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Le Mondial Du Tatouage, journée du samedi 5 mars Grande Halle de la Villette

Destination la Grande Halle du parc de la Villette de Paris où se tenait, durant trois jours et pour la 3ème année consécutive, le Mondial du Tatouage. L'organisation n'a pas fait les choses à moitié pour accueillir 32 000 personnes pendant ces trois journées de festivités avec bien sur énormément d'artistes tatoueurs présents mais aussi des concours, des expositions et des concerts.  
D'emblée, nous sommes rassurés, l'ensemble est géré de manière professionnelle, les horaires de début et de fin de concours sont parfaitement respectés et face à l'ampleur de la tâche, ce n'était pas gagné.

Au programme donc de cette journée, divers concours organisés afin de mettre en valeur les tatoueurs présents ou non lors du salon mais aussi les modèles qui prennent un plaisir évident à montrer les œuvres d'arts ornant leurs corps. Avec un jury aussi prestigieux, comptant dans ses rangs Bill Salmon, Luke Atkinson, Kari Barba et Filip Leu, le niveau se doit d'être élevé et il l'a été tout au long de la compétition. Une petite mention spéciale tout de même au « best of day » qui consiste, tout simplement, à désigner les meilleurs tatouages effectués cette même journée et sur place. 

Les concours ne sont pas la seule chose à faire lors du mondial et le simple fait de déambuler à l'intérieur de la Grande Halle est avant tout l'occasion de rencontrer plusieurs artistes et passionnés. À côté des grands noms du milieu, comme Aaron Bell, Freddy Corbin, Scott Ellis ou Henning Jorgensen qui attirent une foule compact sur leurs stands et dont les plannings sont complets depuis des mois, on retrouve des artistes moins connus mais non moins talentueux. C'est par exemple le cas de Rafel Delalande, venu tout droit de Londres, qui impressionne par ses œuvres en noir et blanc, sombres et évocatrices, et dont le lien avec le milieu Rock et Metal est plus qu'évident, mais assumé. Son livre en main, on constate que l'homme a déjà encré la pochette du premier album de Napalm DeathScum, preuve évidente du bon goût du client et de l'exécutant. 
L'occasion nous est également donné de découvrir les talents français, forcément l'une des nationalités la plus représentée sur le talent et à juste titre. À mille lieux des œuvres de Delalande, Mikaël de Poissy s'inspire des vitraux médiévaux afin de créer des tatouages uniques et particulièrement originaux. Autre figure française, autre style mais tout aussi habile techniquement et artistiquement parlant, je veux bien sur parler de Guy Le Tatooer. Inspiré par les œuvres orientales, notamment indiennes, Guy travaille en noir et blanc et exécute un travail d’orfèvre sur ses clients qui, une fois son œuvre achevée, sont ornés de magnifiques mandalas aux formes géométriques, de fleurs et de symboles protecteurs. 

La journée passant très, trop pour être honnête, vite, nous décidons de faire un rapide détour par l'exposition mise en place par Fender, la célèbre marque de guitare, qui a laissé neuf tatoueurs, dont Tin-Tin, organisateur du salon, transformé autant de simples instruments en œuvres d'arts. Une nouvelle occasion de prouver que ces artistes sont doués et restent avant tout des passionnés de dessin, de peinture et d'art en général. Ce rappel au monde de la musique intervient d'ailleurs bien à propos puisqu'il nous faut déjà nous diriger vers le centre de la salle afin d'accueillir comme il se doit Hangman's Chair, premier groupe à fouler les planches ce soir pour clôturer la soirée et permettre à chacun, artistes comme visiteurs, de se détendre.

L'occasion est parfaite  pour les Parisiens : une Grande Halle pleine à craquer, de nombreux visiteurs devant la scène, de nombreuses captations vidéos et surtout leur première grande scène depuis la sortie de leur dernier album, pour se roder avant leur passage au Hellfest et au Roadburn. Dès les premiers coups de semonce, nous sommes rassurés : le son est au poil, le groupe a déjà le sourire et la courte présentation du groupe par Cédric (guitare-chant) n'a rien à voir avec une quelconque timidité. Les riffs vont parler d'eux mêmes ce soir et malgré une setlist un peu plus courte, première partie oblige, les petits plats ont été mis dans les grands. Clément (basse) et Julien (guitare) haranguent comme à l'accoutumée un public qui apprécie le show, connaisseur ou non. Il faut dire que les morceaux du groupe se prêtent parfaitement à l'ambiance d'un événement comme le Mondial du Tatouage, lourds et mélancoliques, mélodiques tout en restant gras, un joli pari qui s'avère une réussite. La caution française de la soirée s'avère loin d'être un simple quota obligatoire mais un plaisir des yeux et surtout des oreilles. Les classiques "Flashback" et "Cut Up Kids" en conclusion achèvent de convaincre la foule tandis que, du premier rang, nous comprenons que le groupe vient de gagner une pelletée de nouveaux fans. 

Après quelques minutes d'attentes, Orange Goblin, les monstres sacrés du Stoner à l'anglaise montent sur les planches et nous allons être servis question efficacité et énergie. Le groupe est rodé et ne prend pas sa tâche à la légère : il est venu livrer un concert avant tout et ne va pas se ménager. Sous la direction de Ben Ward, le vocaliste, le public va se déchaîner tout le spectacle durant sous une avalanche de riffs lourds et groovy, un détail inutile mais qu'il est parfois bon de répéter dans le cas de Orange Goblin. Plus d'une heure de live, un sourire qui ne quitte ni l'assistance ni les musiciens, et un nombre de classiques hallucinants ravissent la Grande Halle. On remarque que les habitués des Stoned Gatherings ont fait le déplacement et occupent en force les premiers rangs sans pour autant laisser sur le carreau les spectateurs découvrant le groupe. Après une telle orgie de (très) gros son, le salon se vide d'ailleurs en grande partie, la plupart des visiteurs étant sur les rotules.

On profite d'ailleurs de ce petit moment de calme avant la fermeture pour faire un dernier tour dans la Grande Halle, échangeant quelques mots avec plusieurs visiteurs et artistes qui semblent tous ravis de leur expérience, première ou non. C'est peut être d'ailleurs ça, la grande force du Mondial du Tatouage, avoir réussi à créer un événement élitiste par principe avec une base d'habitués fidèles qui réussit pourtant, tous les ans, à attirer de nouveaux visiteurs, simples curieux, amateurs du tatouage ou bien, pour certains, souhaitant sauter le pas et laisser une trace sur leur peau. 
En assumant le côté Rock'N'Roll et « Rebelle » de cette pratique, dont la richesse est indubitable à la vue du nombre d'artistes, de nationalités et de styles représentés, en faisant jouer des groupes de qualité, en mettant en avant des animations originales (les guitares transformées en œuvres d'art) et en choisissant de ne jamais prendre un ton tout à fait sérieux, le salon réussit son pari, celui de participer à l'entrée du tatouage, une pratique certes de moins en moins marginale, dans la culture populaire sans le prostituer ou le marchander. 

Raikage (Avril 2016)

Un grand merci à l'organisation du Mondial Du Tatouage, aux tatoueurs pour leur accessibilité, aux groupes et à tous les visiteurs.

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