Albums du moment
Pochette Años En Infierno
Pochette Mestarin Kynsi
Pochette Naiv Pochette Ascension
Chroniques
Pochette The Baring of Shadows
Pochette Neon Noir Erotica
Pochette Eleventh Hour
Pochette La Battue
Pochette Necroscape
Pochette On Circles
Pochette Arkhipov Pochette Summerland
Découverte
Pochette Discography

Aurélien Renoncourt (Red Mourning) Hard Rock Café, Paris, le 13/05/2014

Red Mourning est sur le point de sortir son troisième album, et c'est avec Aurélien (batterie) que nous avions rendez-vous pour en discuter. Et c'est peu dire qu'il avait beaucoup de choses à nous raconter !

Vous avez changé récemment votre "étiquette" sur votre page FB, maintenant on peut lire southern metal alors qu'il y a quelques jours c’était encore blues metalcore. Je trouve que ça colle bien mieux à ce nouvel album, et l’évolution apportée à votre musique…

Avec le deuxième album, il fallait qu’on confirme le premier, on voulait faire un disque qui cartonne, avec des chansons bien vénères, et avec ce troisième on voulait rester dans la continuité concernant ce mélange entre metal et blues, tout en essayant de pousser le concept au maximum. On s’est fait chier à faire des chansons originales, avec du caractère, pour que les gens se disent "ça, c’est Red Mourning !" On avait la volonté de continuer à forger notre identité.  

Pour faire une musique aussi typée, j’imagine que vous venez au moins du sud de la Seine ?

(rires) Effectivement, il y en a quelques uns qui viennent du sud de la région parisienne !

Tout s’explique alors !

Pour en revenir à nos influences, je suis plutôt attiré par le metal moderne, sûrement parce que je suis plus jeune que les autres membres du groupe, mais j’écoute aussi du jazz. Tout le monde est un peu éclectique dans le groupe, mais JC (chant) et Romaric (guitare) sont fans absolus de blues, et ce sont donc eux qui ont apporté cette couleur blues dans notre musique, et Seb (basse) penche plutôt du côté death metal des années 90, ou tu as un côté assez chaleureux et sombre à la fois.

Ok, c’est le choc des cultures !

Exactement. La rencontre des quatre entités qui forment le groupe.

Tu as quelle formation musicale ?

Ah ma formation musicale est assez particulière, j’ai commencé par le tambour à six ans dans un orchestre municipal, à 10 ans je me suis mis à la batterie, toujours dans ce même orchestre et vers 12-13 ans j’ai joué avec eux des medleys de Johnny Halliday, des reprises de Queen, Claude Nougaro… Et j’avais un bon prof de batterie dans mon village qui m’a bien poussé, et vers 16-17 ans j’ai monté mon premier groupe… Pour arriver dans Red Mourning à 18 ans !

Quel a été le groupe qui t’a amené vers le metal ?

C’est Metallica, avec l’album S&M ! J’avais la chance d’avoir des grands frères qui écoutaient du metal, donc je baignais là-dedans  sans en avoir vraiment conscience, il y avait des sons qui tournaient, j’étais acclimaté quoi, mais j’étais encore jeune et j’écoutais des trucs dégueulasses à côté, genre la compil’ des pogs (rires). Mais quand j’ai entendu cet album et surtout vu le live, ça a été une vraie révélation pour moi ! J’ai su que je voudrais finir par jouer de la batterie dans un groupe de metal.

Ce côté groove qui est beaucoup plus prononcé sur cet album que sur les précédent, ça vous est venu tout seul ?

Ça doit venir du fait de jouer ensemble depuis tout ce temps, on a énormément joué pour promouvoir le deuxième album, on a pris des automatismes, on a appris à se connaître et on se bonifie tous en temps que musiciens. On ne va plus se contenter de jouer les morceaux, on va les interpréter : s’il faut tirer un rythme en arrière à la batterie, ou le rendre un peu plus tendu, pareil à la guitare. Ce genre de choses là, on a appris à le faire, grâce à notre expérience live notamment, et on joue plus avec notre ressenti maintenant. Et puis effectivement en terme de composition, on s’est orienté vers des choses un peu plus groovy, moins froide, et je pense que c’est une bonne direction, plus rock’n roll.

Du coup pour le live, vous allez surtout privilégier les nouveaux titres pour rester dans cette mouvance ?

Oh non pas spécialement, ça se mélange bien avec les anciens, on avait déjà pas mal de morceaux groovy sur le deuxième album, et on garde des titres bien vénères, notamment un du premier album très efficace. C’est ça qui est pratique maintenant, on a un répertoire assez large pour passer d’une ballade slide-guitare à un truc très rentre dedans.

Il y avait pas mal de solos d’harmonica sur Pregnant With Promises, mais j’ai l’impression qu’il y a beaucoup moins d’harmonica sur Where Stone and Water Meet ?

Il est utilisé différemment en fait ! Avec Pregnant With Promises, on a développé l’idée de pousser l’utilisation de l’harmonica à fond, mais après on s’est dit que si on rendait ça systématique, ça ne le ferait pas, si le public arrivait à se dire "ah tiens, ça va être le solo d’harmonica là". On veut continuer à surprendre et que notre musique ne soit pas prévisible. Donc on a utilisé l’harmonica plus pour développer des ambiances, dans des situations différentes, pas forcément où on l’attend. Et on a introduit la slide guitare…

Ah, ça allait être ma prochaine question : c’est une nouveauté pour vous ?

Tout à fait, et on tend vers plus d'innovations pour les albums futurs, on a déjà l’idée d’inclure du dobro, du banjo (rires).

Ça a dû vous demander un investissement pour la lap steel ?

C’est JC qui se l’ait achetée. C’est lui qui a joué les parties de slide guitare sur l’album, mais c’est Romaric qui les joue sur scène. JC l’a fait faire sur mesure par un luthier basé aux Pays-Bas, car nous utilisons un accordage bas, donc il nous fallait un modèle custom, et il fallait qu’elle soit électrique aussi pour pouvoir être amplifiée. C’est lui qui a composé la chanson Touched By Grace, celle où il n'y a que du chant et de la guitare slide.

Mais il maitrisait déjà la technique pour en jouer, car c’est bien particulier ?

Non, il s’est acheté plein de DVD de méthode, de cours et il a appris tout seul, chez lui. Il avait fait la même chose pour l’harmonica, en autodidacte, à un moment où il s'était fait une rupture des ligaments croisés, et donc il avait eu du temps libre pour apprendre à en jouer, et ça a débarqué sur notre deuxième album à l'époque.

On dirait que vous adoptez le parti pris de ne pas intégrer de solos de guitares à votre musique, c’est pour conserver le côté hardcore ?


Pas forcément ! Déjà les solos de guitare sont parfois remplacés par des solos d’harmonica, et après Romaric n’est pas du genre trop démonstratif dans son jeu de guitare. Sur le premier et le deuxième album, il y a quelques solos mais ça reste toujours dans l’optique de ne pas faire de l’esbroufe, que ça mette en avant la mélodie et même on faisait plus souvent des contre-chants de guitare plutôt que de vrais solos, pour jouer sur les ambiances. Là on est déjà en train de composer le quatrième album, et il y a des chansons dans lesquelles il y aura des solos, parce que l’impulsion du morceau demande à ce que ça parte en solo à certains moments. Donc on n’est vraiment pas fermé à ça, sur Where Stone And Water Meet, c’est simplement que la dynamique des chansons ne nécessitait pas d’y rajouter des solos.

Vous avez terminé quand l’enregistrement de Where Stone And Water Meet ?

On l’a achevé en juin/juillet 2013 mais on a eu tout le processus artwork, post-production, promo à mettre en place, et la réalisation du clip aussi. Cette période est très frustrante car on sait ce qu’on a fait, et on a qu’un seule envie, c’est de pouvoir le faire écouter à tout le monde !

Vous n’avez pas encore fait de concerts depuis la fin de l’enregistrement ?


Si si, on n’aurait pas tenu sinon (rires). L’accueil du public a été très bon sur les nouveaux titres, et je pense qu’il le sera encore plus lorsque les gens connaîtront les morceaux une fois l’album sorti, car ce ne sont pas des chansons forcément évidentes à rentrer dedans.

Les chants de bagnards qu’on entend sur l’album, ce sont des titres traditionnels que vous réinterprétez, ou bien vous avez réécrit les paroles ?

Pour la piste d’intro, il s’agit d’un sample pour le chant. Par contre c’est nous qui chantons sur l’interlude Working Song avec des samples de coups de pioches, haches, masses derrière…

Quoi, ce n’est pas vous qui frappez, Je suis sacrément déçu !

(Rires) Si si excuse, on va dire que c’est nous, ça passe mieux (rires). Donc effectivement pour celui-là on s’est inspiré d’un chant traditionnel mais JC a réécrit les paroles, car celles d’origine n’était pas forcément en adéquation avec le message qu’on voulait faire passer. C’était un peu casse gueule comme expérience, comme on n’avait jamais fait ça avant. On ne voulait pas que l’album soit seulement un enchaînement de chansons, on voulait créer une ambiance sur toute la longueur, et donner l’envie à l’auditeur d’écouter tout l’album d’un bloc ! Ça y participe.

Pour la voix, j’imagine qu’on vous a déjà dit plus d’une fois que JC a un timbre qui rappelle beaucoup celui de Phil Anselmo…

Ah oui, c’est du 100% sur mes trois interviews (rires). Et je vais te répondre la même chose qu’aux autres : oui, mais ce n’est pas fait exprès ! Ce qui est marrant c’est que JC n’a découvert Pantera que tardivement, bien après avoir expérimenté son chant de cette manière. Ce n’est donc pas du mimétisme ni de l’imitation. Et même si leurs timbres se ressemblent beaucoup, je trouve que JC a une façon différente de se servir de sa voix, il part dans les aigus, emploie des harmonies. On s’est demandé d’où ça pouvait venir, cette similitude et on pense que ça vient des influences communes avec le blues, le hardcore et le metal, car JC a été bercé là-dedans également.

Il y a un message particulier derrière les paroles de l’album ?


L’idée de JC, pour en avoir parlé avec lui, était d’écrire des textes que tout le monde pourrait s’approprier. Ça peut découler d’une histoire, mais rien de clair à chaque fois, ça reste métaphorique, basé sur des émotions comme la frustration, c’est souvent sombre. Mais il n’y a rien d’explicite du genre "oh une fille m’a quitté, je suis triste !". C’est une suite d’images, de rêveries un peu sombres, qui amènent à l’interprétation et à l’appropriation par les auditeurs qui feront l’effort de lire les paroles.

Vous avez eu recours aux services du même producteur sur vos trois albums…

Oui, c’est Francis Caste qui s’en est chargé. Il a vraiment évolué avec nous, il était dans la même mouvance, à prendre des risques, car il aurait pu se contenter de nous faire le même son à chaque fois ! Au niveau de la batterie, on a expérimenté différentes méthodes d’enregistrement, différents micros, on a testé différents plans. La chose inédite au niveau de la batterie sur Where Stone And Water Meet, c’est qu’on s’est laissé deux plages où c’était de l’impro en studio, notamment sur la chanson Where Stone And Water Meet, la dernière de l’album. Il me passait la musique, je jouais, je breakais, et on choisissait les meilleures parties de chaque prise pour monter quelque chose. Ça a été vraiment intéressant  et c’était aussi une grosse prise de risque. Cette démarche a permis d’apporter un côté encore plus vivant à l’album, et je pense que c’est quelque chose qu’on va réitérer et pousser encore plus loin pour les albums suivants !

En parlant de batterie, vous avez fait une vidéo "drum session" que vous avez posté récemment.

Oui, pour The Simple Truth, un titre bien rock’n roll. On s’est fait chier à faire un beau multi-cams, le résultat est plutôt cool !

En une seule prise ?

On n'avait pas de caméras en nombre suffisant. On a donc dû le faire en plusieurs prises, on n’est pas encore assez riche (rires). Mais pour chaque prise, je tiens à préciser que j’ai joué la chanson en entier d’une traite, il n’y a pas de montage (rires).

Est-ce que vous respectez parfois la structure classique blues sur 12 mesures ?


(rires) C’est une direction qu’on va peut-être explorer sur le prochain album. Car pour le moment on donne dans le metal qu’on bluesifie, et ça pourait être intéressant de partir du blues pour le métalliser en quelque sorte. Comme on en est au tout début de la composition du quatrième album, c’est tout à fait quelque chose d’envisageable, voire même d’incorporer d’autres styles, comme le jazz. On n’a pas de charte ni de format ou structure à respecter.

Votre label vous laisse carte blanche ?

Tout à fait, d’ailleurs ce n’est pas un label spécifiquement metal, du coup ils aiment beaucoup la façon dont nous évoluons et notre approche non metal du metal.

Vous avez des concerts de prévus bientôt ?

On va faire un concert à Rambouillet pour la fête de la musique avec nos potes de Pitbulls In The Nursery, et on jouera le 6 juillet au Triel Open Air à Triel-sur-Seine (78). On est en train de monter une tournée mais je pense que les salles et organisateurs attendaient surtout la sortie de l’album et le retour des médias et du public. Ça devrait se décanter bientôt.

Grum (Mai 2014)


Merci à Aurélien pour sa disponibilité et sa bonne humeur,
Merci à Roger de Replica Promotion pour nous avoir arrangé cette interview,
Merci au Hard Rock Café Paris pour l'accueil.

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

Pas de commentaire pour le moment