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Lordi - Conférence de presse Hard-Rock Café, Paris, le 13 février 2013

Mr Lordi, accompagné pour l’occasion par le nouveau batteur du groupe, Mr Mana, était de passage à Paris au Hard Rock Café ce mercredi pour une conférence de presse, les deux compères étant bien évidemment maquillés et en costume pour l’occasion.

A propos de leur nouvel album To Beast or not to Beast à sortir le 8 mars, Mr Mana a indiqué que l’album était « plus heavy, plus trash, plus sale que les précédents albums », avant que Mr Lordi ne rajoute qu’il contiendrait bien évidemment des « éléments traditionnels au groupe ». L’album serait aussi plus « violent » en raison de l’apport musical de Mr Mana à la batterie, qui n’est pas autant porté sur le metal des 80’s que les autres membres du groupe : « c’est un connard, mais il joue vraiment bien ». D’autre part ils ne pensaient pas retravailler pour cet album avec le même producteur, Michael Wagener, que sur le précédent album Babez For Breakfast et ils pourraient encore travailler avec lui sur le prochain, même si secrètement, ils rêveraient de pouvoir travailler un jour avec Bob Ezrin (producteur notamment de Kiss et Alice Cooper, dont Lordi est fan, mais également de Pink Floyd, Peter Gabriel, Lou Reed…). Et si le nom du nouvel album fait référence à Hamlet, ce n’est qu’une pure coïncidence suite à un tableau qu’il avait peint pour la pochette et un jeu de mots qu’ils ont fait avec la célèbre citation. Il sera aussi question de grossièretés sur ce nouvel album, avec la chanson Sincerely with Love dans laquelle Mr Lordi profère moult « Fuck you Assholes » : « c’est une phrase universelle, que tout le monde comprend, elle sera donc facile à reprendre par le public lors des concerts, et puis lors de festivals, même les mecs affalés aux buvettes et aux bars qui détestent Lordi pourront aussi chanter pour nous dire d’aller nous faire foutre ». Classe ! Côté business : « Nous avons aussi changé de label car être chez Sony était génial mais c’est une énorme structure, dont on était qu’un tout petit élément, et être en concurrence avec une multitude d’artistes, notamment avec ACDC, n’aide pas à avoir la promotion suffisante pour un groupe comme Lordi. Nous n’avons jamais eu de chance de ce côté-là, plusieurs des labels par lesquels nous sommes passés ont mis la clé sous la porte ».

Il a été ensuite question de l’arrivée de Mr Mana à la batterie. Sur le ton de la rigolade il a dit qu’il n’était « pas effrayé, mais anxieux et excité, que c’était une énorme expérience et qu’il en appréciait chaque moment ». Puis un petit malin, essayant de le piéger pour découvrir sa réelle identité lui demanda ce qu’il avait fait avant :
- J’ai déjà joué en France !
- Avec quels groupes ?
- Avec plein de groupes !
Nous n’en saurons pas plus. Et pour ce qui est de la clé du succès, Mr Mana répondit « il faut s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer, s’entrainer… et s’entrainer, puis avoir de la chance, connaître la bonne personne, au bon moment ». Ce à quoi Mr Lordi acquiesça.

Concernant la prochaine tournée, le groupe a choisi de complètement renouveler sa setlist, prévoyant de jouer « au moins 7 titres issus de To Beast Or Not To Beast au lieu de seulement 4 à 5 titres d’ordinaire », et surtout de jouer de vielles chansons, notamment de leur premier album de 1999, Bend Over And Pray The Lord (qui n’est sorti que récemment en bonus de leur DVD Scarchives Vol. 1 sorti en septembre dernier), ce qui sera une première pour le groupe.

Et à la question de savoir pourquoi ils tournent en ridicule le Diable dans des chansons comme The Riff ou The Devil is a Loser, ce qui est plutôt rare dans le milieu du metal , Mr Lordi répondit que pour lui le Diable n’était qu’un  « personnage de fiction qui a été bien trop célébrer par nombreux groupes de metal, jusqu’à [le] faire vomir » et qu’il avait simplement envie de dire « sérieusement les mecs, arrêtez votre cirque, c’est qu’un personnage de contes de fées ! ». Mr Mana rajoutera « en fait, c’est lui le vrai Diable » en pointant du doigt Mr Lordi, qui finira sur un élégant « le diable, je l’enc… ! ».

Quant au documentaire sur le groupe à sortir cette année, filmé sur 2 ans, les membres du groupe apparaîtront sans leurs masques, « mais vous ne verrez pas nos visages ». Il s’agira plus qu’un simple doc sur les coulisses du groupe en studio ou en tournée, mais carrément de rentrer dans la vie privée du groupe et de voir Mr Lordi « nourrir [ses] serpents, promener [son] chien, répondre au téléphone, composer de nouvelles chansons… ». Tout en insistant une seconde fois sur le « mais vous ne verrez pas nos visages ». Quelqu’un dans la salle demanda alors si on verrait des photos de Mr Lordi enfant, Mr Mana répondit que ce n’était pas la peine car « il ressemblait déjà à ça ».

Il sera ensuite question de la relation du groupe avec Kiss, et notamment Gene Simmons qui a apporté son soutien à Lordi au début de leur carrière (l’album Get Heavy était un hommage à l’album Love Gun de Kiss). Mais il n’y aura a priori jamais une tournée avec Lordi en première partie de Kiss, leurs agences de management ne travaillant pas ensemble, même s’il y a déjà eu un festival en Nouvelle-Zelande où Lordi s’est retrouvé sur la même affiche que Kiss et Alice Cooper. Nous apprendrons aussi que Mr Lordi n’apprécie pas du tout le Black ou le Death-Metal, en raison de l’absence, pour lui, de mélodie dans ces styles, mais que si King Diamond se mettait un jour à growler dans un groupe de Death, il aimerait forcément.

Concernant la mort d’Otus (le précédent batteur) survenue en février 2012, Mr Lordi expliqua qu’au-delà de la peine ressentie par tout le groupe, le plus dur aura été de trouver quelque chose de lui pour mettre sur leur nouvel album, pour lui rendre hommage, « car Otus était arrivé dans le groupe juste après l’enregistrement de Babez for Breakfast » et n’avait donc rien enregistré avec le groupe. « Dans les deniers jours de l’enregistrement de To Beast Of Not To Beast, en fouillant dans ses affaires nous sommes finalement tombés sur un solo de batterie qu’il avait lui-même enregistré à Paris lors de la dernier tournée avec son iphone, c’était le seul élément musical qu’il nous avait laissé ». Et après avoir retravaillé le fichier pour obtenir la meilleure qualité sonore possible, il a pu être intégré à l’album.

Coté cinéma, peu de chance de revoir un jour Mr Lordi devant ou derrière la caméra, car après l’expérience Dark Floors (film sorti en 2008, où le groupe incarne des monstres, Mr Lordi ayant participé à l'idée à l'origine du scénario, ainsi qu'aux maquillages et effets spéciaux), il devrait leur être difficile de trouver un financement, les producteurs de l’époque ayant trouvé que le film était trop « sans espoir », et car il est également « très difficile de concilier le travail sur un film et de pouvoir assurer des tournées avec le groupe ».

Le moment de la carrière dont Mr Lordi est le plus fier : « avoir sorti notre premier album, ça m’a pris 10 ans pour y arriver. Après, être devenu ami ou proche avec des artistes dont je suis un grand fan est aussi une grande satisfaction ».
Et leur pire souvenir : « quand j’ai rejoint le groupe » ironisa Mr Mana, mais Mr Lordi raconta alors que ce fut quand ils ont joué sur la Place Rouge à Moscou lors d’une sorte de festival  aux alentours de 2006, ils ne devaient jouer que deux titres et l'organisation est venu les voir en leur demandant (il imite l’accent russe) :
- Vous jouez en acoustique ou en playback ?
- Quoi, on ne peut pas jouer en live ?
- Non non, ça ne se fait pas comme ça ici !
Du coup ils ont dû choisir à contre-coeur de jouer en playback, vu qu'ils n'étaient pas équipés pour un set acoustique, et là l'organisation continue :
- On a vos chansons sur CD gravé, on les passera sur notre lecteur.
- Vous vous moquez de nous ?
Mais ce n’était pas le cas. Et forcément au moment de passer sur scène, le lecteur de CD se met à sauter ! Mr Lordi commença alors un speech sur le thème « voila ce qui arrive quand on pirate de la musique »  mais le micro était coupé, forcément... « Ce fut le moment le plus embarrassant de toute ma vie ». « En plus, en sortant de scène, nous nous sommes fait chambrer par Klaus Meine de Scorpions » : "ah oui, vous avez choisi le playback !", alors que « Scorpions avait choisi de jouer en acoustique, et ils avaient vraiment bien assuré ».

Mais voila qu’il est déjà l’heure d’aller faire tomber le masque (en coulisse), sans avoir eu le temps de leur demander s’ils seront à l’affiche du Hellfest (mais c’est le cas, nous avons eu l’info depuis) ou si c’était dur de se taper des groupies backstage quand on est un monstre… Ni si Mr Lordi avait un dîner prévu avec Michel Drucker ce soir-là.

Grum (Février 2013)

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