Gohelle Fest 2015, 2nd journée, samedi 5 septembre Loos-En-Gohelle

Deuxième et dernière partie de notre report sur le Gohelle Fest avec la journée du samedi 5 septembre. Pour revenir sur les concerts de la veille (Yrzen, Nirnaeth, M:Pire Of Evil, Tagada Jones, Eluveitie, Obituary) c’est par ici.


La nuit fut certainement courte pour les organisateurs, le débriefing, lui, a été surement des plus positif étant donné que tout s’est parfaitement déroulé le vendredi. Pour quelques festivaliers la nuit aura été courte également puisque une visite du patrimoine minier régional était proposée au plus curieux. Belle initiative de l’organisation que de faire découvrir les richesses qu’offrent le Nord Pas de Calais au travers de son histoire. 


Seconde journée, samedi 5 septembre 2015.

Cela étant, les hostilités reprennent vite, bah oui, y’a un fest, et il y a du lourd aujourd’hui ! Samedi oblige, l’assistance est un peu plus nombreuse que la veille lorsque monte sur scène sur le coup de 15 heures Dunkelnacht. le Black Metal des Français peine à motiver une foule un peu inerte. Basant son set essentiellement sur son dernier album Revelatio, la prestation est froide malgré un bon éclairage et quelques effets scéniques sympas, le son lui est brouillon. Sans être mauvais ce n’est pas le concert le plus marquant du Gohelle. C’est un peu dommage puisque sur disque la musique des Nordistes est plus que convaincante.



C’est de nouveau un groupe local qui prend la suite, un groupe du cru même avec WILD. Si le début est assez froid et mécanique, au bout de quelques minutes la formation se lâche et le public répond présent. Le set est lui orienté sur le dernier EP des locaux Happiness is Not Allowed, qui est d’ailleurs en téléchargement gratuit, le groupe communique beaucoup avec la foule et lorsque Ar No de Black Bomb A débarque en qualité de guest il remue l’assistance et met le feu, WILD se lâche totalement, mosh-pit, circle-pit, tout y passe et au final la performance est superbe. Elle se clôture par une reprise de Machine Head, le fabuleux Davidian.



Il est 17h et les choses très sérieuses commencent, voici la première grosse tête d’affiche de la journée : Rotting Christ. Le background des Grecs est absolument divin, le temps d’une intro instrumentale laissant aux musiciens de s’installer et c’est parti. Quelle présence, quelle classe et surtout quel charisme dégagé par Rotting Christ, la foule se masse devant les barrières et est totalement conquise par le Dark Metal puissants et lourd proposé. The Sign Of Evil Existence, Societas Satanas ou encore le génialissime In Yumen / Xibalba émerveillent et envoutent un public en transe. Le tour de scène ici réalisé met un gros coup de pression pour les groupes à suivre, ce n’est pas l’ovation faite par les festivaliers du Gohelle qui dira le contraire. Merveilleux.




On se remet tout doucement de l’éblouissant show de Rotting Christ, 30 petites minutes de répit et c’est au tour de Tankard de prendre le relais. Effectivement c’est un virage à 180 degrés que prend le festival mais c’est aussi ça le bonheur d’avoir une affiche aussi éclectique ! Avec les Allemands vous-vous doutez bien que le spectacle tourne à la folie, ce sont de véritables maitres dans l’art de secouer et remuer les foules. Gerre est au sommet de sa forme notamment sur le titre Zombie Attack, il court partout comme un hystérique, on croirait qu’il est réellement poursuivi par une horde de zombies ! Une heure de grosse claque et une avalanche de décibels qui régalent tout le monde.



Après toutes ces émotions il est temps d’aller se jeter un godet et d’assister à la séances de dédicaces de Rotting Christ. Grand moment pour les fans, les Grecs à l’instar de Obituary ou Eluveitie la veille sont des grands seigneurs, très disponibles et souriants avec les festivaliers et la presse. Voici le genre de plus qui rend un fest encore plus sympa !


Il est presque 20 heures, tout le monde prend l’air quand soudain un riff retentit. Entombed A.D. est sur les planches, nous ne le savons pas encore à ce moment là, mais nous allons assister à un show tout simplement épique ! Dans un premier temps c’est le métier qui parle, les Suédois sont des anciens de la scène et leur Death fait mouche, I For An Eye, Revel in Flesh, Stranger Aeons, ça tabasse devant un public en feu. Puis, soudain, Lars Goran Petrov qui est dans une forme olympique, voire dans un état second, s’ouvre une bouteille de vodka, le bougre n’étant pas avare il décide d’en faire profiter la foule ! C’est l’un des agents de sécurité qui joue le passeur (notons l’état d’esprit ouvert de celui-ci qui a bien compris que cette bouteille n’est pas une arme de destruction massive et que les metalleux ne sont pas dangereux). Le premier rang se rince le gosier et la bouteille termine de l’autre coté de la scène où un agent la récupère, est-il nécessaire de dire que la bouteille est revenue vide ? Le concert en lui-même est absolument génial, notamment durant LE titre que tout le monde attend : Left Hand Path, issu du premier album du même nom, un public hypnotisé pour une version très différente de l’originale puisqu’il manque une guitare, le solo est superbe, la basse épate, Entombed A.D. balance purement et simplement une grosse droite.

La petite anecdote sympa : une fréquence radio est restée allumé durant le show, plutôt que de demander à l’éteindre Lars Goran Petrov s’en est amusé du début à la fin, durant les mini breaks entre quelques morceaux nous avions droit d’entendre Radio France Bleue ce qui a beaucoup fait rire le frontman.


À 21h30 c’est au tour de Panzer d’assurer la suite, et autant le dire, malheureusement ils passent après la folie Entombed A.D. et avant la grosse tête d’affiche, ça va être dur pour eux et ça l’est. Bien que le Heavy / Thrash des Allemands soit excellent, le public n’y est pas. L’attitude du combo est néanmoins très pro, éclairage et son géniaux, rien de révolutionnaire mais une prestation version rouleau compresseur qui est raccourcie de 15 minutes par rapport à ce qui était annoncé. On dira que Panzer n’a pas eu de chance dans son placement, pourtant ils ont trusté une place de choix dans l’affiche.



23 heures, ça y est nous y sommes, c’est Carcass qui doit clore cette deuxième édition du Gohelle Fest. Il n’y a évidemment plus un chat dehors, tout le monde est dans la salle. La prestation est évidemment à la hauteur de la réputation des Britanniques, qui rappelons-le font parti des créateurs du mouvement Gore Grind avant de s’orienter vers le Death, puis le Death’n’Roll. Les titres s’enchainent rapidement et sont ponctués par des ovations d’un public en très grande forme. Heartwork, Incarnated Solvent Abuse, This Mortal Coil, No Love Lost, Keep on Rotting in the Free World. Les Anglais piochent dans leur gigantesque répertoire pour envoyer un bois terrible. Bill Steer a une classe de dandy, Jeff Walker une voix très british aristo au naturel, c’est propre, ça tue, violence, technique, le show est irréprochable. Carcass est grand sur scène et le montre. Un peu moins dans le reste puisque ces classieux messieurs n’ont souhaité aucun contact avec les festivaliers et la presse, annulant à la dernière minute par deux fois la séance de dédicaces devant des fans plus que déçus, certains ayant attendus 20 minutes sous la pluie. Malgré tous les efforts des organisateurs du Gohelle Fest Carcass est resté de marbre. Pas très sympa et élégant dirons-nous.



C’est ainsi que s’achève cette édition 2015, on peut affirmer que c’est un succès, autant par l’affiche que par l’ambiance. Au risque de me répéter, durant deux jours nous avons eu à faire à une organisation souriante, disponible pour les festivaliers et la presse, les bénévoles bien qu’étant loin du milieu du Metal pour certains ont été géniaux, très à l’écoute, la restauration et les bars ont eux aussi été à la hauteur. Bref nous avons passé un excellent moment ! 


La salle Varet à peine remise dans son état naturel le Gohelle Fest annonçait déjà que face à la réussite de cette édition, l’an prochain un nouvel opus verra le jour avec pour ambition un festival plus grand et en plein air pour plus d’ambiance, de spectacle et de convivialité !

Shades of God (Octobre 2015)

Crédit Photos : Nicolas Fruchart.
Remerciements : L’organisation du Gohelle Fest, Guillaume L, Juliette M, Vagorn de Nirnaeth, Maureen, l’équipe Kaotoxin Records présente durant ces deux jours. 

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment