Blackened Gatherings au Glazart le 28 février Glazart

Voilà cinq années que la menace encapuchonnée n'avait pas foulé les terres de notre bonne vieille France et Hooded Menace (à ne pas confondre avec Sunn O))), une autre menace supra-sonique affectionnant les capuches) clôturera la soirée du 28 février au Glazart dans le gras, le sang et le groove. 

Mais ne mettons pas la charrue avant les bœufs puisque Au Dessus, groupe de Post Black Metal venu de Lithuanie, a la lourde responsabilité de tirer les premiers coups de riffs en pleine tête d'une assistance trop clairsemée en ce soir dominical. L'ambiance proposée par le groupe ne laisse pas indifférent et pour cause : Black Metal, Post Metal et guitares acoustiques font bon ménage. La formation est jeune mais ne souffre d'aucun problème d'exécution ni même d'un quelconque manque de sérieux. Malgré un son massif qui rappelle celui de Conan lors des Doomed Gatherings précédents (!), nous n'avons pas affaire à une bouillie inaudible comme cela est trop souvent le cas. On salut également, chapeau bien bas, la prise de risque de Au Dessus qui n'hésite pas à proposer une musique personnelle. Un bon choix et une excellente découverte qui ne devrait pas rester inconnue fort longtemps.

Wheelfall nous arrive tout droit de Nancy et semble pratiquer du « Post Everything » si l'on en croit leur bandcamp. Découverte en live donc de ce nouveau genre relativement difficile à cerner mais loin d'être inintéressant. Du très bon à retenir de leur performance : la musique est on ne peut plus originale et mixe les influences savamment, sans jamais tomber dans le worship band adolescent et donc parfaitement inutile. Isis, Cult Of Luna, Celtic Frost, Swans... on a connu pires singes pour enseigner la grimace et la présence scénique des musiciens ajoutent une touche d'agressivité à leur musique qui n'est pas pour déplaire. En revanche, il est évident que les compositions demandent une certaine maturation et que le live n'est vraisemblablement pas le lieu idéal pour se familiariser avec leur univers. Un sentiment confirmé lorsque nous écouterons leur disque, calmement. 

Ils ont le vent en poupe et semblent être responsables de la venue de nombreux fans, Saturnalia Temple est la troisième entité à se produire en ce jour de sabbat noir. Leur Black Metal/Doom ritualiste incite à la communion religieuse et nous ne nous faisons pas prier. Le rythme ne s'accélère que lentement, les riffs se lovent doucement à la chaleur des bougies et la batterie assoit son emprise sur les fidèles. On regrettera que le guitariste, enchaînant les longs solis, n'en vienne à perdre une partie de son auditoire. Le concert gagne en qualité progressivement ainsi qu'en intensité : Saturnalia Temple n'accélère cependant pas le rythme de son chant liturgique et la céphalo-flexion de ses fidèles se fait générale. 

Les Finlandais de Hooded Menace débarquent à Paris et ils n'ont pas profité de l'hiver pour apprendre à tricoter de jolis pulls en laines. Dose de graisse maximale pour tout le monde, de gore, de kitsch, de mélodies Doom avec un soupçon de Death et, pour parfaire le tout, une présence et une énergie qui font d'autant plus plaisir à voir qu'une grande partie du public est déjà parti. Les absents ont toujours tort et la prestation du groupe va prouver que cet adage n'est pas à prendre à la légère. Armé d'un son plus lourd que lourd, d'une voix plus profonde que profonde et d'un riff de la mélodie plus inquiétant qu'inquiétant, le quatuor brise les nuques à coup de croix inversées, de zombies, de marteaux et bien d'autre objets contondants. A vrai dire, la puissance dégagée par les musiciens est telle qu'on se demande s'il n'est pas possible de changer l'eau en sang contaminé... 
Passons ces considérations alchimiques et intéressons nous à la set list car Hooded Menace a prévu de nous gâter : des nouveautés présentes sur leur dernier effort (Darkness Drips Forth) aux classiques "Never Cross The Dead" ou "The House Of Hammer", l'intégralité de leurs disques est balayée, le public apprécie et le groupe peut compter sur le soutien d'une fosse trop clairsemée mais ô combien battante. Après un rappel consistant en "Night of the Deathcult" (plus de sept minutes de Doom des plus réussies) la Finlande quitte la scène en vainqueurs. Les absents ont vraiment eu tort.

Malgré des concerts réussis, des formations originales et des performances au sommet pour certains (Hooded Menace impériaux) on repart avec un goût légèrement amer dû à la déception de voir une salle si vide pour un line-up d'une telle qualité, d'autant plus devant la tête d'affiche. A moins que ce ne soit le sang sec que l'on ait dans la bouche, la faute aux bûches envoyées en plein visage par les musiciens, allez savoir...

Raikage (Mars 2016)

On remercie les Stoned Gatherings pour cette date remarquable. 

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