Doomed Gatherings 2015, Jour 2 Glazart (19/04/15)

Deuxième journée des Doomed Gatherings 2015 ! Après une première tannée monumentale le samedi, les murs de Glazart sont près à définitivement s’effondrer en ce dimanche tout autant ensoleillé que la veille. A l’affiche aujourd’hui du très lourd, voyez plutôt : les Frenchy de Bagarre Générale et Dirge, suivis du fanfaron Scott H. Biram puis pour achever ce qu’il reste de nos corps meurtris Conan et Ufomammut. Ready ?

Bagarre Générale est un groupe pour le moins intéressant. Sur le papier, de prime abord. Du Stoner/Doom à cuivres, ce n’est pas commun. Les quelques sorties studios du quintet laissent entendre des productions de qualité dans lesquelles l’apport des cuivres est indéniable. Sur scène, l’effet est des plus étonnants. Néanmoins, autant commencer directement par ce qui fâche, les cuivres sont malheureusement sous-mixés. Le son global est de qualité, les riffs plombés et ingénieux sortent du lot mais étouffent littéralement l’apport des deux trompettes, élément qui fait donc la spécificité du groupe. Dommage donc, mais quoiqu’il en soit, lorsque nous les entendons, ces dernières sont tout à fait intéressantes et mettent en perspective l’ensemble. Bagarre Générale a mis le nez dans un filon intéressant qu’il ferait bien de continuer à creuser.
Poursuivons dans le gras français avec Dirge, groupe de Sludge Atmosphérique formé à Paris au milieu des années 90 qui n’en est donc pas à son premier méfait. Bien décidés à faire parler leur expérience, l’on sent dès les premiers instants que nos parisiens ne sont pas là pour rigoler. Les rythmiques sont lentes, particulièrement lourdes et hypnotiques. Le chant hurlé, typique du genre, apporte une puissance certaine aux morceaux. Une prestation globalement bonne d’un genre dont ils font partis des pionniers en France. Respect.

Entre deux poutres de calibre 12, Scott H. Biram se ramène, lui et sa gratte, seul sur scène. Stéréotype du redneck Américain, le cow boy du Kentucky sait comment prendre une salle par le calbute. Il parle vite, fort et fait des blagues dans un accent à couper au couteau que les gens font semblant de comprendre. Concernant le live, c’est la même chose. Il joue vite, fort avec son pied pour seule assise rythmique. Le mélange de Hard/Blues avec des relents Stoner dans les riffs est totalement jouissif : bien difficile de ne pas se prendre au jeu avec un grand sourire. La salle, d’ailleurs, se laisse rapidement emporter avec cet énergumène totalement perché mais irrésistiblement fun. Une transition parfaite qui fait du bien dans ce monde de bûches.

Et en parlant de bûche, celle qui arrive maintenant est du genre « patate de manouche ». Les Anglais de Conan sont de retour en France, un an après une performance dont les mâchoires se souviennent. D’ailleurs, en regardant bien au sol, il est encore possible de retrouver des molaires à droite à gauche. Même endroit, même groupe, mais nouveau batteur. Le bougre n’a pas mis bien longtemps à s’adapter au sein de sa nouvelle écurie. Il se paye même le luxe de ne pas porter le fameux hoodie noir à capuche. Mais qu’importe : quelle qualité de jeu ! Les détails fourmillent tandis qu’il se démène comme un beau diable derrière les fûts. Les percussions sont sèches et claquent à tout va. Petite curiosité : ce Rich Lewis vient de la même ville que l’ancien batteur, c’est-à-dire un trou paumé d’Angleterre. Il faudrait vérifier ce qu’ils mettent dans les biberons là-bas.
Plus globalement, la performance est excellente, même si le son des guitares est un tant soit peu étouffé contrairement à la fois précédente : moins englobant, leur puissance habituellement terrifiante peine à s’exprimer toute entière. Enfin ne soyons pas fine bouche, Conan en live c’est une folie douce dont on se délecte avec un plaisir intact.

Comme si cela ne suffisait pas, c’est maintenant Ufomammut qui foule les planches chancelantes de Glazart. Les Italiens, dont nous avons chroniqué le dernier album, ne sont clairement pas venus pour faire de la figuration. Disons-le même tout de go : c’est en apothéose que se termine cette deuxième édition des Doomed Gatherings. Quelle putain de performance ! Malgré la fatigue qui se fait maintenant ressentir dans les jambes et les têtes, le trio embarque tout le monde avec leur Stoner/Doom de l’espace, enchainant les morceaux les plus violents de leur répertoire. Les bûches n’en finissent plus de tomber sur nos gueules et c’est avec des sourires béats que l’on se les mange avec délectation.
Certes, le son est un poil brouillon au début du set, mais tout se met en ordre par la suite. Malmenés, pétrifiés par l’avalanche de riffs qui se déversent, c’est avec un air inquiet que l’on regarde les murs de la salle, tant on a l’impression qu’ils ne tiendront pas bien longtemps à ce rythme là. Les monstres d’amplis verts qui entourent les musiciens crachent à n’en plus finir des vagues d’assauts sonores en continue. On a beau connaître la recette, voire être familier du groupe, la baffe est douloureuse et c’est avec une amplitude inhabituelle que nos têtes tournent, à s’en faire exploser les cervicales. L’ambiance est complètement folle : l’odeur de bière et de sueur est prégnante, le sol glisse, les murs suintent, les gens sont heureux. La vie quoi. A n’en pas douter la meilleure performance du week end.

Abasourdis, tant par la fatigue que par la claque subie, c’est avec difficulté que nous retrouvons la sortie. L’air frais vient caresser nos visages meurtris, et c’est alors, après un léger soupir bienveillant, que l’on ne peut s’empêcher de se dire : « putain, j’ai de la chance de vivre des moments pareils… »


Merci à Sofie, Nico et la mifa.

Humtaba (Mai 2015)

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