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Pennywise, Burst One's Side Glazart, Paris, le 15-11-2014

Pennywise, en tournée européenne avec Rise Against nous faisait le plaisir d'un concert solo à Paris dans la foulée le 15 novembre au Glazart.
Je dois avouer que malgré les nombreux concerts donnés par le groupe en France, je ne les avais pas vus sur scène depuis presque dix ans, la dernière fois étant au Furia Sound Festival en 2005. J'étais du coup à la fois heureuse, curieuse et anxieuse à la perspective de les voir à nouveau dans ce cadre intime. Heureuse parce que bordel c'est PENNYWISE, groupe dont j'arborais le logo sur mes t-shirts pendant toute mon adolescence. Curieuse parce que je n'avais absolument aucune idée de ce qu'ils avaient foutu de leur vie depuis The Fuse, sorti en 2005. Anxieuse parce que dix années ont passé et qu'il se peut qu'ils ne veulent plus jouer les morceaux qu'ils répètent depuis dix à vingt-trois ans, qu’ils aient perdu leur flamme.

J'arrive au Glazart pile au moment où Burst One's Side termine. De dehors ça avait l'air d'envoyer pas mal mais je ne pourrai malheureusement pas en dire beaucoup plus…

Quand Jim Lindberg arrive avec un t-shirt The Descendents et son éternelle casquette, je n’ai pas l’impression que dix ans soient passés depuis la dernière fois que je l’ai vu. Fletcher Dragge pose sa Corona sur le repose-verre dédié installé sur son micro et déclare que la lumière aveuglante le fait se sentir gros. Randy Bradbury porte un t-shirt "I am not drunk. Oh wait, yes I am". Ouf, les vieux ados sont toujours là, débitent des conneries, puis envoient "Living for Today", issue de leur premier EP sorti en 1991, à l'ancienne. Ouch, avec les premiers riffs le public part immédiatement et sa majorité masculine fait sentir son poids contre mes côtes. Ce n’est que le premier morceau mais les gens bondissent déjà partout et je lutte carrément pour faire des photos et ne péter les dents de personne avec mon objectif.

Pennywise pioche ensuite dans ses anciens albums, avançant et rétrogradant dans le temps ; Straight Ahead (1999) avec "My Own Country" et "Can't Believe it", saut vers le nouveau millénaire avec "Something to Change" de From the Ashes (2003), puis retour dix ans en arrière quand résonnent les riffs énervés de "Time to Burn", troisième titre d'Unknown Road (1993). Le public garde le poing levé et chante en cœur les paroles des chansons qu'il connaît parfaitement.

Cherchant une idée de reprise à nous balancer Jim dresse l'inventaire des t-shirts arborés dans la salle : Bad Religion, The Descendents, The Ramones... un type crie "Hey Ho, Let's Go", Jim lui tend le micro, et "Blitzkrieg Bop" part, fulgurante, nous laissant à peine reprendre notre souffle pour "Do What You Want" de Bad Religion qui vient ensuite.
 
Entre les titres, les mecs de Pennywise, fidèles à eux-mêmes, ont leurs moments politiques... Fletcher se demande si l'herbe est légale ici, ce à quoi le public répond "NOOOO". Il déclare alors qu'il ne fume plus mais que si l'alcool est autorisé, l'herbe devrait l'être aussi, justifiant "that's fucking stupid shit man".
Après avoir joué "Same Old Story", c'est à la société qu'ils s'en prennent et la ligne de basse de "Society" résonne en fond, faisant monter graduellement la pression.  Fletcher hurle : "All you fuckers loose your mind right now !" et bam ! lance les riffs puissants du titre du sacro-saint Full Circle (de 97, le seul CD d'eux que j'avais pu me payer et qui tournait en boucle dans mon baladeur), c'est la guerre dans la fosse, les slams s'enchaînent.

Vient ensuite une chanson de Yesterdays leur nouvel album sorti cette année, et intitulée "Violence Never Ending". Petit moment de flottement pour moi (et pas mal d’autres) avec cette chanson qui sonne comme quelque chose de connu mais dont j'ignorais totalement les paroles, ce qui m'a permis de reprendre mon souffle/mes esprits/mon appareil photo pour la suite : "Perfect People", puis une reprise de "Fight For Your Right" des Beastie Boys, toujours violent et efficace, à laquelle succède parfaitement "Pennywise".

Nouvelle occasion de respirer et nous éponger le front : Fletcher et Jim débitent contre les puissants, nous rappelant qu'il ne nous faut pas oublier que nous sommes nos propres dirigeants. Je trépigne, je sais trop bien que ce discours annonce "Fuck Authority". Les premiers accords sont lancés, et tout le monde a le majeur dûment en l'air et les pogos font rage. Se suivent "Broken" et "The World" avant le final classique sur "Bro Hymn" pendant lequel tout le monde monte sur scène pour une fin de concert complètement démente et qui, une fois les lumières allumées, nous laisse l’air hagard et satisfait.

Moi qui redoutait de les voir jouer en majorité leur dernier album, j’ai été positivement surprise. Pennywise joue son vieux répertoire, sans rien à vendre ni à prouver, puisque leur statut, ils l’ont déjà acquis.
Loin de s’éteindre, la flamme est toujours là, c'est même un putain de brasier.

Clem (Novembre 2014)

Merci à Manux (We Care Shows), Benjamin (Glazart) et Djou.

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