Wovenhand + Marriages Le Trabendo (12/04/15)

Le Trabendo accueille en ce dimanche soir une bien jolie date. Woven Hand,  groupe désormais culte formé sur les cendres des non moins cultes 16 Horsepower et Marriages, trio originaire de Los Angeles qui, avec leur nouvel album, profite d’un buzz certain.

Ce fameux émoi autour du groupe se constate aisément dès leur entrée sur scène. Le public n’est pas venu pour seulement pour Woven Hand mais bien pour Marriages ET Woven Hand.
Formé autour d’Emma Ruth Rundle (chant/guitare), Greg Burns (basse) et Andrew Clinco (batterie), le groupe propose un Rock Alternatif mêlant envolées Post-Rock, expérimentations et quelques touches de Shoegaze. Alléchante sur le papier, la musique du trio ne m’a pourtant jamais totalement convaincu en studio.
Pour autant, en concert, la donne est différente. Mis parfaitement en valeur par l’éclairage minutieux du Trabendo, Marriages invite au voyage. De leur monde embrumé se dégage une atmosphère assez Lynchéènne. Ambiance pub 90’s décharné avec un set très cohérent stylistiquement parlant, le groupe n’a pas peur de montrer les biceps de temps à autre, bien aidé par une section rythmique musclée. Un éléphant dans un magasin de porcelaine assumé. La voix de Ruth, sans fausse note, surplombe avec élégance le maelstrom proposé.
Une prestation très professionnelle qui m’a donnée envie de me remettre leur discographie dans les esgourdes. À creuser.

Woven Hand est un groupe qui aime prendre son monde à contre-pied. En effet, celui qui a arrêté d’écouter le groupe il y a quelques années doit avoir une belle surprise ce soir. Cela fait maintenant un certain temps que les Américains ont durci le ton, avec des albums de plus en plus électrifiés, le point culminant étant Refractory Obdurate, sorti l’année dernière, qui voit le groupe se métamorphoser en incorporant à ses moreaux mystiques des touches de gras dignes d’un groupe de Sludge/Stoner. 
Les balades folk ne sont donc pas pour ce soir. Woven Hand joue fort, très fort. Sans doute un peu trop rendant le son un tant soit peu brouillon. Un petit hic qui n’enlève rien à la puissance scénique et au charisme indéniable du groupe, représenté par David Eugene Edwards et son chapeau si qui lui donne une allure si particulière. Les morceaux s’enchainent et le public, venu en nombre, savoure la qualité de la prestation avec un engouement certain. Les lumières sont absolument magnifiques. Les faits et gestes des membres du groupe peuvent être épiés grâce à un éclairage à la fois tamisé, discret et d’une profondeur remarquable.  
 
Plus d’une heure quarante de show, avec deux rappels dont un dernier assez impromptu qui, après quelques minutes de chants indien, a vu David revenir seul sur scène avec sa guitare. Il va ainsi plusieurs minutes durant interpréter un morceau en acoustique pour le plus grand plaisir d’un public qui s’apprêtait à sortir de la salle. Un fort joli moment.

Globalement, c’est une bien jolie date qui nous a été proposée ce soir. Les deux groupes se démarquant par un sens de la scène percutant et des sets très cohérents. Que demande le peuple ?

Humtaba (Avril 2015)

Merci à Vince de Kongfuzi pour l'invitation.

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