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Damage Festival, Day #2 Le Cabaret Sauvage, Paris.

Jour 1


Deuxième jour, deh deh deh djent, gros son et mathématiques appliquées.


Réveil difficile avec syndrome céphalique avancé dû à une overdose de 86. Ce qui ne nous empêchera pas d'être à l'heure pour l'ouverture des portes. Comme dans tout bon festival, le temps de faire rentrer tout le monde, nous raterons le premier groupe, les parisiens de Novelists. Mais le son, même à l'extérieur, rendait hommage au groupe qui avait l'air d'en mettre plein la tronche en ce début d'après midi ensoleillé.



Nous arrivons pile à l'heure pour le début du set de Tides From Nebula. Ces polonais là, très contents d'être parmi nous, s'y connaissent en développement d'atmosphères, et réussissent sans problème à captiver une foule beaucoup plus nombreuse qu'hier à la même heure. Montées et chutes de tension, on plane, on dégringole et on s'écrase sous les riffs étouffants d'une formation 100% instrumentale, qui prend tout son sens en live. Si les albums peuvent parfois décevoir, absolument rien à redire sur scène, c'est juste, intense, ça prend aux trippes et les magnifiques envolées instrumentales sont parfaitement rendues par des réglages de sono hyper précis. En bref, c'est parfait pour commencer la journée.

C'est au tour des australiens de Circles de nous faire mordre la poussière : un son massif, des plans de gratte dans le plus pur style djent, et un chanteur qui a du coffre, capable d'alterner notes cristallines et growls monstrueux. La journée djent démarre au quart de tour, et de la plus belle façon qui soit. Situé entre un Tesseract aérien et un After The Burial plus terre à terre, Circles nous gratifie d'un set ultra carré, bourré de mélodies absolument géniales, avec en bonus une grose dose d'énergie communicative et un sourire contagieux. Ca se remarque, le public réagit, et c'est ce qu'on appelle un gros carton. Concert mémorable.

Devil sold his soul par contre, n'arrivera que moyennement à captiver. Et malgré les efforts et la présence scénique énormes du front man, on est ni complètement déçus ni complètement emballés par ce groupe de postcore pourtant réputé. Les titres s'enchaînent mais on peine à s'installer confortablement dans l'univers du groupe, peut être à cause de nouveaux titres qui ne rendent pas très bien en live, peut être à cause d'un son un poil faiblard qui ne rend pas honneur à la puissance des compos. Dommage car le groupe possède une floppée de titres intéressants.
Foutus préjugés... The Algorithm et son concept un peu fumeux débarque sur la scène du Cabaret Sauvage et se prépare à lâcher ses plus beaux samples électro / djent. Quel intérêt de balancer un gros mix électro dans les oreilles avisées d'un public qui n'est certainement pas venu pour se faire vomir du dubstep dans les oreilles. Ah foutus préjugés. J'aurai dû remarquer que la foule était présente, qu'elle attendait de pied ferme la venue des deux français au concept si particulier. Une fois compris que ça n'était bien évidemment pas un simple mix mais que le batteur (celui d'Uneven Structure), omniprésent, est une pure brute, que le front man alterne manipulation de potards et gratouillages djent sur sa 7-cordes, on se prend au jeu et on a même plaisir à dodeliner de la tête. Le rendu, un peu perché mais hyper soutenu, aggressif et au final très plaisant, rend hommage au projet, et la foule s'amusera tellement pendant cette petite heure qu'on ne peut qu'applaudir la performance du duo. Belle surprise.

La première moitié de la journée est terminée, et le constat est simple : de bien bonnes choses de la part de CirclesTides From Nebula et The Algorithm. Le reste à passer, c'est à dire les cinq derniers groupes, transformeront les festivités en une journée mémorable, ni plus ni moins. Mais à ce stade, nous ne le savons pas encore.

Le public parisien était venu très nombreux pour en découdre avec le punch légendaire de Monuments, qui débarque maintenant sur scène, la coupe affro bien taillée et le sourire aux lèvres, distribuant pendant une petite heure de "monumentales" fessées à un public complètement déchaîné, qui connait toutes les chansons sur le bout des doigts et s'en donne à coeur joie. Les anglais se sentent pousser des ailes et répondent de plus belle, donnant lieu à un concert extrêmement prenant. Le dernier album des britanniques (The Amanuensis) est très bien restitué sur scène, et Chris Barretto, mélange parfait entre Tahiti Bob et Chris Cornell, joue avec le public pendant près d'une heure, donnant lieu, de son aveu, à un des plus intenses concerts que le groupe ait jamais donné. Une des meilleures prestations de la journée.

Dans la continuité djentesque de la journée, il ne manquait plus qu'un honorable représentant de la branche "meshuggesque" du genre, j'ai nommé les américains d'After the Burial, qui signent là le concert le plus violent de la journée. Loin de n'être qu'un simple clone de Meshuggah, le quintet, armé de guitares Lacoste fluos et d'une énergie qui semble inépuisable, nous propose un set ultra carré, qui se veut efficace, mais très difficile à comprendre une fois passés les riffs djents ultra puissants. Entre metalcore, djent et prog, leur musique est ultra complexe, sauvage, et propose des ambiances et atmosphères assez subtiles, ce qui n'est visiblement pas pour déplaire au front man de Monuments qui viendra se jeter dans la fosse. Grosse claque.

Ah... Tesseract. Les britanniques ont une place plus que justifiée dans le trio de têtes d'affiche du festival, puisqu'ils sont, avec d'autres formations, parmi les pionniers du genre. C'est parti pour une heure de djent léché, parfois trop prog et trop propre, certains diront mou. Antithèse vocale du groupe précédent, avec un Daniel Tompkins revenu au chant pour la sortie de leur troisième album, celui ci prend un malin plaisir à engourdir le public de ses ambiances mélancoliques, pour que le reste du groupe puisse s'amuser à réveiller tout ça à grand renfort de riffs mathématiques bien sentis. Le public est content d'assister à cette prestation, Daniel Tompkins est heureux d'être de retour, et les vieilles compos, pour terminer la set list, plus péchues, semblent réveiller un public à moitié léthargique. Pas la meilleure prestation du festival, mais un concert maîtrisé de bout en bout, avec des arguments musicaux qu'on ne peut pas nier : c'est beau !

Venus défendre leur troisième album, The Joy of Motion, les américains d'Animals As Leaders étaient attendus de pied ferme par une foule d'adorateurs de cette musique si particulière, venus très nombreux. Si le groupe semble s'être amusé à faire les touristes sur la tour Eiffel et à Montmartre, oubliant par la même occasion de venir s'adonner au jeu des interviews, on ne peut pas en dire de même une fois qu'ils montent sur scène. Très peu loquaces, faisant à moitié la gueule, quelque chose semble les contrarier niveau réglages sonores. Dommage, ça se voit, et on sent bien le trio à moitié concentré, pas super emballé d'être là. Vraiment dommage car la set list était plutôt intéressante, de vieux morceaux que la foule apprécie, et de nouveaux titres vraiment convaincants. Pas le plus palpitant des concerts, même si ce trio là de techniciens de la musique est vraiment bluffant, mais que voulez vous, sans âme, sans liant à cet enchaînement de prouesses techniques, on s'ennuie assez vite. La prestation la plus décevante de la journée.

La journée touche bientôt à sa fin, il ne reste plus que Textures pour nous conforter dans l'idée que ce festival a rempli toutes ses promesses. Après un Animals as Leaders pas franchement folichon, les néerlandais viennent remettre les pendules à l'heure avec un set complètement fou, jouant l'intégralité de leur premier album Polars qui fête les 10 ans de sa sortie, donnant l'occasion aux parisiens d'apprécier un Daniël de Jongh (chant), déchaîné, qui réussit à mettre tout le monde d'accord. Les pépites djent / core s'enchaînent (Swandive, Transgression, The Barrier, ...) et font le bonheur de tout le monde, y compris de la quinzaine de membres des groupes précédents venue s'agglutiner aux abords de la scène pour apprécier la prestation de ce groupe plus qu'emblématique. Puis vient Polars, titre éponyme, avec ses riffs syncopés si caractéristiques, qui finira d'en mettre plein la tronche à des festivaliers en mode fou furieux. Le groupe a le smile jusqu'au bout, s'amuse à rejouer l'album qui les a fait connaître : mélodique, brutal et rythmiquement monstrueux, leur setlist fait mouche et cloture de bien belle manière ce festival.

Deux jours intenses de concerts, deux jours de belles découvertes, de grosses déceptions, de surprises, bref deux jours d'émotions fortes, des concerts inoubliables (Textures, MonumentsThe Charm and the Fury, After The BurialCircles, Tides From Nebula) qui viennent confirmer l'impression générale que ce festival a tenu toutes ses promesses, avec une affiche dense, cohérente et particulièrement pointue, dans une salle incroyable. 

Vivement l'année prochaine !

lelag (Novembre 2014)

Merci à Margaux et Damien @ OnlyTalentProd
Merci à SonGreggy pour les photos et les jolis dessins. Merci à Grum pour sa bonne humeur et son interview manquée d'Animals as Leaders. Ah ces touristes....

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Commentaires

slaughtearLe Mercredi 26 novembre 2014 à 22H05

Assez d'accord sur Animals as Leaders. Je les attendais énormément (c'était la première fois que je les voyais) et au final, set trop court, problèmes de son, manque de communicatio... bref, dommage. Sinon Textures, énorme !! Le concert de la journée, à la fois prog' et brutal.
Par contre j'ai un reproche à faire au festival : Les setlits des groupes étaient toutes trop courtes !! Il aurait fallu commencer plus tôt dans la journée, voire supprimer un ou deux groupes! C'est vraiment dommage de voir que certains groupes ont joué à peine 30min... Même Animals as leaders à joué moins des 2/3 de la setlist de la tournée!