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Henker La Maroquinerie

Si elle fait assez peu parler d'elle, la formation brulal death Henker n'en reste pas moins l'un des espoirs les plus prometteurs de la scène metal parisienne, sinon française.
David et Morgan ont répondu à quelques unes de nos questions concernant les objectifs du groupe, le téléchargement, et bien plus encore !

Salut ! Dites d’abord aux lecteurs à qui ils ont affaire…
David : Moi c’est David et lui Morgan, respectivement bassiste et batteur au sein de Henker. On vient de région parisienne, vers le 94 et on existe depuis 2004 / 2005. On a sorti un premier 4-titres en 2005 et notre premier album en auto-produit fin 2010 : Slave of My Art.

Première question à propos de votre premier album, Slave Of My Art : comment marche-t-il ? En vendez-vous beaucoup ?
Morgan : On a de bons retours au niveau des chroniques et des écoutes que l’on organise. Après on ne va pas te mentir, on ne vend pas des milliers d’albums. En fait c’est assez sporadique : beaucoup de gens nous l’achètent en téléchargement via notre site, on en vend également une petite dizaine lorsque l’on fait des concerts…
Si on cumule tout ça, on ne s’en sort pas trop mal, voire plutôt bien pour de l’auto-produit. 

David : Pour en revenir au téléchargement, c’est de toutes façons l’époque qui veut ça et ça a ses avantages comme ses inconvénients. Nous avons ouvert un compte PayPal et on a régulièrement des commandes venant des quatre coins du monde, du Japon à l’Australie en passant par les Etats-Unis, l’Europe, le Canada etc. Donc pour nous c’est plutôt positif, ça nous aide à nous exporter.

En tant que petit groupe, que pensez-vous du téléchargement illégal de musique ?
Morgan : Il ne faut pas se leurrer, on a nous-mêmes téléchargé de nombreux albums. Après, je pense qu’il s’agit plus d’un problème politique qu’autre chose. On a mis Internet sur le marché, Internet offre cette possibilité, il aurait fallu y penser avant. On en est victime et on en profite en même temps, c’est à double tranchant.

Cela dit, c’est vrai que comme le disait David, ça aide les jeunes formations à survivre, à se faire connaître etc. Une formation en auto-produit qui ne pèse pas lourd va vite s’essouffler si elle ne se fait pas connaître.

David : C’est sûr, le téléchargement ne profite pas aux gros groupes ou aux stars internationales.

Mais au-delà de l’aspect financier, il faut voir le téléchargement comme outil de diffusion de la musique, c’est ce qui importe le plus. Après, si un groupe peut en profiter pour faire un peu de promo et commencer à vendre des CD et à tourner, c’est tant mieux pour lui.

A propos de concerts et de tournées, on ne vous voit pas beaucoup sur scène. Est-ce parce que vous êtes occupés par d’autres jobs ou par manque de moyens techniques ou financiers ?
David : C’est malheureusement plus par manque de staff qui nous soutient. On n’a pas de label, ni même de tourneur. Sans structure derrière, impossible de se produire autant que l’on voudrait. Les seuls concerts que l’on fait, c’est quand les organisateurs nous appellent directement. De notre côté, il faut le dire, on n’est pas « au taquet » à harceler les programmateurs et les associations pour essayer de jouer.

Morgan : C’est vraiment dommage car les critiques et les retours sont bons ! On espére trouver un petit label rapidement.
Enfin bon, ça prendra le temps que ça prendra, on sortira peut-être un album ou deux avant de trouver, mais on y arrivera !

Le chanteur de Henker, Frantz, passe saluer ses collègues et moi-même, l’occasion pour moi de montrer ma fan-boyitude !

Donc trouver un label est la pour vous priorité en ce moment ?
David : Trouver un petit label ce serait pas mal, oui. On a des pistes, on va commencer à négocier. Je pense que ce sera pour le deuxième album.

Vous avez des noms en tête ?
Morgan : On ne va pas s’avancer mais oui, on pense à certains noms en particulier. C’est aussi pour ça qu’on est là ce soir.

David nous laisse seuls pour terminer l’interview.

Est-ce que vous avez déjà réfléchi à votre prochain album ? Un concept en particulier, des riffs déjà en place ?
Morgan : Oui on a commencé à composer. On a pré-maquetté pas mal de riffs et de rythmes, c’est vraiment la base des morceaux que l’on continue à préparer. Globalement on reste dans la lignée Brutal Death, mais on compte l’amener au niveau au-dessus, notamment en lui donnant un aspect plus « grandiose » : tout sera décuplé. C’est toujours prétentieux de dire cela, mais on pense avoir assez de recul sur notre album pour pouvoir sortir un truc encore meilleur. A vue de nez ça prendra deux ans.

Peut-être un EP entre-temps ?
Oui pourquoi pas, on verra ça ! J’ai  effectivement remarqué que c’était dans l’air du temps de sortir des 5-titres tous les ans plutôt qu’un album tous les deux ou trois ans. 

Est-ce que vous avez des side-projects ?
Non, pas vraiment. Cela nous arrive de jouer avec d’autres gens, mais on n’est vraiment impliqués que dans Henker, c’est notre bébé ! Moi il m’arrive de jouer du jazz ou de l’électro, mais voilà, sans plus.
On reste des musiciens ouverts à toutes les musiques. D’ailleurs si tu aimes la musique, par définition tu es ouvert. On croit souvent que les metalleux sont fermés, mais c’est faux : un metalleux peut être fermé dans ce qu’il écoute dans le metal, c’est-à-dire qu’il adorera le black metal mais ne supportera pas le thrash ou le folk, mais il aimera tout de même les autres musiques. On n’est pas des brutasses !

En parlant d’ouverture musicale, comment arrivez-vous à gérer les influences de chacun dans votre musique ?
Le principe d’un groupe est que chacun contribue aux morceaux. Cela dit c’est vrai que sur Slave of My Art, c’est moi et les deux guitaristes qui avons presque tout composé.
Pour les nouvelles compos, tout le monde participe vraiment, tout le monde met sa petite touche. Cela donne de nouveaux rythmes, des riffs plus originaux etc. En tous cas on aime tous plus ou moins les mêmes groupes donc ça facilite grandement les choses : ça ne part pas dans tous les sens. Après évidemment, si l’un de nous a une idée un peu « original » par rapport à ce que l’on a l’habitude de faire, on prend le temps d’étudier la question pour voir si cela peut effectivement apporter un plus à notre musique. On expérimente, on joue, on répète etc.

Un mot à propos de l’artwork et du Japon en général dans votre musique ?
On aime beaucoup l’esprit samouraï. En cherchant une idée de pochette pour notre EP on est tombés sur le travail du tatoueur parisien Blaise, qui a fini par réaliser l’artwork de l’EP. On lit pas mal de choses sur la culture japonaise, la philosophie, la culture etc. On aime l’image du samouraï qui va droit au but, le guerrier spirituel en quelque sorte.
C’est aussi l’image que l’on a du processus de composition dans le metal : la rigueur, l’intégrité, le travail acharné… tous ces éléments collent parfaitement à notre vision de la musique.
Pour ce qui est de la jaquette de Slave Of My Art, on voulait rester dans la même veine que l’EP. On voulait un dessin brut, old school. Tout est fait à la main, ce n’est pas photoshoppé à mort etc. 

Est-ce que cette culture se retrouve aussi dans les textes de chansons ?
Oui carrément, derrière le « bouïabouïa » que gueule Frantz se cachent de vrais textes, parfois inspirés de poèmes japonais. On n’a pas incorporé de booklet à notre album mais avec le recul on aurait peut-être du, malgré le faible nombre de personnes qui s’y intéressent. 

Oui, c’est à retenir pour le prochain album ! Merci pour ton temps, un mot pour la fin ?
On remercie évidemment tous ceux qui nous soutiennent et on vous promet que la suite s’annonce bien !

DaFredz (Avril 2012)

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