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The Meatbodies Point Ephémère, le 04/03/2015

Ce soir-là, Carl Barât And The Jackals investissaient la Maroquinerie, Hanni El Khatib était à la Gaîté Lyrique tandis que Gala Drop faisait l'affiche de l'Espace B. De mon côté, fidèle à mon obsession garage du moment, j'avais décidé que le concert du soir à ne pas louper, c'était The Meatbodies, au Point Éphémère. Meatbodies c'est le projet solo de Chad Ubovich. Chad Ubovich c'est encore un de ces mecs géniaux qui gravitent autour de la planète Ty Segall, dans le microcosme garage de San Francisco. Bassiste de Fuzz aux côtés de Segall et Charles Moothart, side-guitar sur la tournée de son pote Mikal Cronin (qui lui est aussi guitariste dans le Ty Segall Band), avec Meatbodies il apporte sa touche heavy à l'édifice familial. Je n'aurais raté ça pour rien au monde. 

En arrivant au Point Éphémère, comme je m'y attendais, il n'y a pas foule, la salle n'est pas remplie à moitié quand la première partie débarque. C'est le groupe anglais Arrows Of Love qui ouvre les réjouissances. Sobrement auto-définis comme du grunge alternatif et venus présenter leur premier album, Everything's Fucked, je suis assez curieuse de savoir ce qu'ils vont balancer… Le groupe arrive, dit bonjour, et là, avec le premier riff, tout part ; le chanteur surtout qui se met à hurler et se contorsionner comme un échappé d'asile devant le public médusé, pas franchement préparé à une claque d'une telle violence et assénée sans préliminaires aucuns. Leur grunge alternatif flirte de très près avec le punk, dans la crasse des caniveaux des bas-fonds. Avec Arrows Of Love, il n'y a pas de règles, le chanteur, qui joue aussi de la guitare quand ça lui prend, l'échange pour un morceau ou deux avec la bassiste. Une troisième guitariste (!) se fait un peu chier parfois, alors elle virevolte seule dans son coin, possédée par la musique. A plusieurs reprises les musiciens viennent jouer dans le pit, ou alors montent sur l'ampli, la batterie, sautent, se tordent, animés d'une énergie punk violente et aliénée. Arrows Of Love c'est un authentique groupe anarchiste. D'ailleurs, le motto de leur album Everything's Fucked, le traduit bien. Tout est pourri, reste à danser sur les tombes, dans la poussière, comme des damnés, jusqu'à ce que mort par épuisement s'ensuive. 
Ils repartent comme ils sont venus, presque sans un mot. C'est pas une claque qu'ils nous ont mise, c'était un passage à tabac.

     
Tout le monde est encore un peu pétrifié lorsque Chad Ubovich, Patrick Nolan, Killian LeDuke et Ryan Moutinho arrivent sur scène. Après un simple "Hey, we are the Meatbodies, we're gonna have some fun" de Chad, ils assurent directement la transition en balançant Mountain, un de leurs titres les plus violents. Suivent sur le même ton presque hard rock Disorder, Gold, Rotten, … La ligne de basse, bien bourrine, sonne très heavy, bien plus que sur l'album. Ubovich, avec ses longs cheveux raides, sa Gibson SG et son constant headbanging fait aussi vraiment très metalhead. Patrick, à la guitare rythmique adoucie le tableau autant musicalement que physiquement avec ses sourires et ses grimaces d'enfant. Ils sont complices ; se regardent, se marrent, … Comme d'habitude avec les groupes de cette scène, personne ne se prend vraiment au sérieux, c'est la passion et la musique qui comptent avant tout et c'est super agréable.
Habituellement discret derrière sa basse, Chad Ubovich fait preuve de tout autant de discrétion et sobriété derrière sa guitare, formant avec Patrick Nolan une sorte de duo de brutes, leurs doigts tapant à toute vitesse sur les cordes, balançant des riffs garage musclés, sauvages et des solos hard rock entremêlés de fuzz jouissifs, presque métal, qui font leur distinction sur cette scène.
 
      

Des titres plus doux, comme Two ou Tremmors viennent calmer le jeu et permettent de reprendre son souffle. Mais ce sont les moins intéressants, le côté un peu hard qui fait l'originalité du groupe y étant du coup gommé. A tel point que quand ils ont joué Tremmors j'ai eu une vague absence, me demandant si c'était un cover de Fuzz, avant de me souvenir que c'était un de leurs principaux single (avec un clip assez cool featuring une pizza pepperoni). D'ailleurs, avec la reverb et le fuzz, la voix de Chad ressemble assez à celle de Ty, ce qui ajoute un peu à la confusion.
Pendant une quarantaine de minutes, riffs déments et enchaînements de ponts qui font vibrer les corps se succèdent. Avec les derniers titres, notamment le violent Off, ou encore Him, le public n'y tient plus et se lâche, la salle est désormais plutôt bien remplie et les pogos fusent, le concours de slam est lancé. Chad est parti dans un solo enflammé tout en faisant virevolter ses cheveux tel Van Halen. Puis c'est terminé. C'était trop court...
Heureusement, on n'en a pas encore fini avec le garage SoCal, Mikal Cronin sera en tournée en France en maiFuzz à Rock en Seine, et les Thee Oh Sees qui ont déjà joué au moins six fois ici depuis deux ans et dont on ne se lasse toujours pas seront à la Villette Sonique... Oh oui.

Clem (Mars 2015)

Merci à David (Point Éphémère) et Euka.

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