Temples Festival 2015, part I le 29/05/15, Bristol

Deuxième édition pour le Temples Festival à Bristol en Angleterre qui s'est notamment illustré l'année dernière en faisant venir pour son baptême du feu NeurosisAmenra, Clutch, Electric Wizard, Doom, Beastmilk, Hark, Conan, Code et beaucoup d'autres. Une sorte de Roadburn qui n'hésite pas à lorgner également du côté du Crust, du Grindcore, du Hardcore, en somme tout ce qui te déglingue les oreilles, peu importe la vitesse et la manière de procéder, avec une programmation recherchée à la fois pointue pour le connaisseur et d'une qualité musicale irréprochable. Cette année, le Temples affiche complet plusieurs mois à l'avance pour un billet autour des 90€ et on le comprend quand on voit l'affiche de sagouins qu'ils nous ont concocté. En plus de ça, le fest se targue d'être totalement indépendant sans aucun sponsor et publicité. Ca force le respect.



La vieille des hostilités, soirée échauffement au Temples, situé dans la zone industrielle de la ville en bordure du canal avec Bossk au set excellemment lourd et cathartique mais malheureusement trop court, ainsi que And You Will Know Us By The Trail Of Dead qu'on aura fuit après deux morceaux à cause du chant et des gimmicks insupportables du leader. Un choix curieux dans la programmation qui sera heureusement le seul faux pas. La courte soirée nous aura au moins permit de découvrir une partie du site, dont la plupart des concerts se déroulent dans un grand hangar (la scène principale), puis un second de taille plus modeste accolé à celui-ci. En extérieur on trouve une court pavée relativement réduite avec de quoi nous restaurer, ainsi qu'un troisième hangar (la salle 3), lui aussi de taille moyenne pour essentiellement les groupes moins connus. Un petit jardin permet également se poser (si l'on trouve de la place) et le tout est agrément de couloirs labyrinthiques permettant de faire la jonction entre les salles, les bars, les distributeurs de bières en canette, et les deux salles de merch des groupes. Bref, c'est un peu le bordel, ça paye pas trop de mine comme ça, le sol est recouvert de canettes dès le début d'après-midi, on a parfois du mal à circuler comme l'affiche est complète, mais c'est punk dans l'esprit et surtout, on est là pour les groupes.

L'ouverture de cette seconde édition se fait sur les londoniens de Throats fraîchement reformés pour l'occasion et pour quelques rares autres dates anglaises. Leur cours set d'un Hardcore destructuré et / ou chaotique met parfaitement en jambe pour cette journée sur laquelle il va falloir s'accrocher. Le temps de faire un tour de salle et de tailler le bout de gras avec Jimbob de Taint / Hark qui occupe un stand au sérigraphies somptueuses, nous manquons les débuts de Young And In The Way qui ont été fâcheusement déplacés sur le running order, suite à l'annulation ces derniers jours de la tournée européenne de Today Is The Day. On se rend vite compte qu'ils sont au moins aussi virulents que sur album. Les gesticulations du chanteur font très Black Metal (pensez Watain) alors que certains riffs et rythmiques rappellent leurs racines Hardcore. Trente minutes hyper méchantes pliées en moins de temps qu'il ne faut pour le dire et c'est déjà la fin.



On tente néanmoins un bout du Beatdown Hardcore de Harm's Way sans conviction. Trop bas du front du pour vraiment s'apprécier sur disque, on ne peut au moins pas leur enlever de faire le taff sur scène avec les rythmiques et break rouleaux compresseurs et de distribuer quelques gnons au passages. Plus intéressant Trap Them et leur Hardcore / Punk de furieux mené par un chanteur possédé (ou bourré) qui passe l'intégralité du concert sur les barrières de sécurité, à invectiver la foule. La scène il ne connaît pas et cela apporte une excellente dynamique à leur prestation. Avant de bien se placer pour Will Haven, fortement attendu, on mange ses dents sur le set de Magrudergrind, sans retenue aucune, tout en violence, en urgence et en compos ramassées. Le groupe ne laisse presque aucune seconde de répit et ça fait mal.



Sans doute pas autant que Will Haven dont le son particulièrement équilibré, paraît tout de suite immense. Incroyable de lourdeur, d'une précision chirurgicale sur les rythmiques cinglantes, des riffs gros comme des 33 tonnes, et un finish sur le tube Carpe Diem. Une leçon de Sludge. Difficile ensuite de totalement apprécier Martyrdöd qui pâtissent d'un son médiocre ne rendant pas honneur à leur amour pleinement assumées pour les phases mélodiques et racines Heavy donnant une saveur particulière à leur Crust / Punk.



Par contre, et comme on pouvait s'y attendre, branlée extrême sur Nails, les mecs ne plaisantent pas une seule seconde et dédicacent la moitié de leurs morceaux aux gens qui racontent de la merde sur eux. Une haine constante s'échappe de leurs morceaux joués avec une force et une conviction inébranlable; Ca donnerait presque envie de sortir dans la rue et de frapper des gens au hasard. Et plutôt me couper un doigt que devoir affronter la fosse remuante sur Nails. Impossible d'assister à Pig Destroyer qui joue sur la scène 2 tellement les abords de la salle son bondés de gens voulant les voir et ça ne désemplira pas. On prend donc son mal en patiente et on se positionne correctement devant Converge dont la salle finira pleine à craquer avant leur entrée.



Celle-ci est acclamée et à raison : les big boss du Hardcore, c'est eux. Une heure de Converge c'est long, mais le groupe a décidé d'incorporer pas mal de passages mid-tempo dans son set (doublé d'une grosse ration de lourdeur) ce qui évite d’enchaîner les titres rapides dans une urgence à mettre tout le monde sur les rotules. Façon de parler parce que Jacob Bannon ne nous ménage pas, bondit comme à son habitude de part et d'autre de la scène, vient à la rencontre des premiers rangs, balance son micro dans la foule a qui veut brailler quelques couplets. Le son est bon, la setlist est excellente avec des titres de You Fail MeAxe To FallAll We Love We Leave Behind vraiment touchant et en rappel, deux morceaux de Jane Doe. C'était le début de leur tournée et on sentait qu'ils en gardaient un peu sous la pédale, toute proportion gardée, puisque c'était sans doute le concert de cette première journée ! C'est donc usé que nous quittons le festival pour un repos bien mérité.

Pentacle (Octobre 2015)

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