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Alban Coutoux et François Floret, programmateurs de la Route du Rock, Part. 1 Paris, le 09-07-2014

La Collection Eté de la Route du Rock fête cette année ses 24 ans. Festival emblématique des territoires de l’Ouest, il ne prétend pourtant rivaliser avec son illustre voisin, Les à peine plus Vieilles Charrues, qui auront pour leur part 23 ans mi-juillet.
Pourtant, en bons pères de famille, Alban Coutoux et François Floret (directeurs historiques et co-programmateurs) ont mené leur barque au gré des saisons et des courants (l’évènement a frôlé plusieurs fois la catastrophe financière) jusqu’à en faire un rendez-vous estival incontournable pour les beatniks et les hipsters en mal de bons sons.

Interview sous la pluie parisienne pour présenter l’édition 2014 avec deux acteurs volubiles et passionnés.


Metalorgie : Quel est le budget du festival cette année ?

François : Je dirais aux alentours de 1,3 millions d’euros.

M : Cette année, des poids lourds font l’affiche. Outre Slowdive et Portishead, des groupes comme Liars, Thee Oh Sees, The War on Drugs ou Caribou devraient mettre l’ambiance au Fort Saint-Père. Comment avez-vous construit votre programmation ?

Alban : Au début, on regarde qui tourne, on reçoit les rosters, et il y a des groupes qu’on demande chaque année. Et puis on suit pas mal l’actualité, on discute avec les labels, les tourneurs et les agents, il y a un gros travail de veille. On regarde aussi ce qui se fait ailleurs pour sentir les tendances.

François : Il y a en effet les éternelles demandes qui reviennent tous les ans. Par exemple Portishead… Et tous les autres qu’on ne citera pas (sourire). Il y a aussi beaucoup d’écoutes entre nous, de partages au bureau et puis il y a des évidences avec notre ligne éditoriale…

A : Oui, il faut rester ouvert sur ce qui se passe sur l’actualité musicale. Et après, on doit étudier toutes les contraintes financières, techniques et de planning.

M : Dans la programmation 2014, je vois deux choses ; d’une, le côté revival des années 80/90 (marqué par exemple par la présence de Ought, Cheatahs, Protomartyr…) ; et un côté electro de plus en plus affirmé chaque année avec, cette fois, de grosses têtes d’affiches comme Darkside, Moderat ou Todd Terje.

F : Le côté revival, c’est un peu à la mode en ce moment dans tous les évènements. On s’en moque d’ailleurs régulièrement, on se dit beaucoup de têtes d’affiches ces temps-ci ce sont des vieux groupes.  C’est assez hallucinant. Est-ce que ça veut dire qu’on a du mal à générer de nouveaux gros groupes ? La question mérite d’être posée.
Après, le côté electro, depuis 2 ans, c’est clairement une réaction par rapport à 2012 qui a été une année un peu compliquée à mettre en place car un peu terne musicalement. On a souhaité, l’an dernier, la rendre plus dynamique. Je n’arrêtais pas de dire : « Je veux une prog’ sexy ! ». Comme ça a fonctionné, on a voulu remettre ça cette année.

A : Pour revenir à ta question, on se dit pas au début « On veut une prog’ plus axée Rock dur ou Psyché ou autre et on va prendre plein de groupes de ce style-là ». On prend chaque groupe tel qu’il est, donc ce n’est pas consciemment que l’on va vers l’une ou l’autre tendance. On nous a fait la remarque l’année dernière qu’il y avait plus de groupes psyché, que cette année il y a plus de groupes Punk-Rock… Ce n’est pas un parti pris. On peut l’analyser a posteriori mais pas en montant la prog’. Tu vois, entre des groupes comme Real Estate et Protomartyr, ou Baxter Dury qui fait des trucs plus pop, il y a un écart. Il y a aussi des choses un peu plus dures, avec Metz, Protomartyr, Cheatahs, Liars, Thee Oh Sees qui font des trucs plus pêchus à la guitare. Un groupe comme Thee Oh Sees, par exemple, ça fait des années qu’on veut les avoir mais ça tombe cette année. Ça aurait pu tomber l’année dernière.

F : Le seul calcul qu’on peut faire et qu’on assume sur l’artistique, c’est l’electro. On a effectivement plus axé ce côté-là pour les fins de soirée. Ça parait tellement évident de finir avec quelque chose de dansant, voire de carrément plus léger avec Todd Terje qui est quand même plus disco. On enferme souvent la Route du Rock sur un truc élitiste avec des snobs qui viennent se la péter en disant qu’ils connaissent mieux la musique que les autres. Non, il y a aussi la volonté d’avoir des artistes plus légers en fin de soirée tout en restant dans l’ADN du fest.

M : J’ai un énorme souvenir en 2010 des Flaming Lips en clôture. Ce sont des monstres sur scène et ils m’avaient vraiment bluffé.

F
: Oui, c’était un concert un peu étonnant car ils avaient tout lâché tout de suite. Ils avaient fait le truc à l’envers. On a eu l’impression qu’ils avaient fait le final au début et qu’après c’était un peu linéaire, un peu... bref, curieux comme concert.

M : Le final était pourtant bourré d’émotions…

F : Ah oui, bien sûr. Je suis un gros fan des Flaming Lips

A : Ce sont les photographes qui étaient contents. Ils avaient tout au début (rires).

F : C’est clair qu’ils avaient été servis sur les 3 premiers titres…

M : J’ai également un très bon souvenir de Caribou, qui est encore là cette année. Il arrive à occuper l’espace avec une configuration très réduite et une grosse présence sur scène.

A : Ca va faire 4 fois, je crois, qu’on le fait jouer.

F : Oui, 1 fois sous l’alias de Manitoba, 1 fois lors de l’édition hiver, 1 fois lors de l’édition été. En plus, ce sont eux qui ont insisté pour venir cette année.

M : Il y a d’autres groupes « habitués » qui demandent à revenir régulièrement ?

A : On n’a pas trop de groupes sur une édition donc on essaie de ne pas refaire tout le temps les mêmes. Caribou, ça tombe dans l’actualité.
Quand on parlait d’electro, on recherche aussi des formules vraiment live. On n’est pas Astropolis ou Les Nuits Sonores où les gens vont danser et où le son est plus important que la prestation scénique. Nous, on propose des concerts. Avec des groupes comme Moderat ou Darkside, il va y avoir de grosses installations. On évite le côté DJ où le mec met le nez dans le laptop. C’est la limite de ce qu’on peut faire. Mais pour revenir à Caribou c’est vrai que la formule est imparable avec ses deux batteurs. L’album sort en octobre…

F : Il y a des groupes qu’on revoit, qui demandent à revenir parce qu’ils ont vraiment adoré jouer chez nous. C’était le cas de The National, Grizzly Bear, The Notwist… Ce sont des groupes qui ont vraiment envie de revenir, c’est clairement énoncé, c’est extraordinaire. Brian Molko aussi voulait venir…

M : Ce n’est plus le même cachet maintenant…

F : Oui et puis de toute façon, maintenant on n’en veut pas, de Placebo. Muse aussi nous avait fait un joli retour. Évidemment, d’une, ça ne nous intéresse plus  et puis même si ça nous intéressait… Le fait est que l’on a de bons retours d’artistes qui sont contents de leur passage et qui, du coup, rejouent et on a un bon bouche à oreille.

(à suivre...)

Chorizo (Juillet 2014)

Merci à Alban et à François pour leur patience et leur gentillesse, ainsi qu'à Maxime pour l'organisation.

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Commentaires

RadioshackLe Mardi 15 juillet 2014 à 00H13

Vraiment cool cette review, next tomorrow ! merci orgie et à la route du rock \o/