 10-12 juin

Nous étions assez curieux de savoir à quoi pourrait bien ressembler cette première édition français du Download Festival. Programmation et nombre de scènes réduits pour l'occasion par rapport au grand frère anglais, et c'est sur le site de l'Hippodrome de Longchamp (qui accueille Solidays chaque année) que le rendez-vous était pris. Et pour une première édition, même si tout n'a pas été parfait, ce fut une réussite ! Mais place aux concerts, car après tout, c'est bien pour ça que nous étions là !!!



Vendredi 10 juin : (nos photos des concerts)

Cette première édition du Download Festival Paris débute avec les metalcoreux de We Came As Romans. Alternant mosh parts, synthé, chant hargneux, chant clair et choeur à base de “woh oh ha oh”, le groupe se donne à fond sur la mainstage mais n’emporte pas l’adhésion d’un public encore épars et peu nombreux en raison de problèmes techniques à l’entrée. Après, l'avantage avec un tel groupe en ouverture, c’est qu’on ne pourra que trouver la suite de la programmation meilleure.

C’est à un horaire très « matinal » (16h30) que se présentent sur la grande scène les quatre de Gojira, en particulier pour un vendredi qui voit un certain nombre de spectateurs arriver au festival en fin d’après-midi ou début de soirée, après leur journée de travail. Un créneau regrettable pour un groupe de cette stature, qui plus est à quelques jours de la sortie de son nouvel album, Magma. La présence le même jour d’Anthrax, Deftones et Iron Maiden explique bien sûr en partie cette programmation, mais l’on ne peut que regretter d’emblée que les Français n’aient pas eu l’occasion de s’exprimer devant une foule plus nombreuse. Cela n’empêche pas Gojira d’assurer un set solide et énergique, revisitant sa discographie en une grosse dizaine de morceaux (de Terra Inc. à L’Enfant sauvage en passant par Flying Whales). L’occasion aussi de constater que les deux premiers extraits de Magma, Silvera et Stranded, passent sans aucun problème l’épreuve du live. Si le son n’est pas forcément parfait, en particulier au début, l’ensemble s’affine au fil des minutes et nous offre un rendu d’un niveau correct. Joe Duplantier nous rappelle en cours de route que le groupe existe depuis 20 ans, presque jour pour jour, décrétant cette date comme un « concert anniversaire » avant d’enchaîner sur l’imparable Backbone faisant bondir la foule de plus en plus nombreuse devant la scène et semblant particulièrement satisfaite de la première grosse performance de ce Download parisien.

Deux petites heures après que nous les ayons rencontrés, les Britanniques de The Raven Age (avec George Harris, fils du bassiste et fondateur d’Iron Maiden Steve Harris) arrivent sur la scène 3 (celle qui se trouve juste à côté de la scène principale, sous chapiteau) pour un set qui va s’avérer plutôt solide. Le groupe n’a pour l’instant qu’un EP de 4 titres dans sa discographie, titres qui seront tous joués cet après-midi, avec deux autres morceaux certainement extraits de l’album à venir dans le courant de l’année. Le Metal mélodique de The Raven Age penche par moments vers le Metalcore (mais sans trop de poses ridicules…oui on pense à vous, We Came As Romans), et à d’autres vers le Metal progressif. Le fait de tourner avec Iron Maiden, Mastodon, Anthrax et consorts leur fait manifestement beaucoup de bien tant le groupe est à son aise sur scène. Une prestation qui donne surtout envie de les revoir à l’avenir, lorsqu’ils auront un répertoire plus riche.
 
Un décor minimaliste, une scène épurée, à peine une petite armature avec quelques lights avec Avatar inscrit dessus, juste derrière la batterie. Mais dès que le groupe rentre sur scène, quelle présence. Une chose est sûre, ils savent occuper l'espace avec un sens inné de la mise en scène. Une musique rythmée par des alternances entre passages très lourds avec un son très compact absolument parfait, et des parties ambiancées avec arpèges et solos. Les Suédois font preuve d'une richesse musicale impressionnante tant dans la construction que dans la composition des morceaux, et de la setlist qui s’enchaîne à une vitesse vertigineuse.
On sent que la machine est rodée, mais que les musiciens prennent quand même plaisir sur scène comme peut le témoigner ce moment où le chanteur chahute son guitariste en essayant de frotter ses cordes, et quand le premier y parvient, le dernier lui exprime un regard voulant dire "MAIS !" laissant échapper un éclat de rire entre deux paroles au clown Johannes. Et quel frontman ! Il emmène le public exactement là où il veut, fait participer la foule à ses délires, leur fait partager la folie si riche de l'univers d'Avatar en simplement quelques mots ou quelques gestes. Bien qu'un autre groupe joue en même temps, le public a répondu présent, et s'est fait de plus en plus nombreux au gré des morceaux. Preuve s'il en est de la qualité de la prestation. On a senti le chanteur ému vers la fin, disant qu'il voulait venir s'installer en France, tellement il se sentait bien ici. 
De tous les groupes vus sur les trois jours, c'est clairement eux qui ont fait la plus grande impression. Pas autant d'artifices que Rammstein mais un show tout aussi puissant. Après avoir recueilli les avis du public, pour ceux qui les connaissaient déjà, un plaisir, et pour ceux qui ne les connaissaient pas, une vraie révélation. Avatar, le groupe qui monte !

Deftones aurait dû donner trois concerts au Bataclan. Les attaques du 13 novembre ont causé l’annulation de ces dates, repoussant à ce 10 juin la venue des Californiens à Paris. Un concert très attendu qui aura laissé aux fans une impression plutôt positive. D’abord, Chino Moreno chante bien, très bien même, ce qui n’a pas forcément toujours été le cas. L’énergie dégagée par le groupe est intéressante, même si l’on se rend vite compte que les morceaux les plus récents (ceux de Koi No Yokan et de Gore), s’ils n’ont pas de défauts rédhibitoires, peinent tout de même à passionner. L’interprétation n’est pas en cause, mais le plaisir reste bien supérieur lorsque le groupe fait un détour par Around The Fur (l’enchaînement My Own Summer/Be Quiet And Drive) ou White Pony (triplette Digital Bath/Knife Prty/Change), où Stephen Carpenter semble d'ailleurs beaucoup plus dans son élément. L’ensemble a tout de même de la gueule, en particulier grâce à l’énergie déployée par Chino, qui mouille la chemise comme il faut et finit même dans le public. Un Engine No. 9 décent en rappel nous laisse sur le sentiment que Deftones restent pertinents en 2016, ce qui est loin d’être le cas de certains de leurs contemporains.

Cela fait des années qu’Anthrax n’est pas passé à Paris en tête d’affiche et une nouvelle fois, il faudra se contenter d’une setlist réduite. Point positif, c’est bien Charlie Benante derrière les fûts cette fois, lui qui manquait à l’appel lors de leur passage au Zénith avec Slayer en octobre dernier. Le groupe fait la part belle au dernier album For All Kings, avec You Gotta Believe en début de set, puis Breathing Lightning et Evil Twin, dédié au public français avec Joey déclarant (en français dans le texte) : “je suis Français”. Transition parfaite pour enchaîner sur leur reprise en anglais d’Antisocial. Le groupe fait plaisir à voir, les musiciens affichent tous un énorme sourire et Jonathan Donais, toujours aussi à l’aise, magnifie les solos des anciens titres, comme sur Indians ou Caught In A Mosh. Réjouissant, mais trop court.

C’est avec un nouvel album en poche qu’Iron Maiden revient enfin en France pour leur seul concert de l’année dans l’hexagone. Double album même, à tel point qu’on aura droit à six titres issus de The Book Of Souls, dont If Eternity Should Fail et Speed Of Light en ouverture. Après un rapide interlude oldschool avec Children Of The Damned, les Brittons enchaînent avec Tears Of A Clown (dédiée à Robin Williams) et The Red And The Black. Autant dire que le public ne rentrera vraiment dans le bain qu’avec The Trooper, qui voit Bruce retrouver ses jambes de 20 ans, vêtu d’une tunique rouge (l’uniforme militaire anglais traditionnel) et brandissant l’Union Jack d’un bout à l’autre de la scène durant toute la chanson. Puis le groupe nous gratifie d’une de ses chansons les plus épiques (et rare en live), Powerslave. Cette fois le public est à fond et reprend en chœur les paroles. Encore deux derniers titres de The Book Of Souls, dont la chanson éponyme sur laquelle Eddie fera son apparition avant de se faire arracher le cœur par Bruce. Et le groupe pourra ensuite dérouler les classiques sans interruption jusqu’à la fin, Hallowed Be Thy Name, Fear Of The Dark (pour un beau singalong dans le public), Iron Maiden. Bruce parle beaucoup et souvent en français, de quoi rigoler un bon coup, entre “bonsoir les copains” jusqu’au fameux “scream for me Sonisphere” (il se reprendra plus tard, pas grave !). Steve Harris affiche une forme éblouissante et un jeu main droite toujours aussi impressionnant. En rappel, le groupe nous réserve The Number Of The Beast, Blood Brothers (dédiée aux victimes du Bataclan) et Wasted Years, sur laquelle Bruce mimera de frapper Adrian Smith avec son micro pendant son solo de guitare. Difficile de faire la fine bouche malgré une setlist un peu bancale, Iron Maiden affiche une classe inégalable en live, c’est propre, c’est vivant, c’est grandiose (et grand guignol) mais ça marche toujours. De vrais légendes.

Dernier concert du vendredi, Tremonti ont pour mission de capter ceux qui étaient venus voir Iron Maiden et qui s'en vont, et de réveiller un peu ceux qui restent. Maiden c'est très bien mais quand c'est la sixième fois qu'on les voit faire le même show, ça endort un peu quand même, il faut dire ce qui est ! Dès les premières notes on sent beaucoup d'énergie. Une musique clairement orientée Heavy metal alternatif. Des formules qui marchent, pile poil ce qu'il faut pour capter l'attention.  Alors que les gens se dirigent vers la sortie du site, certains changent leur direction pour venir voir les Michiganais.  Le set est très cohérent, très professionnel. Malgré quelques centaines de personnes, la majorité ont quand même préféré rejoindre les navettes ou les tentes, mais il en faut plus pour décourager le quatuor venu se faire connaitre dans l'Hexagone.
On en retient un show maîtrisé, avec de l'énergie, malheureusement peu voire pas d'interaction avec le public ou de vrais échanges, ce qui est un peu dommage. Ce fut malgré tout plutôt positif dans l'ensemble.



Samedi 11 juin
: (nos photos des concerts)

À la différence de leurs collègues de la NWOBHM de la veille, Saxon avait décidé de faire dans le fan service ce samedi, mettant surtout l’accent sur leurs grands classiques (Wheels Of Steel, Motorcycle Man, Heavy Metal Thunder, Strong Arm Of The Law), sans pour autant négliger les albums plus récents (avec les chansons éponymes des deux derniers albums Sacrifice et Battering Ram). C’est propre, Biff est dans un bon jour et l’ensemble du groupe s’éclate sur scène. Sympa de voir qu’après 40 ans de carrière, leur énergie et leur enthousiasme n’est en rien émoussé, en attendant de les revoir cet automne en tournée en France.

Changement de registre complet avec One Ok Rock, qui donne dans un rock policé, à mi-chemin entre Simple Plan et Green Day, en plus mièvre et dégoulinant de (trop) bons sentiments. Leur chanson This Is My Decision finit d’achever un public très dispersé et moribond, plus occupé à discuté le cul posé sur l'herbe que de véritablement écouter la prestation des …

La venue des Babymetal semblait avoir attisé la curiosité de la grosse majorité des festivaliers, massés en nombre devant la mainstage. Leurs apparitions se font rares dans nos contrées (et surtout, il faut y être à l’heure, les jeunes japonaises devant avoir fini leur show avant 20h, législation sur le travail des mineurs oblige) et pour le coup, il faudra les attendre ! Les aléas de la technologie et de ne pas jouer complètement en live : un problème technique contraint le groupe à commencer son set avec 25 minutes de retard. Heureusement, l’équipe en charge de la réalisation des retransmissions sur écran géant se met à la traque de festivaliers extravagants, un pikachu par ici ou des power rangers par-là, ainsi que quelques demoiselles en soutien-gorge voire topless (avec l’art pour le réalisateur de toujours la montrer sur les écrans géant de dos, au grand dam de tous). Et c’était là la meilleure partie du set de Babymetal, car une fois entamé, leur show plonge vite dans la consternation. C’est plat, le groupe et les chanteuses n’occupent pas l’espace (en salle, peut-être que cela rend mieux) et les chorégraphies ne relèvent pas l’ensemble. Impossible alors d’essayer de profiter des lignes musicales et heureusement, le rendez-vous pris pour l’interview avec Biff Byford de Saxon vient mettre un terme à ce calvaire (même si on pouvait entendre la fin de leur set depuis les loges).

Dire que les vikings d'Amon Amarth étaient attendus relève plus de la petite blague potache puisque lorsqu'on s'approche de la stage 2, une immense foule est déjà massée. La scène, quant à elle, est décorée avec deux énormes stèles gravées de runes ainsi que deux têtes de dragons tandis que le drumkit domine fièrement le tout. Lorsque résonnent les premières secondes, impossible de se tromper : les Suèdois sont venus tout détruire puisque c'est Pursuit Of Viking qui ouvre la danse. Son gras et massif, quoi qu'un poil fort pour pas grand-chose au final, le Death Metal mélodique entraînant qui a fait la réputation du groupe fait son effet. La setlist fait la part belle aux quatre disques les plus récents du groupe, ce que l'on pourra regretter en partie, tant des perles comme Asator ou With Oden On Our Side auraient mérités d'être jouées au profit de Raise Your Horns, que nous avons trouvé parfaitement vide d'intérêt. Au-delà de cette très légère déception, Amon Amarth propose un show impeccable, carré, parfaitement mis en place et enflammé (au propre comme au figuré) et ce n'est pas le doublé final Guardians Of Asgaard/  Twilight Of The Thundergod qui viendra contredire tout cela, écrasant au passage quelques crânes et détruisant bien des nuques.

Pas de sample, pas d'intro, pas de lights, rien de superflu. Juste deux types bien habillés qui se pointent sur scène et qui à peine arrivés envoient la sauce ! On est comme ça au pays Gascon, on n'aime pas les manières. La scène 3 est la plus petite mais on a l'impression que tout le festival s'est amassé pour venir voir The Inspector Cluzo. Après un début très abrupt et percutant, le batteur se lève de son siège et siffle en battant la mesure à l'aide d'un maracas. Changement de style, changement d'ambiance radical, et c'est pas fini, des envolées lyriques très soul, un peu à la Bee Gees viennent une nouvelle fois  rechanger la donne, puis ça repart rock, puis blues, puis metal, puis funk. Et ça n'arrête pas ! Comme si RATM s'était accouplé à John Mayol. (Pauvre John) 
Les musiciens n'utilisant pas de setlist, ils s'accordent en faisant quelques signes pour savoir sur quoi enchaîner. Parfois même ça jam et c'est un bonheur de voir ça un samedi soir à 21h dans un festival "Metal" mais qui était vraiment très axé rock sur sa programmation ce jour là. Quasiment aucun temps mort. Les seuls moments d'intermèdes non musicaux sont comblés par Laurent, le chanteur qui explique qui sont les deux membres de The Inspector Cluzo, leur culture Gascogne et leur passion pour la ferme.
Le Montais n'a pas la langue dans sa poche et quand vient Fuck bass player, il n'hésite pas à dire "un bassiste c'est comme notre président de la république : il ne sert à rien !" et ils ne sont pas les seuls à en prendre pour leur compte, l'occitan pourra en témoigner ! Cluzo est engagé et tient à le faire savoir. Après une chanson solo de Laurent en hommage à son grand-père décédé, Mathieu revient pour le final et quel fut-il ! La batterie a été complètement dépouillée. Il a fini debout sur sa grosse caisse en train de taper du pied dessus alors qu'il était plié pour jouer de la caisse claire avec les baguettes, seule pièce qu'il restait de la batterie éclatée, balancée aux quatre coins de la scène.

Jane’s Addiction déroule sans trop se fouler et monte en puissance progressivement au fil des chansons. Dave Navarro et Perry Farrell se posent en véritables objets de mode (et font la gueule, comme les mannequins qu'on voit défiler sur les podiums) puis heureusement le set bascule sur la fin pour sortir le public de l'ennui vers une version coquine, avec des danseuses courtement vêtues et surtout des performeuses en suspension (accrochées par des piercings dans la peau du dos) qui réaliseront une chorégraphie aérienne à plusieurs mètres au dessus du sol. Scotchant et, malheureusement, bien plus que la musique des instigateurs du Lollapalooza et de leur prestation carrément fade.

En quittant le site du festival durant le concert de Korn (comme beaucoup de monde), on tombera sur quelques personnes profitant du concert depuis l’extérieur de l’enceinte du festival. Des personnes qui regarde le Download Festival sans payer ? Mais que fait Hadopi !!!




Dimanche 12 juin
 : (nos photos des concerts)

Place à la pluie (et à la boue) pour ce dernier jour, de quoi réveiller l'enfant qui sommeille au fond d'une bonne partie des festivaliers...

C'est au trio californien The Shrine qu'incombe la tâche d'ouvrir ce dernier jour de festival, et pour ceux qui n'auraient pas été encore bien réveillés (il était 14h30 quand même), aucun doute que l'énergie déployée par les trois barbus aura fini de leur remettre les idées en place. Leur Rock'n Roll psyché est vicieux et rugueux et vient nous racler allégrement les tympans, qui avaient été bien trop épargnés la veille il faut dire. Le summum est atteint en fin de set lorsque le groupe se paie le gros kiff d'inviter sur scène Beb, chanteur (à mi chemin entre le Doc Brown de Retour vers le Futur et Iggy Pop) du groupe Soggy (Rock des années 70) dont ils sont, d'après leurs dires, archi-fans, pour interpréter ensemble une reprise survoltée de Soggy justement, Waiting For The War.

Place à Skillet et son Christian Electro Metalcore (bon, ok, n'ayant pas peur des mots, pour faire simple, c'est du Crabcore). Que dire, à part que c'est légèrement moins insupportable en live que sur CD, en raison d'un chant moins bidouillé niveau auto-tune. Ah si, les quatre membres du groupe étaient drôlement élégants. Mais ça ne fait pas tout.

Puis c'est au tour du "moteur du Metal français" de venir faire parler la poudre. Le public est très nombreux devant la Stage 2 lorsque retentit l'intro de l'Oeuf. Pendant l'heure qui lui est allouée, Lofofora fait le tour complet de sa discographie et de ses grands classiques : Macho Blues, le Fond et la Forme, Carapace ou encore les Gens avant laquelle Reuno, fidèle à lui-même, sortira une petite diatribe contre le grand capital : "ça me fout les boules de jouer face à la Défense". Le groupe est archi-carré et envoie une grosse patate et les festivaliers lui rendent bien en foutant un gros bordel dans le pit. Le set se termine sur Double A (pour Adolescent Attardé), choix parfait vu la tournure qu'allait prendre la journée, à base de glissade et autres joyeusetés dans la boue.

Les Londoniens de Strange Bones jouent sur la plus petite des scènes, la bien nommée Stage 3, située sous un chapiteau et cette ambiance feutrée, proche de celle des clubs, leur convient parfaitement. Au menu donc, un mélange surprenant mais pas si improbable de White Stripes, de Punk Rock et d'une petite touche vocale de Nirvana. Autant dire que les affaires s'annonçaient sous de bons auspices. Les astres du Rock'n'Roll ne se sont d'ailleurs pas trompés et c'est une prestation explosive que le trio livre, aidée par l'énergie d'un chanteur guitariste déchaîné. Le bougre occupe la scène, salue les photographes et son public, harangue la foule, saute de partout tel un cabris avant de nous confier sa joie d'être présent ici, armé d'un accent « so british » à couper au couteau. Les riffs sont immédiats, basés autour d'un groove qui ne saurait laisser personne de marbre. Nous nous joignons à la danse avant de voir le groupe quitter la scène plus de vingt minutes avant l'horaire prévu.... une déception tant nous étions convaincus.

Pour rester dans leur thématique historique, ça a été la Bérézina pour Sabaton ce dimanche : vol supprimé lors de leur transfert, arrivée tardive sur le festival avec annulation de toutes les interviews prévues et surtout un déluge qui s'abat sur Paris lors de leur montée sur scène. Mais il en faudrait plus pour décourager les Suédois et leur faire perdre leur bonne humeur habituelle. Au contraire même, le groupe semble se jouer des éléments (ce qui donnera lieu à de jolis clichés). Ils joueront même leur tout dernier single sorti deux jours avant, The Lost Battallion, qui parle d'une des dernières bataille de la Première Guerre Mondiale : les pieds dans la boue en formation, on pourrait presque s'y croire ! Une petite reprise (partielle) de Winds Of Change de Scorpions et le groupe enchaîne sur son tube "abba-esque" To Hell And Back qui fera remuer (et déraper) les festivaliers. Puis le groupe quitte la scène quelques instants (certainement pour se sécher un petit coup plutôt que pour faire un rappel) et finira son set avec Primo Victoria et Metal Crüe. Une valeur sûre pour peu qu'on apprécie les mélodies au synthé.

Le public venu se faire sécher pendant Skindred était bien décidé à faire monter la température d'un cran. Dès la première note du sample d'intro, en l'occurrence Thunderstuck, c'était déjà le bordel. Après le deuxième sample : l'hymne de Dark Vador, les Anglais sont arrivés en balançant leur dernier tube Under Attack
Un son nickel, une prestation sans faille, ça bouge, c'est vivant, c'est dansant, hypnotisant ! Quand on écoute Skindred live on se retrouve dans un état second, une transe musicale où on rentre en communion avec le groupe et le public. Ou peut être c'est l'odeur étrange de la fumée qui se dégage de la foule qui fait cet effet, qui sait ?
Quand il s'agit de mettre l'ambiance Benji, le chanteur sait y faire. Qu'il s'agisse de faire lever son poing sur Kill the Power, de faire un signe de paix sur Sound the Siren ou des horns sur Pressure, tous le font. Ou du moins ont intérêt à le faire. Le facétieux chanteur n'hésite pas à interrompre un morceau en plein lancement parce qu'une fille au premier rang ne lève pas les bras. Un show provoc' également avec une chanson de Justin Bieber samplée.
Un des meilleurs shows du festival, l'ambiance est très chaude. Ça jump, ça headbang, les mosh, circle pits et même wall of death éprouvent les acteurs au gré des chansons qui défilent. Au final les spectateurs trempés par la pluie sont ressortis noyés de sueur de l'étuve qu'a provoqué Skindred sur la scène trois.

Malgré la pluie, le public a répondu présent pour le groupe américano-danois Volbeat. La main stage est remplie, pas de place pour ceux qui sont arrivés en retard. Un concert qui démarre part le dernier tube en date, The Devil's Bleeding Crown magistralement accompli et très bien perçu par le public qui acclame les créateurs du Elvis Metal.
Le son est vraiment excellent. Le meilleur à mon sens avec Avatar, on entend tout parfaitement et avec un niveau ni trop élevé ni trop faible. Le chant est vraiment impérial, les solos guitares (qui sont d'ailleurs excellents sur le dernier album) ressortent bien, tout est précis pour le plus grand bonheur de l'assistance.
Que dire quand tout est parfait ? Allez … vraiment pour être critique on peut dire que le public (enfoncé dans 10 cm de boue) ne bouge pas beaucoup (ce qui se comprend) et que les musiciens ne sont pas non plus très mobiles sur scène. En même temps tous sont à leur poste avec les pieds de micro, pédales, et pendant les quelques rares passages sans chant ou chœurs, on voit que les musiciens prennent plaisir à jouer ensemble ce qui témoigne de la bonne ambiance qui règne au sein du groupe.
Groupe qui consolide de plus en plus son statut d'immense tête d'affiche, et qui continuera comme ça pendant espérons le encore très longtemps. De plus avec la qualité du dernier album, ils devraient gagner encore de nombreux fans.

C'est avec un line-up légèrement remanié que Megadeth débarque sur la Stage 2 : Chris Adler retenu par une tournée avec Lamb Of God a demandé à sa faire remplacer par Dirk Verbeuren (Soilwork, Scarve). Et là, on ne pourra qu'être bluffés par la prestation du Belge, dans le groupe demain à peine 3 semaines... Avec un excellent quinzième album en poche, la bande de Dave Mustaine sort le grand jeu : trois des chansons qui tabassent le plus issues de Dystopia : le titre éponyme, The Threat Is Real et Fatal Illusion. Pour le reste, que du grand classique : Hangar 18 en début de set, Holy Wars en fin (et malheureusement, à cheval avec le début du set de Rammstein), Sweating Bullets, Symphony Of Destruction, Peace Sells... Seule erreur de casting, À Tout le Monde. Il faudrait qu'un jour quelqu'un prenne le soin de dire à Dave que ce n'est pas parce qu'il y a 3 phrases en français dans cette chanson qu'on la kiffe. Pour le reste, il n'y a rien à redire, la scène en jette (avec la batterie installé sur une mini-réplique de collisionneur de hadron, avec écrans d'animation intégrés, affichant par exemple un électro-cardiogramme pendant Fatal Illusion). Kiko Loureiro semble très à l'aise aux côtés de Dave et déroule sans forcer toutes ses parties solos. Espérons que ce line-up dure longtemps, et que le groupe passe bientôt en vrai concert en France.

Pas le temps de trainer, alors que la nuit commence à s'abattre sur Paris, la poudre a déjà parlé et au loin apparaissent deux gros nuages rouges. Direction la Mainstage pour le concert de fin avec Rammstein. Et pour le coup, ce n'était vraiment pas grave de rater le début du show, qui a mis du temps à se lancer (aucun effet pyrotechnique sur les 3 premières chansons, certainement pour ne pas faire de victimes chez les photographes). La nouvelle chanson Ramm 5, Reise Reise, Hallelujah, ce n'est que la promesse de voir bientôt tout péter qui nous fait rester attentif. Et puis finalement, après une bonne vingtaine de minutes, la magie opère. Feuer Frei, Du Riechst so Gut, Ich Will, Du Hast, Mein Herz Brennt, on en prend plein la gueule et plein la vue. Bien que l'on sache maintenant à quoi s'attendre avec eux, il est toujours impressionnant de les voir jouer avec autant de sang-froid au milieu des flammes. Aux côtés de Till, Christian Lorenz assure également le show, étant toujours aussi subjuguant à marcher sur son tapis roulant placé devant son clavier. Les allemands terminent leur show sur la reprise de Depeche Mode Stripped avant de revenir pour le rappel et d'interpréter Frühling In Paris (choix on ne peux plus logique), histoire de fredonner quelques mots en français. Et c'est avec un enchainement Amerika, Engel et Sonne que les teutons finissent d'achever le public parisien, des flammes sortant de toutes parts de la scène et même au niveau de la régie son. Un show époustouflant.



Ce premier Download Festival France fut donc une réussite ; malgré le samedi qui a sonné un peu creux niveau affluence, mais qui a fait du bien du coup, d'être moins les uns sur les autres) ; malgré les problèmes le vendredi à l'ouverture, forcément (problème de wifi, donc pas de connexion pour les scannettes, tous les festivaliers avec des billets imprimés sur internet ont été obligés d'attendre et beaucoup de monde a loupé Gojira à cause de ça ; problème de rechargement des cashless, car pareil, problème de connexion des appareils CB pour payer...)
Après, niveau bars et stand de restauration, il y en avait en quantité très largement suffisante (passé le premier rush du vendredi, il n’y avait jamais d'attente aux bars, et une attente raisonnable pour la bouffe. Le son était dans l'ensemble correct, mais l’hippodrome étant  une grande étendue plate, il y a eu parfois beaucoup de vent, ce qui altérait la qualité sonore. Le running order a été respecté quasiment au poil (hormis Megadeth qui rallonge sa setlist alors que Rammstein commence son show).  On pourra cependant regretter que le festival n’ait pas mis plus en avant les groupes français (oui, ils sont plus connus en France que One Ok Rock dont le million et quelques de likes sur FB ne pèse pas bien lourd chez nous...), le tarif du merchandising où on ne trouvait aucun tshirt à moins de 25 euros (Rammstein c'était 40 € mais cela ne les a pas empêché d’en vendre à la pelle) et le prix (parisien) des boissons alcoolisées aux bars. Mais bon, l’ambiance était là grâce aux festivaliers (et à la boue) et c'était bien le plus important.

Rendez-vous est pris pour 2017 !

Maxwell (Juin 2016)


Un grand merci à toute l'équipe du Download Festival France pour leur accueil durant ces trois jours.

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Commentaires

AudreyDSCLe Lundi 27 juin 2016 à 19H59

Merci pour le report !
Dommage qu'il n'y ait rien sur Ghost ... :(