Klone + Malkavian @Le Ferrailleur, Nantes, 19/04/2015

Souvenez-vous, c’est tout récent. Le dernier Klone, Here Comes The Sun, a été album du moment ici-bas, un disque qui a fait plutôt l’unanimité au sein de la rédaction, et un groupe qui, après plus de quinze ans d’existence, peut se targuer d’une réputation scénique remarquable. Cependant, malgré le nombre incalculable de fois où les poitevins sont passés dans mon bled, j’ai toujours trouvé le moyen de les rater, soit par inadvertance, soit par flemmardise, ou encore par accumulation d’évènements calés aux mêmes dates. Il s’agissait donc de mon dépucelage Klonesque en direct, et je n’ai pas été déçu.

Porter sa carcasse un dimanche soir sur un lieu moyennement pourvu de transports en commun n’est pas chose aisée à entreprendre, mais l’envie de voir enfin Klone en action a supplanté le découragement, en plus de l’accréditation qui justifie le live report ci-contre bien sûr. Mais avant de rentrer dans le vif du sujet, les locaux de Malkavian ont pu exprimer leur power thrash très (trop ?) imprégné de Machine Head, efficace mais terriblement classique. L’enchaînement des riffs semblait bien trop mécanique pour susciter un quelconque emballement de mon organisme, malgré un public plutôt acquis à sa cause et quelques très bons passages. Les Nantais n’en sont néanmoins qu’à leur premier album, et ils ont clairement le potentiel pour nous gratifier d’une identité plus forte et relâchée par la suite. Ça mérite bien une pinte d'ambrée.

C’est amusant un concert le dimanche soir, tout le monde a plus ou moins la tronche cassée par le weekend, dans une atmosphère nécessairement détendue et souriante, communicative. La consommation de bières est donc plus modérée, les gestuelles sont également plus molles, ce qui permet d’éviter des accidents habituellement fréquents.

Les premières notes d’Immersion (titre d’ouverture d’Here Comes The Sun) résonnent alors que je finissais d’échanger des mots abscons avec un parfait inconnu, très sympathique au demeurant. Je me précipite à l’intérieur pour engager un mouvement de tête significatif qui ne s’arrêtera qu’à la fin de la reprise du morceau de Björk, Army of Me, en clôture. Klone est sur un nuage, et nous avec. L’apothéose est atteinte lorsque l’excellent Nebulous embarque l’auditoire dans une séance d’hypnose (voire transe) collective, portée par une voix décidément exceptionnelle. On a rarement vu autant de crânes remuer en même temps au Ferrailleur. Il faut reconnaître que la sono était - comme souvent - irréprochable, l’aspect épique de la musique des poitevins idéalement reproduit.

L’orientation quasi purement progressive du quintet est donc une réussite autant sur album qu’en direct, et me voilà enchanté d’avoir pu constater l’excellence scénique de ces gars-là, qui plus est baigné dans une cool ambiance, dans une salle pas trop blindée, avec un rendu sonore au poil. On ne pouvait espérer meilleur dimanche soir, vivement le prochain alors.

Tang (Mai 2015)

Chronique(s) de Klone à lire par ici.
Chronique(s) de Malkavian à lire par là.

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