Ain, Déluge et Celeste à la Machine à Vapeur Nancy / 12 Mars

Rien au cœur de cette journée ensoleillée et printanière ne laissait présager la danse apocalyptique des éléments qui allaient survenir ce vendredi soir sur la terre nancéienne. Ou plutôt sur les remous de la Meurthe, puisque c’est à La Machine à Vapeur, que Aîn, Déluge et Celeste sont venus décharger leur Black tonitruant et dissonant, pour le plus grand plaisir d’une audience unie dans une sorte de fraternité musicale. Un concert organique placé sous le signe de la convivialité, que la cale de la péniche a merveilleusement accueilli sur son plancher en lattes de bois gonflées et irrégulières.

L’horloge annonce 20h45 lorsque Aîn s’accapare la scène exigüe du navire : Encapuchonné pieusement sous un vêtement monastique, le quatuor délivre les premières notes de son post black occulte dans les effluves naissantes des herbes aromatiques. La messe noire se transforme progressivement en voyage initiatique et ésotérique à travers un désert brûlé et aride, les voix écorchées se mêlent aux riffs lourds et à la batterie impétueuse, nous traînant encore davantage dans les braises incandescentes et les vapeurs d’encens. Étonnamment, le son est propre et puissant et les contraintes acoustiques de l’embarcation semblent avoir été dépassées avec succès. Une première partie mélangeant la terre mystique et les flammes endiablées, qui ne laissait pas présager le retour au calme.

Setlist : Stance I-III / Stance I-VII / Stance 1 -1 / Stance I-IV / Stance I-V / Stance I-VI

C’est ensuite au tour de luge, fort dun succès naissant, d’assurer la suite des hostilités. Et s’il est un groupe qui porte bien son nom, il s’agit bien de l’œuvre de ces quatre cavaliers de l’apocalypse. Après l’incendie vient la tempête : la musique brutale et puissante s’engouffre dans un amas de noirceur et de vigueur et les interludes, agrémentés de sons d’averses diluviennes, abreuvent la foule sans toutefois lui laisser le temps de sortir la tête hors de l’eau. Déluge nous malmène, nous prend aux tripes et nous assène son énergie débordante en nous noyant sous les hurlements démentiels. Alors que le tonnerre gronde encore, l’heure de la sombre délivrance sonne, et les dernières notes du mélange post black/hardcore fraîchement salué par la critique, retentissent dans l’obscurité du bateau.

Setlist: Intro / Bruine / Mélas | Khōlé / Avalanche / Appâts / Naufrage / Houle

Après la terre, les flammes et l’eau, vient le tour de l’air, ou plutôt son absence via la suffocation apportée par les lyonnais de Celeste. Une expérience irréelle qui n’accorde aucune échappatoire ni rien à quoi se raccrocher, si ce ne sont les quatre faisceaux rougeoyants placés sur le crâne des musiciens, que l’on distingue à peine dans le brouillard opaque et enveloppant. Celeste nous embarque dans un voyage épileptique et aérien, annihilant toute légèreté, faisant vibrer la structure métallique du rafiot au rythme des lumières incessantes des stroboscopes. Une tornade stellaire aux accents « sludgesques » composée de rafales hardcore et de riffs typés post-black qui s’achève pour laisser place aux applaudissements d’un public au visage blême.

Setlist : D'errances en inimitiés / Laissé pour compte comme un bâtard / Sans crainte de s'avouer un jour naufragée / Emprunte d'érotisme  / Dans ta salive sur sa peau / Ces belles de rêve aux verres embués / Toucher ce vide béant attisé ma fascination

Bref, un choix de programmation judicieux couplé à une atmosphère et à un lieu à l’identité marquée étaient les ingrédients intrinsèques de cette soirée couronnée de succès.

Merci à Mega Productions, aux Acteurs de l’Ombre, et à Denovali Records, ainsi qu’à La Machine à Vapeur pour l’organisation de cette majestueuse et cataclysmique révolte des Eléments.

theunknownskater (Mars 2016)

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment