Pelican et Wiegedood le 5 mai 2016 La Maroquinerie

La Maroquinerie accueillait ce soir deux formations proposant une musique originale, bien qu'ancrée dans le Metal, les Belges de Wiegedood et les Américains de Pelican.

Auréolé du succès critique de son premier album, les membres de la Church Of Ra entament leur premier concert en installant une atmosphère sombre à grand renfort de nappes ambient avant de tomber les masques : la fureur du Black Metal explose, le son est particulièrement fort mais jamais brouillon. Le batteur est un véritable monstre d'endurance, maltraitant avec précision son instrument inlassablement, sans jamais faiblir. De leur côté, les deux guitaristes s'en donnent à cœur joie, enchaînent les riffs destructeurs tandis que Levy hurle à plein poumon, quand il n'est pas occupé à déchirer les âmes de l'assistance à coups de mélodies lancinantes et émotives. Au cours de leur set de quarante minutes environ, tous les morceaux de De Doden Hebben Het Goed vont y passer sans que l'on ait véritablement à se plaindre tant l'épreuve de la scène sublime chaque émotion que peut nous faire ressentir l'album : rage, douleur, tristesse, violence... Bien sur, le volume sonore n'aide pas à saisir toutes les subtilités, d'autant plus que les nombreuses pistes guitares des versions studios ne peuvent être jouées ici, mais qu'importe : le live leur va à ravir, mettant en avant la violence exacerbée de leur musique et son côté viscéral particulièrement honnête. Wiegedood a réussit son premier concert parisien.

Pelican n'avait pas joué depuis longtemps dans la capitale et le public ne s'y était pas trompé : la Maroquinerie est bien remplie. Les deux premiers morceaux mettent tout le monde d'accord : le groupe a la rage et va mouiller la chemise tandis que le son, majestueux, permet de saisir chaque artifice glissé dans les compositions. Sans surprise, et au grand dam de certains amateurs, la setlist de ce soir va surtout se concentrer sur les deux derniers albums du groupe : Forever Becoming et What We All Come To Need. Malheureusement, au fur et à mesure du concert et des titres joués, le concert perd en intensité et il faut avouer qu'une fois passée l'heure de show, nous commençons doucement mais sûrement à moins apprécier. Rien de grave bien sur, puisque Pelican a toujours cette science du riff qui permet de rattraper l'auditeur au vol et de le forcer à hocher la tête au rythme de ces envolées Post Metal et Post Rock qui ont fait leur renommée mais après une introduction si puissante, cela paraît logique. Le final est là pour remettre les pendules à l'heure avec un enchaînement "GW" et "Mammoth" qui dissipe nos doutes.

Malgré un petit passage à vide, Pelican a fêté dignement son retour en terre parisienne et le public ne s'y est pas trompé. Wiegedood, quant à eux, confirment qu'il ne faudra pas les oublier... ce sera difficile avec les acouphènes qu'ils nous ont refilé.

Raikage (Juin 2016)

Un grand merci à Kongfuzi Booking. 

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