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OTB fest 2015 jour 1 La Maroquinerie, Paris

C'est à Nesseria que revient la délicate mission d'ouvrir cet OTB fest 2015. Objectivement, une très bonne introduction pour la soirée : le groupe est carré, les musiciens jouent bien, avec le sourire et le set d’une demi heure passe vite. Le chanteur/hurleur (une constante de la soirée) se démène et ça fait plaisir à voir. Le public, un peu timide au départ et surtout peu nombreux en ce début de vendredi soir, s’avance et la fête peut commencer. Nesseria fait plaisir à voir et c’est bien tout ce qui compte malgré un set court mais surtout, un manque de variation dans les compositions. 

Deuxième fois pour moi devant Revok et je dois avouer que c'est un vrai soulagement de les voir dans des conditions optimales. Les ingénieurs du son de La Maroquinerie connaissent leur travail et ça se ressent. Toutes les subtilités du chant ressortent, les morceaux lourds et ceux plus en apesanteur s’enchaînent sans discontinuer. D'un point de vue stylistique, Revok navigue à vue, sans aucun instrument pour les guider, dans les eaux du Hardcore au sens large, du plus violent au plus mélodique. Le public entre véritablement dans la danse et Revok nous fait un petit plus entrer dans un autre monde à tel point que je ne remonte quasiment plus à l’air libre pour m’habituer au raz de marée qui se prépare. 

Autant mettre tout le monde d’accord, Celeste est le groupe le plus brutal du monde, en live comme sur disque. Et si écouter un album de Celeste est déjà une épreuve alors les subir en live en est une autre bien plus difficile et, paradoxalement, agréable. Les ténèbres et la fumée envahissent la salle, déchirées par les frontales rouges et les stroboscopes… Le groupe commence et le temps s’arrête littéralement. Le mélange de Hardcore, Sludge, Screamo, et de Black Metal déchirent les tympans de la foule qui se presse face à la scène. Pas un seul mot de la part des musiciens et tant mieux, personne n’en veut véritablement tant leur musique parle pour eux. Celeste va donc nous arracher la mâchoire et nous la balancer dans ce qu’il reste de nos visages tuméfiés pendant trois quarts d’heure qui paraissent trente secondes et trente ans à la fois. La barbarie des Lyonnais n’a aucune limite et rien ne saurait les détourner de leur mission : jouer chaque note comme s’ils nous assénaient un coup de hache. La corde cassée d’un guitariste ne suffit même pas à refroidir l’ambiance (saluons au passage les autres musiciens qui n’ont pas passé leur temps à attendre mais à jouer en attendant tranquillement, sans aucune pression, sûrs de leur force) et le public en redemande. Vous l’avez compris, c'est l'un des meilleurs concerts depuis bien longtemps pour ma part. 

Les canadiens de Ken Mode débarquent pour mettre fin à cette première journée de festival et première impression : ils sont massifs. Le batteur fait passer n’importe quel homme de l’assistance pour une petite pucelle effarouchée. Malgré un léger problème au niveau du son de la guitare (plus fort s’il vous plaît!) le trio de Winnipeg assure le show. Hurlement du chanteur qui réussit à se faire entendre par dessus la batterie de son frère, regard de possédé, gestuelle on ne peut plus agressive (et donc adaptée) le frontman vit sa musique comme un combat. Il me rappelle à ce titre Ragnar Lothbrokh, le fameux personnage principal de la série Vikings. Mais passons ces considérations télévisuelles pour nous concentrer sur la musique : Ken Mode joue son mélange de Post Hardcore, Sludge et Noise Rock (les morceaux issus du dernier disque sont d’ailleurs bien plus calmes que ceux que l’on trouve sur les précédents) et le public répond. La fosse s’enflamme, le groupe aussi, les classiques tombent et le groupe sort les deux basses pour nous asséner un "No I'm In Control" qui restera dans les mémoires. "The Terror Pulse"  vient clore les hostilités sur les lignes "This is goodbye"… mais non. "Never Was" est joué en guise de rappel et notre viking du jour rejoint la fosse, se jette aux pieds d’un spectateur apparemment aussi intéressé que s’il voyait un pavé, se tord de douleur devant lui, vient rejoindre les premiers rangs, met le micro au milieu des spectateurs et, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on a envie de le suivre. Après avoir craché notre haine avec ce guerrier des temps modernes, nous n’avons franchement pas envie de partir… 

Un premier jour réussi donc, qui annonce déjà une réussite  pour l'OTB fest... et ce n'est pas fini avec le lendemain ValveThe Prestige, Monarch, Year Of No Light et Oathbreaker... 

Raikage (Juin 2015)

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