Interview de Logh - 31/03/05 - Mail

Metalorgie: Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ? Et nous en dire ensuite un peu plus sur les débuts du groupe, notamment votre rencontre ?

Jens Hellgren: On se connaissait depuis pas mal d'ann�es. Lund, la ville d'o� nous venons, est plut�t petite et elle n'a rien d'int�ressant � offrir si ce n'est l'universit�.
Quand on a arr�t� nos �tudes, la musique est devenue notre seule alternative.

Mattias Friberg: J'ai toujours d�test� les �tudes. Je ne me suis jamais fait � cette pression. Je suis vraiment heureux de pouvoir faire �a � la place, boire de la bi�re, jouer notre musique et voyager.

Metalorgie: A l'aube de votre tourn�e, si vous aviez un petit bilan de carri�re � faire, de quoi seriez vous le plus fier, ou que regretteriez vous le plus ? Et finalement quel album a �t� le plus difficile � mettre au monde ?

Jens Hellgren: Je crois que The Raging Sun a �t� le plus difficile. Il a �t� enregistr� dans des circonstances assez d�primantes.

Mattias Friberg: Pour ma part, comme d'habitude, mon pr�f�r� est le dernier. Auparavant je d�testais The Raging Sun mais je commence � vraiment bien l'appr�cier maintenant. Les regrets c'est pour les tapettes.

Metalorgie: Avec un certain recul sur votre parcours, quels sont, � l'heure actuelle, les morceaux qui vous tiennent le plus � coeur ? Et ceux que vous pr�f�rez jouer en live ?

Mattias Friberg: "The Bones Of Generations" est ma chanson pr�f�r�e.

Jens Hellgren: Je pense que les morceaux que nous aimons le plus jouer sur sc�ne sont les nouvelles. Une partie des chansons qu'on joue commence � bien dater. On essaie de concocter un bon m�lange � partir de tous nos albums.

M.: Vous venez de sortir votre 3�album, A Sunset Panorama, combien de temps vous a-t-il fallu pour le concevoir ?

J.H.: Le processus d'�criture nous prend en g�n�ral beaucoup de temps. On peut mettre un an � finir un morceau. On a r�p�t� les chansons de l'album durant six mois, avant l'enregistrement.

M.F.: En fait, il y a une chanson sur notre second opus qui nous a prit quatre ann�es avant de pouvoir la finir.

M.: Avez vous pu mettre en place tout ce que vouliez sur le disque ? Aucun regret ?

M.F.: On avait trop peu d'argent, comme d'habitude, mais avec l'aide de nos amis on a r�ussi � bien tout goupiller et � obtenir quelque chose de tr�s bien.

J.H.: Je crois qu'on est tous satisfait du r�sultat. En tout cas je sais que je le suis.

M.: Dans bon nombre d'interviews publi�es apr�s la sortie de The Raging Sun, vous stipuliez que cet album �tait une r�ponse au pr�c�dent. Cette r�gle est elle toujours en vigueur pour A Sunset Panorama, parce qu'il y a une r�f�rence commune aux deux titres assez �vidente non ?

J.H.: On a eu quelques difficult�s lors de l'enregistrement de The Raging Sun, des conflits personnels ainsi que des maladies. Notre objectif principal sur ce nouvel opus �a a �t� d'essayer de garder une atmosph�re positive.

M.F.: On veut prendre les gens � contre pied, et vu qu'on pensait bien qu'ils se disaient qu'on allait faire un autre disque sombre, et ben on a essay� d'en faire un beaucoup plus jovial. On a essay� du moins...

M.: A la premi�re �coute, j'ai trouv� l'album difficile d'acc�s, tr�s personnel, voire peut �tre trop. De quelle mani�re pensez vous vos albums ? Gardez vous en t�te un public cibl� ?

J.H.: C'est marrant comme un album peut �tre abord� de fa�on aussi diff�rente selon les personnes. Je trouve pour ma part que c'est notre album le plus direct et le plus accessible.

M.F.: Oui mais accessible pour nous n'a peut �tre pas la m�me signification que pour la plupart des gens. Cela dit je pense que de toute fa�on Logh n'est pas du tout un groupe qui a pour vocation de jouer une musique accessible. Ceux qui n'aiment pas ce que nous faisons devraient juste aller voir ailleurs.
On ne r�fl�chit pas autant que �a. Les chansons viennent comme elles viennent et on ne peut pas faire grand chose pour les modifier.
On ne vise aucun public en particulier. On aimerait que le monde entier appr�cie notre musique mais bon, �a n'arrivera pas. Les gens n'ont pas la patience pour �a.

M.: Au fil du disque, on passe de morceaux tr�s calmes, emplis de s�r�nit� ("The Big Sleep"), qui rappellent tr�s fortement le travail de Mark Linkous (Sparklehorse), ne serait-ce qu'au niveau du chant, � des morceaux que je qualifierai d'angoissants ("A Sunset Knife Fight"). Deux atmosph�res assez contrast�es en somme, est ce que vous vous reconnaissez dans cette ambivalence ? Ou est-ce juste le fruit du hasard issu de la confrontation de vos personnalit�s ?

J.H.: je suis persuad� que toute musique digne de ce nom doit contenir des �l�ments de contraste pour �tre int�ressante. En tant que groupe, nous essayons de cr�er des chansons/albums qui contiennent des �l�ments de contraste et qui pr�sentent un certain dynamisme.

M.F.: Je n'ai jamais entendu parler de Mark Linkous ni de son 'cheval �tincellant' mais ouais, je suis d'accord avec Jens; on essaie de travailler dans un cercle artistique aussi large que possible.

M.: Dans l'absolu, si on fait une moyenne vos compositions ne sont pas sp�cialement longues, mais elles paraissent des heures, comme si l'auditeur se retrouvait projeter hors du temps. Cette impression me rappelle quelque peu les oeuvres de groupes tels que Sigur Ros et dans une moindre mesure, A Silver Mount Zion. Cette �mergence de la sc�ne post-rock a-t-elle eu une incidence sur votre musique selon vous ?

J.H.: Je crois qu'en tant que musicien tu es sans cesse inspir� par ce qui se passe autour de toi. Je n'�coute ni Sigur Ros, ni A Silver Mount Zion, donc je ne peux pas vraiment faire de comparaison.

M.F.: Ce qu'on appelle peut �tre post rock aujourd'hui a eu une grande influence sur moi dans les ann�es 90, avec des groupes comme Slint et Tortoise, mais ce qu'on nous vend de nos jours sous l'�tiquette post rock, je trouve �a assez banal et �a n'est vraiment pas une source d'inspiration. Mais en fait je ne vois pas tr�s bien ce qu'est la d�finition du post rock d'aujourd'hui.

M.: De fa�on plus g�n�rale, quelles sont vos sources d'inspirations ? Et de quelle fa�on proc�dez vous pour la composition ?

J.H.: Comme tout le monde, on est inspir� par le cin�ma, la litt�rature, l'art, la politique, la nature etc.

M.F.: Pour moi �a vient en grande partie de souvenirs. La plupart proviennent de mon enfance mais quelques uns sont aussi tous r�cents. Je me mets � jouer de la guitare et d'un coup un riff me plait parce qu'il �voque un sentiment que j'ai �prouv� � un moment pr�cis, et quand il y a assez de riffs comme �a, ils deviennent des chansons. C'est peut �tre pas aussi simple que �a mais bon, �a s'en rapproche.

M.: Petite parenthèse sur l'aspect graphique/vidéo chez Logh... A la vue de l'artwork, on est de suite marqué par ses couleurs diffuses, qui refl�tent bien les atmosph�res pr�cit�es. Quoiqu'un peu trop colorées en réalité. Quelle a été votre implication dans le design g�n�ral du packaging ?

M.F.: Tout le travail au niveau de l'artwork a été laissé à Stephen O' Malley qui en a prit soin. On lui a juste dit qu'on voulait beaucoup de couleur. Je pense qu'il a très bien capturé et retranscrit l'esprit. Les visuels criards ne me font pas peur, au contraire !

M.: A Sunset Panorama s'accompagne aussi d'un DVD nous plongeant au coeur de vos sessions d'enregistrement. Riche id�e, beaucoup de gros plans, s�rement une longue pr�paration de l'�quipe de tournage, quel regard portez vous sur cette exp�rience au final ?

J.H.: Je ne sais pas trop quoi en penser. C'est sympa comme exp�rience cel� dit.

M.: Ce support ne pr�sente pas d'interface de navigation, ni des bonus tr�s originaux. Comme je le mentionnais plus haut, on se retrouve plut�t au coeur de Logh. Auriez vous aim� d�velopper davantage cette nouvelle vitrine de votre travail ? D'o� vous est venue l'id�e � la base ?

M.F.: C'�tait l'id�e de Pelle ou Mathias, ils voulaient qu'il en soit ainsi. Mais on avait pas les moyens ni le mat�riel n�cessaires pour d�velopper davantage de toute fa�on. C'est d�j� un miracle qu'on soit arriv� � un tel aboutissement.

M.: La longue tournée à venir pourrait peut-être donner lieu à un travail plus conséquent en matière de vidéo, y pensez vous ? Ou peut être envisagez vous déjà de tourner un clip ?

J.H.: On essaie toujours de garder des traces de nos tournées, d'une façon ou d'une autre...

M.F.: Ouep, j'ai emprunté la caméra DV de mon père aujourd'hui donc on va la prendre avec nous...

M.: C'est avec réjouissance que l'on constate les tournées de plus en plus fréquentes de groupes venus du froid. La Scandinavie se porte bien, quelque soit le style musical abordé. D'après vous, d'où vient cette engouement ? Et ne me répondez pas "des Suédoises" !

J.H.: A vrai dire je ne sais pas trop. Je suis juste heureux de pouvoir tourner en Europe plutôt qu'en Suède où on se pèle les miches.

M.F.: On fuit les Suédoises.

M.: Pelle Gunnerfeldt est devenu incontournable chez vous (The Hives, LastDaysOfApril, The (International) Noise Conspiracy, Randy), était ce la première fois que vous travailliez avec lui ? Si oui comment l'avez vous rencontré?

J.H.: Ca fait pas mal de temps qu'on le connait. On a enregistré une face-b et quelques autres démos avec lui. Il s'était également occupé du mastering de notre premier album.

M.F.: Je l'ai rencontré pour la première fois à la Reeperbahn (Allemagne). Les gars de Fireside allaient se rendre dans la 'rue interdite'. Ensuite je l'ai revu à un festival en Belgique et il était si bourré que j'ai pu le persuader de masteriser notre album pour 150 euros. Celà dit au final cette enflure nous a quand même prit 200 euros.

M.: La famille Bad Taste a l'air de bien se porter également. Mathias (Old�n) est intervenu sur le dernier LastDaysOfApril, est ce quelque chose que vous faites souvent ? Produire ou aider les autres groupes ?

M.F.: Mathias produit beaucoup de disques mais principalement pour d'autres groupes, en dehors du label.

M.: BadTaste signe des groupes assez disparates musicalement, tout en leur laissant beaucoup de liberté semble-t-il. Est-ce une réalité, et qu'en pensez vous ?

J.H.: Je trouve ça plutôt marrant. Je ne peux pas vraiment dire que j'écoute les autres groupes de Bad Taste à outrance cependant.

M.F.: On a autant de liberté qu'on le souhaite, à partir du moment où on s'en tient à un budget raisonnable. Ces gars sont nos amis. On traine ensemble, on boit des bières ensemble et ils sortent nos disques.

M.: Merci à vous d'avoir prit le temps de répondre à ces quelsques questions. Bon courage pour la suite, pour le disque et le dvd. Je vous laisse la parole pour conlure cette interview: remerciements, poème, coup de gueule, ce que vous voulez. Encore merci.

M.F.: "Merci". J'ai appris le français pendant 5 ans et c'est à peu près tout ce que je sais dire. C'est triste hein ?

Djou (Avril 2005)

Un grand merci � Logh, et plus sp�cialement � Jens Hellgren et Mattias Friberg, merci �galement � Johan de BadTaste, NoFunForAFX pour le coup de main et Undone de Pogoslam pour les quelques clich�s pris lors du Coco Modesto Festival.

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