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Cult Of Luna, Moloken le 12/04/16 Paris (La Gaîté Lyrique)

Le retour de Cult Of Luna en France a quelque chose d'immanquable. Le groupe se fait quand même assez rare chez nous (la dernière fois c'était en tournée avec God Seed), mais surtout, les suédois ont annoncé jouer en intégralité leur chef d’œuvre incontesté, monument du style Postcore / Post-Metal, Somewhere Along The Highway. Une montée à la capitale s'imposait donc.

C'est à La Gaîté Lyrique un mardi soir que l'on a rendez-vous. La date est sold-out depuis plusieurs semaines et en cette fin d'après-midi, de nombreux fans se pressent déjà à l'entrée de la salle, fort belle d'ailleurs avec son mélange de modernité et de style ancien à la fois classe et chaleureux, qui se prête particulièrement bien à l'accueil du groupe. C'est Moloken, des suédois originaires de la même ville que Cult Of Luna, Umea, qui ont la dure tâche d'ouvrir la soirée. Le quatuor ne dénote clairement pas sur l'affiche bien calé dans un sillon Post-machin déjà fort défrichés par tout un paquet de groupes de façon plus ou moins heureuse. On pense à Neurosis (forcément) pour la lourdeur et les ambiances d'ébène, à d'autres formations un poil Crust / Black comme Downfall Of Gaia ou Light Bearer et Planks notamment grâce au chant éraillé du bassiste et quelques fulgurances. Les quelques tournures plus aériennes manquent d'éclat et tout le reste demeure malheureusement trop convenu et engoncé dans si peu d'originalité qu'on finit par décrocher avant la fin de leur 40 minutes de set. Par ailleurs je persiste à penser que la scène était  trop grande pour eux alors que dans une autre disposition plus resserrée, on aurait pu gagner en efficacité. Au moins le public aura applaudit poliment les efforts de Moloken, content d'être la pour défendre ses compositions.



Le hors d’œuvre étant passé, on s'attaque au plus gros morceau, après être passé récupérer le LP de Mariner, la collaboration entre Cult Of Luna&Julie Christmas qui vient juste de sortir. Les lumières s'éteignent et laissent le groupe débuter dans un clair / obscur saisissant sur les premières notes électroniques de The Sweep qui découlent logiquement sur le martial Light Chaser. Chaque musicien est à sa place. La double batterie en impose, les hurlements de Johannes Persson glacent le sang. Ca vient à peine de commencer que l'on sait qu'on va avoir droit à un set d'exception. Parce que le groupe en lui même transpire cette classe naturelle et cette envie de faire un concert à la fois maîtrisé, millimétré même, mais essentiellement organique et vivant. Le travail sur les lights aussi est ébouriffant, à la fois sobre mais travaillé, mettant en valeur aussi bien les musiciens que l'ambiance des titres. Et cerise sur le gâteau, néanmoins indispensable, l'acoustique de La Gaité Lyrique, tout comme le taff de l'ingé-son sont impeccables et viennent parfaire le tableau. Que se soit les voix, la rythmique, les guitares ou les arrangements, tout sonne d'une puissance et d'une pureté à rendre jaloux plus d'un groupe d'un genre qui demande autant de précision sonore. La première partie du set de Cult Of Luna est donc axée sur des titres post-Somewhere Along The Highway. Certains éléments électroniques de Vertikal se marient à merveilles avec d'anciennes compositions issues de Salvation. Que dire alors qu'entendre Echoes ou Waiting For You en live, parfaitement exécutés, avec un son et des lumières qui en mettent plein la vue, tiennent de l'orgasme. De même pour Owlwood, ouverture du Eternal Kingdom avec son riffing fabuleux, ce chant qui tabasse et cette rythmique folle. Ca fait 50 minutes que Cult Of Luna a commencé et on est totalement sous le charme.



Vous expliquer que les suédois vont encore gagner en puissance, en émotion, en charisme (insérez ici le qualificatif que vous voulez) lorsque les premières notes de Marching To The Heartbeats, première plage atmosphérique de Somewhere Along The Highway, résonnent, est presque indéfinissable. Le public déjà bien chauffé à blanc, augmente encore d'un cran dans son enthousiasme aidé par la charge émotionnelle du culte Finland. Back To Chapel Town brille par sa beauté et par sa noirceur en milieu de titre. And With Her Came The Birds est le moment le plus reposant du concert, mais scintille d'une classe absolue, porté par ses notes de banjo jouées au clavier par Kristian Karlsson qui importe un peu de désert américain dans ce froid scandinave. Les montées en puissances de Thirtyfour peuvent bien nous mettre à genou, on sait que la suite arrive : Dim, point d'orgue de la soirée, sublime titre paré d'un développement d'un éclat sans pareil, exécuté à la perfection, les lignes de guitares magnifiées par un jeu de lumière encore une fois proche de la perfection. La conclusion se fait sur le pavé de quinze minutes de Dark City, Dead Man provoquant frissons sur frissons, nous laissant dans un état béat avant que Johannes ne revienne prononcer les seuls mots du groupe de toute la soirée, en remerciant humblement l'auditoire.



Deux heures de set, un son parfait, une setlist parfaite, des lights parfaits et quelques modestes mots qui en arrivent au constat que décrire à quel point un concert de Cult Of Luna tiens presque du sacré est difficile, le mieux étant encore de le vivre. Mais pour sûr, un des (si ce n'est le) concert(s) de l'année, évidemment.

Pentacle (Mai 2016)

Merci à A Jeter Prom et Cartel Concerts pour l'invitation.
Photos de Manu Wino.

Setlist Cult Of Luna :

The Sweep
Light Chaser
Owlwood
Echoes
I: The Weapon
Waiting For You
Marching To The Heartbeats
Finland
Back To Chapel Town
And With Her Came The Birds
Thirtyfour
Dim
Dark City, Dead Man

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Commentaires

LapKanLe Mardi 17 mai 2016 à 21H12

Super concert, il me semble pourtant qu'il a fallu subir 10 minutes de concerts avec un Cult of amputé d'un guitariste (celui qui chante sur With her Came the Birds, avec des galères de cables)ce qui était vraiment trèèèèès frustrant!

PentacleLe Mardi 03 mai 2016 à 10H40

C'est corrigé, merci pour cette précision :)

petoLe Mardi 03 mai 2016 à 09H51

Enorme ce concert!
Merci pour le report :)

guikeenanLe Mardi 03 mai 2016 à 02H14

Anders Teglund? A moins qu'il ne soit réapparu d'un coup, ce n'est plus lui aux claviers depuis pas mal de temps. C'est Kristian Karlsson (aussi bassiste de pg. lost) qui officie depuis déjà la tournée de Vertikal.