Gus G. Via Skype, mars 2014

Partageant son temps entre son groupe Firewind et sa collaboration avec le Prince des Ténêbres Ozzy Osbourne, Gus G. a pris le temps, pendant deux ans, de peaufiner son premier album solo, I Am The Fire, sorti il y a 15 jours. Et c'est avec quelques dizaines de minutes de retard qu'on a fini par avoir Gus G. sur Skype pour lui poser quelques questions "Excuse-moi pour le retard, j'étais en répétition et j'ai failli t'oublier !"

Tout le monde s’attendait à un disque type néo-classique, et tu nous as pondu un album bien classic-rock des familles. Tu te sens plus libre en ce moment, entre Firewind et Ozzy ?

Hmmm, j’ai fait cet album pour moi, pour me faire plaisir. Je ne l’ai as fait ni pour les fans d’Ozzy, ni ceux de Firewind, ni l’industrie du disque. Je voulais faire ce dont j’avais envie, et faire plaisir à tous ceux qui me soutiennent. J’ai fait ces chansons, j’en était très content, et voici le résultat.

Ton son, par rapport à avant est beacoup plus "couillu", moins lisse et moins compressé. C’est l’oeuvre de Jay Ruston ? Qu’as tu changé dans ta vision du son ?

Bien sûr, Jay Ruston est très important sur cet album. Je l’ai contacté car j’aime beaucoup ses mixs (NDLR : il a travaillé sur les derniers albums de Steel Panther, Anthrax, The Winery Dogs…). Il m’a fait un son énorme, très "humain" dans le grain, pas formaté dans les registres sur lesquelles je travaille. Il m’a fait un son plus classic-rock, peut-être plus mainstream, sans être péjoratif. Je voulais un album simple : pas superficiel, pas surproduit, pas de pistes supplémentaires et d’overdub superflus, mais qui sonne à la première écoute.

Comment as-tu connu Michael Starr, le chanteur de Steel Panther  ? Redemption  est quand même pas mal représentative du style, du ton et du son sur ton album.

Ouais. J’ai rencontré Michael dans un gang- bang !!! (rires). Non, sérieusement, je voulais rencontrer les gars de Steel Panther depuis un moment car j’aime bien ce qu’ils font, et mon agent et Jay Ruston les connaissaient. C’était donc la bonne occasion de les rencontrer sur Los Angeles, de jammer avec eux, et de voir ce que je pouvais faire avec Michael.

Comment as tu choisi les chanteurs sur ton album ? As tu travaillé avec eux sur les textes, la structure, les paroles?

Non, tous les chanteurs ont écrit leurs textes et composé la mélodie de leurs titres. Ça a été un gros travail de collaboration, surtout avec Mats Leven, que je connaissais déjà.

Tu as deux des meilleurs chanteurs d’Yngwie Malmsteen sur sur ton album, Jeff Scott Soto et Mats Leven. C’est compliqué de couper les ponts avec ses influences passées ?

Je connais Mats depuis dix ans. J’ai adoré ce qu’il faisait à l’époque avec Malmsteen, ce qu’il a fait avec Therion, avec nous sur Firewind, et je trouvais normal de retravailler avec lui et de faire un gros projet avec lui. Le premier chanteur auquel j’ai pensé sur cet album, c’était Mats, et c’est un bon retour des choses vu le soutien qu’il m’a apporté ces dernières années. Mon agent connaissait Jeff, et j’ai trouvé ça naturel de bosser avec lui, tout simplement. J’aime le timbre de tous ces chanteurs que j’ai beaucoup écouté et qui ont influencé ma vie. Jeff est d'un genre plus classique dans l’approche, on a travaillé quelques jours sur la compo, et ça a sonné d’enfer rapidement !

Comment as-tu rencontré Alexia Rodriguez ? Dur de composer pour une fille?  As tu composé avec son timbre de voix dans ta tête ?

C’est mon label Century Media qui m’a suggéré Alexia. Je l'ai vue en concert avec son groupe Eyes Set To Kill, dans lequel elle chante et joue de la guitare. Je les ai rencontrés après et j’ai tout de suite accroché à sa voix. On a enregistré en deux jours sur Las Vegas, j’avais déjà la trame et l’harmonie, elle posé sa mélodie et ses textes naturellement dessus.

Billy Sheehan apparait sur ton album, et on te sens très "Paul Gilbert-ien" sur ces titres instrumentaux. Mr Big, Malmsteen et autres shredders des années 80 et 90 t’ont marqué à vie ?  Ou était-ce une idée de Jay qui a bossé sur l’album de The Winery Dogs ?

Je suis fans de tous ces groupes avec des virtuoses de légendes depuis très longtemps. Mr Big, Malmsteen et consorts, j’ai baigné dedans et ce sont de fortes influences. J’adore Paul Gilbert, et son titre Scarified, oh mon dieu, c’est une tuerie monumentale que je ne pourrai jamais oublier ! Sinon c’est bien Jay Ruston qui a eu l’idée pour Billy Sheehan et David Ellefson. Jouer avec deux monuments de la basse sur ton album, c’est très excitant. Si tu écoutes bien, il n’y pas de guitare rythmique supplémentaire sur les solo sur ces deux titres, ce qui finalement donne un son assez clair, précis, mettant bien en valeur tout les instrumentistes, mais aussi d’une grande difficulté car finalement sans artifice dans le son et du coup cela ne laisse pas le droit à l’erreur.

Si je comprends bien, c’est presque un travail d’artisanat où tu es maître sur tout ? Jouer avec Ozzy t’as finalement amené à plus de responsabilités sur tes choix et ton jeu ?

J’ai toujours dirigé mes propres groupes et été finalement un peu maître de la situation dans mes projets. Sur cet album, j'ai le rôle de décideur final du son, je suis mon propre producteur. Jouer avec Ozzy Osbourne est un grand coup de projecteur sur ma carrière et j’en suis très honoré. Jouer avec une légende pareil, qu’est ce qui pouvait m’arriver de mieux ?

Comment vas tu gérer cet album en live: un ou plusieurs chanteurs, qui derrière toi ?


J’aurai deux groupes car on va faire deux grosses tournées. Tout ça n’est pas encore finalisé. Pour le chant, ça sera Mats Leven sur la première, et j’espère sur la deuxième.
On va faire une tournée commune en Europe avec Marty Friedman, on va surement se partager les musiciens. A la batterie, ça sera Johan Nunez de Firewind et à la basse, surement  le bassiste du groupe de Marty (NDLR : surement Toshiki Oomomo, le  bassiste sur son dernier opus). On sera en France en Mai sur cette tournée (NDLR : le 20 mai 2014 à l'Empreinte de Savigny le Temple)

Quel était ton matos sur cet album ? As-tu fait des changements importants pour en arriver à ce gros son  ? 

J’ai utilisé principalement mes deux modèles ESP, mes amplis Blackstar Blackfire ainsi qu’une Blackstar HT 100. J’ai aussi utilisé avec parcimonie pour le mélange des timbres une tête Bogner et un Marshall 2000. Pour les électro acoustiques 6 et 12 cordes, j’ai utilisé des Lag, des guitares françaises que tu dois connaître. Elles sonnent d’enfer ! A part ça, une wah morley et ma BBE G Screamer pour mes solos pour redonner encore plus de boost, et roule ma poule !!!

Sugizo (Avril 2014)

Merci à Gus G. pour sa disponibilité (même s'il a failli nous oublier)
Merci à Valérie pour avoir géré cet entretien téléphonique.

Partager :
Kindle
A voir sur Metalorgie

Laisser un commentaire

Pour déposer un commentaire vous devez être connecté. Vous pouvez vous connecter ou créer un compte.

Commentaires

LeterskLe Dimanche 06 avril 2014 à 00H35

Interview sympathique bien centré sur la composition de l'album.
Maintenant pour en revenir à Gus G., pour avoir écouté deux-trois pistes, je ne supporte vraiment pas son jeu... Je ne ressens absolument aucun feeling dans son style, bien que talentueux, et pas trop démonstratif, je trouve que ça sonne bien creux.