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Unsane Face à face à l'Epicerie Moderne (Lyon,17/06/12)


Unsane, de la musique pour les fous. Armé de ses éternelles telecasters qui semblent sortir tout droit d'une bouche d'égout New-yorkaise remplie de cadavres, Chris Spencer, épaulé de Dave Curran bassiste/assommeur dont la réputation n'est plus à faire et de Coady Willis (incroyable batteur de 
Big Buisness et Melvins, le type se tapait une tournée à deux concerts par nuit) revenaient nous hurler des insanités dans les oreilles. Nous avons pu leur poser quelques questions au lendemain de leur concert au Hellfest, des plus énergiques paraitrait-il... et juste avant de se prendre une autre mandale à Feyzin.





Metalorgie : Comment se passe la tournée ?


Dave Curran (basse) : Niquel.
Chris Spencer (chant, guitare) : Ouais, très bien.

 
Vous avez joué au Hellfest hier, c’était comment ? Vous aimez bien jouer dans des festivals ?
 
Dave : C’est cool d’y jouer. Tu sais quand t'arrive là-bas, c’est tout bien organisé et tout. On cherchait une date dans la région et on s’est dit que le Hellfest pourrait être cool.
Chris : Ouais c’était vraiment un super concert. Pas mal de monde. On a aussi vu des potes d’autres groupes qu’on n’arrive jamais à voir.
Dave : C’est l’autre côté cool des festivals, tu retrouves tes potes.
 

Comment s’est passé la tournée avec les Melvins
? Et comment vous est venue l’idée de faire ce disque de reprises ?


 
Dave : La tournée était géniale. Nous sommes tous potes,  je m’occupe aussi du son en tournée pour les Melvins. En fait c’était le genre de truc où ils m’ont appelé pour me demander si j’étais dispo pour partir tourner avec eux mais je leur ai répondu que je serais déjà en tournée. Alors Buzz a demandé si on voulait bien tourner avec eux, on a dit oui et ça été super. Pour le disque c’est venu au cours d’une conversation avec Dale, je lui ai suggéré de faire un truc qui se faisait bien dans les années 90 : chopper chacun un  single de l’autre groupe et les reprendre à notre sauce. Ils ont aimé l’idée et voilà comment ça s’est passé.

Là vous tournez avec  Big Buisness qui est en fait la moitié des Melvins. Est-ce qu’on peut s’attendre à d’autres collaborations avec cette famille ?

Chris : Je l’espère, jusqu’à présent c’est du tout bon.
Dave : On est tous de bon potes et tout se passe bien donc pourquoi pas !

Wreck, votre dernier album est peut-être plus rentre-dedans que Visqueen. Peut-être aussi plus saturé. Est-ce ce que vous recherchiez à l’écriture ?

Dave :
Non. Je veux dire que l’écriture c’est… C’est une période, un passage. On se réuni et on bosse sur des idées et diverses choses. Ce n’est pas si prémédité.  Quand on a fait Visqueen, on a complétement apprécié et profité de cette période. C’est pareil pour cet album.
Chris :
Ouais carrément.
Dave :
C’est seulement une autre période, un autre moment. Comme pour la prochaine fois où on se retrouvera pour écrire à nouveau. Peut-être que celui-là a été composé dans un style légèrement différent. Peut-être plus agressif, oui.


Chris : On a essayé des choses différentes sur celui-là. Comme on a essayé de le faire sur les autres albums. Mais on écrit toujours de la même façon. On se retrouve et on développe des idées dans mon mini home studio chez moi. On peut y travailler sur toute la partie pré-production et ça marche très bien. En fait c’est juste naturel quand on s’y met.


Il y a du chant clair sur "Stuck" qui figure sur votre dernier album, c’est quelque chose de plutôt rare chez vous. Plus de vingt ans après votre premier album vous vous êtes dit que c’était le moment pour vous accorder cinq minutes de « répit » ?
 
Dave : Ouais, pourquoi pas ?
Chris : Encore une fois ça vient de notre envie d’essayer des trucs différents. C’est naze de sonner comme un groupe de reprises de ton propre groupe et de toujours faire la même merde.

 
Il y avait un cadavre au milieu de la campagne sur la pochette de Visqueen. Vous êtes retournés à New-York pour Wreck ?

Chris : Oui, la pochette de Wreck est aussi un plus gros plan. Comme sur tous nos cds, ce sont toutes des photos en gros plans. Et là aussi on a voulu faire quelque chose de différent : sur tous nos albums il y a des scènes de crimes mais sur Wreck la pochette en suggère seulement une, il n’y a pas vraiment de scène de crime explicite.
 
Est-ce que la rage et la noirceur de votre musique vient de la vie citadine ?
 
Chris : Haha ouais !
Dave : En grande partie oui.
Chris : Surtout avec Wreck. Tout l’album est basé sur des situations typiquement urbaines. C’est un peu sa thématique. Quand j’ai commencé à écrire les paroles je me suis vraiment penché là-dessus.

Quelle est la chose la plus pinée à laquelle vous ayez assisté à New-York ?
 
Dave : Putain j’en sais rien !
Chris : Bordel…
Dave :
Un mec qui s’est fait percuter par un train. Mais pas en traversant sans faire gaffe. Il était allongé sur les rails quand le train est arrivé. Sa tête a littéralement explosée.
Chris : Avoir ramené mon pote à la vie quand il est mort d’une overdose. C’est vraiment une des choses les plus niquées que j’aie jamais vue.
 
Est-ce que ça a inspiré des chansons?

 
Chris : Pas ça en particulier, mais d’une certaine façon oui… Toutes ces choses qui peuvent t’arriver... Mais je ne pense pas que j’écrirais des paroles sur un évènement comme ça en particulier.

Il y a beaucoup de sang dans votre univers visuel. Est-ce nécessaire pour vous d’exprimer visuellement cette rage qu’il y a dans votre musique ?
 
Chris : Pour moi c’est une combinaison de plusieurs choses. Après avoir vécu des maladies autour de moi... Des choses où le sang a toujours été très tabou. Il y a cet  aspect négatif et il y a aussi un aspect social, c’est intéressant de voir comment les gens perçoivent le sang dans la société... Et il y a aussi le fait d’avoir regardé pas mal de films d’horreur (rires). C’est peut-être une réponse simpliste mais ça y participe.

Serez-vous impliqués d’une manière ou d’une autre dans les élections américaines qui arrivent ?

Chris : Jamais de la vie ! Je crois vraiment que les USA sont un pays de ravagés.
Dave : Moi je laisse la politique aux politiciens.

La plus grosse différence entre votre musique et celles d’autres groupes de la scène hardcore de New York est votre groove lourd. Comment vous décririez ça à quelqu’un qui ne connait pas votre musique ?
 
Chris : Je lui dirais d’écouter nos cds !

Est-ce que vous cherchiez à être plus sonner plus lourd et crade que les autres groupes de New-York ?

Chris : Non. Je ne trouve pas qu’on joue d’une musique qui soit si « lourde », « heavy » que ça. Je ne considère pas ça comme ça. On pourrait être bien plus lourds (rires).
Dave : On n’a jamais considéré que nous faisions partie d’une scène hardcore quelle qu’elle soit. On joue simplement la musique que nous aimons jouer et nous la produisons de la manière qu’il nous plait.
 

Comment t’as appris l’harmonica ?


Chris : Comme ça. Une fois où j’étais en Australie un type m’a montré quelques trucs. Après j’ai essayé d’y développer en jouant encore et encore.

Comment est venue cette idée de mélanger le noise/hardcore avec des trucs plus influencés par la musique américaine « traditionnelle » comme l’harmonica ou la guitare slide ?

Chris : Quand j’étais gosse, ma mère était dans un groupe de bluegrass ça m’a donc forcément inspiré. D’ailleurs j’ai d’abord appris à jouer de la guitare slide car mes mains n’étaient pas encore assez costaudes pour jour de la guitare normalement. On m’a donc d’abord accordé ma gratte pour que je joue comme ça. Tout ça a toujours été une influence pour moi. J’aime aussi beaucoup tout ce qui est vieux blues cradingue.
 
En fait vous êtes plutôt influencé par le courant blues ou le punk ?

Chris et Dave (en cœur) : Les deux.
Chris : Vraiment.
 
Y’aurait-il d’autres influences que vous n’avez jamais réussi à faire ressortir dans un album ?

Chris : Une alarme de voiture (rires). Non, pas encore.
Dave : Je pense que tu retrouves les choses qu’on aime en général dans notre musique, c’est instinctif pour nous. Mais on aime aussi tous les styles de musiques. .Je crois que la façon dont nous écrivons a évoluée avec nous.  J’ai grandi en écoutant AC/DC, Led Zeppelin ,les Stooges, de toutes sortes de trucs… Mais tu n’entends pas vraiment ça dans Unsane.

Une place pour le concert de ce soir coûte 13 boules, 9 en prévente. C’est un prix qu’on peut considérer comme assez sympa pour voir un groupe qui a traversé l’océan. Est-ce important pour vous de garder votre musique accessible à tous ?
 
Dave : Bien sûr, pourquoi on ne le ferait pas alors qu’on peut ?
Chris : Évidement on essaye de faire au mieux, mais on n’a pas toujours le contrôle là-dessus. Il y a eu des fois on s’est vraiment dit : « merde, c’est cher ».
Dave : Ouais, on essaye d’en discuter avec les promoteurs et de garder des tarifs raisonnables. C’est ce qu’il y a de mieux pour tout le monde, si c’est trop cher, personne ne viendra à ton concert.



Il m’arrive de voir des groupes locaux pour plus cher.

Chris : Peut-être qu’on devrait augmenter nos tarifs alors (rires) !

Quelle sera la prochaine étape pour Unsane ?

 
Dave : J’en sais rien. Quelque chose comme un nouvel album et repartir en tournée.
Chris : Tourner plus. J’ai deux nouvelles guitares… (rires).

Qu’est-ce que vous nous conseillerez d’écouter en ce moment ?

Dave : Je ne sais pas, plein de trucs…
Chris : Part Chimp.
Dave : Ouais Part Chimp c’est cool. Je viens d’enregistrer un groupe à New York qui s’appelle Crooked Man, c’est du bon.
Chris :
Les Melvins.
Dave : Les Melvins, Big Buisness.

Vos albums préférés de l’année jusqu’à maintenant ?

Chris : De cette année ? Putain j’en sais rien ! Je ne sais même pas si j’ai écouté quelque chose qui est sorti cette année !
Dave : Moi j’ai bien aimé l’album de Big Buisness, les nouveaux trucs des Melvins.
Chris : Ouais c’est vrai.
Dave : A nouveau Crooked Man, que j’aime beaucoup.
Chris : En fait j’écoute surtout des vieux trucs.
Dave : Ouais moi aussi.
Chris : Des trucs vieux et morts.



Merci à Kongfuzi, l'épicerie moderne et pizza clochette.

Jeanvaljean (Juillet 2012)

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Commentaires

JillianGadberryLe Samedi 23 novembre 2013 à 08H26

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