Albums du moment
Pochette Quadra
Pochette Lokabrenna Pochette The Fallen Crimson
Chroniques
Pochette Hällas
Pochette Carnivore
Pochette Bloem
Pochette Sisyphus

This Will Destroy You + thisquietarmy 07/05/16 - Paris - Petit Bain

Direction la Seine en ce samedi soir où soleil et chaleur se sont invités dans la capitale, puisque c’est sur la péniche (ou la barge, appelez cela comme vous le souhaitez) qui accueille la salle de Petit Bain que se produisent les Texans de This Will Destroy You. Je ne les ai pas vus en concert depuis 2008 et une prestation remarquable donnée d’ailleurs à quelques dizaines de mètres de là, au Batofar.

C’est Eric Quach (aka thisquietarmy), qui se charge d’ouvrir un bal qui tourne immédiatement à la séance de transe collective provoquée par un set hypnotisant où les boucles de guitares et d’effets du Canadien se chargent de nous emmener loin, très loin, là où la sensation de vivre un rêve éveillé devient permanente. Drone et Shoegaze s’attirent, se repoussent et finissent par fusionner lors d’un voyage grisant, et déstabilisant, rendu encore plus palpable par des projections de paysages désertiques, de forêts, d’un fleuve remonté par un patrouilleur spectral sorti d’Apocalypse Now, ou d’une jeune femme errant sans but véritable dans un cimetière. Les teintes Post-rock (voire Postcore) des compositions de thisquietarmy viennent parfaitement s’intégrer au tableau. Habité par sa musique, Eric Quach réussit à rendre pertinentes de minimes variations de rythme et de subtiles altérations de textures pour offrir à son public une expérience unique.


Alors que les quatre membres de This Will Destroy You semblent être encore en train de finaliser la balance, les lumières s’éteignent et l’on comprend vite qu’elles ne se rallumeront qu’à la fin du concert, laissant Chris (guitare) et Donovan (basse et claviers) et leurs lampes frontales se charger d’éclairer de façon forcément particulière la musique du groupe. Il faut reconnaître que cette configuration minimaliste s’adapte parfaitement au Post-rock des Américains, dont les morceaux oscillent entre montées en puissance typiques du genre (mains néanmoins dévastatrices) et plages aux nuances électroniques plus contemplatives qui demandent une implication importante de la part de l’auditeur. Débarrassés des distractions visuelles qui peuvent parfois nous faire oublier que le plus important est ce qui passe par nos oreilles, nous nous plongeons la tête la première dans l’abysse, uniquement rassurés par les deux faisceaux lumineux venant déchirer les ténèbres, tels ceux de spéléologues sur le point de découvrir une grotte inconnue du reste du monde. Le groupe pioche principalement dans ses trois LP pour alimenter sa setlist et enfonce le clou avec A Three-Legged Workhorse, interprété de façon magistrale, mêlant beauté, émotion et libération. Les lumières se rallument, évoquant les quelques secondes qui suivent un réveil en sursaut, entre interrogations et mélancolie. Le Post-rock, joué comme cela, a encore de beaux jours devant lui.

Chris (Mai 2016)

Un grand merci à Petit Bain.

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment